Pourquoi l’influenceuse Jenna Boulmedaïs est-elle accusée d’avoir encouragé un viol ?

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
Pourquoi l’influenceuse Jenna Boulmedaïs est-elle accusée d’avoir encouragé un viol ?
<p>L’affaire dans laquelle l’influenceuse Jenna Boulmedaïs est mise en cause soulève un paradoxe du mouvement <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/too">#MeToo</a>. La <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4005948-20221018-metoo-depuis-liberation-parole-lignes-appel-font-face-deluge-temoignages">libération de la parole des femmes</a> a permis d’entendre massivement les <a href="https://www.20minutes.fr/societe/3319203-20220701-violences-sexuelles-forte-augmentation-depots-plainte-2021">victimes de violences sexuelles</a>. C’est un fait et une évolution positive de la société car, pendant trop longtemps, nombreuses sont celles qui n’ont pas été écoutées. Mais ce dossier, très commenté depuis quelques jours sur les <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/reseaux_sociaux">réseaux sociaux</a>, pose aussi la question de l’équilibre à trouver : faut-il croire aveuglément les plaignantes, ou simplement prendre leur parole au sérieux, sans renoncer à la <a href="https://www.20minutes.fr/politique/3321083-20220705-affaire-coquerel-darmanin-defend-presomption-innocence">présomption d’innocence</a> ?</p><p>Suivie par environ <a href="https://www.instagram.com/jennaboulmedais/?hl=fr">248.000 personnes sur Instagram</a>, et 139.000 sur TikTok, Jenna Boulmedaïs se présente sur les réseaux sociaux comme étant journaliste. Âgée de 24 ans, elle indique être la rédactrice en cheffe du site Joly Môme, « un média Web indépendant, généraliste », qui traite de sujets comme le « féminisme », les « violences policières » ou la « lutte contre le racisme ». La jeune femme a publié, en juillet 2023, un long post sur Instagram où elle affirmait entendre depuis deux ans des témoignages de femmes ayant subi des <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/musique/4046351-20230720-instagram-twitter-rappeur-chanteur-lomepal-accuse-agressions-sexuelles">« gestes déplacés et non désirés » de la part du rappeur Lomepal</a>. Plusieurs plaintes visant l’artiste, dont certaines ont depuis été classées, avaient été déposées contre l’artiste.</p><h2>« Mon absence de consentement était manifeste »</h2><p>Cette fois, c’est elle qui est accusée d’avoir facilité le viol de l’une de ses anciennes amies. Cette dernière, une jeune actrice du nom de Lisa-Jane Rougerie, a déposé plainte contre elle, auprès du parquet d’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/avignon">Avignon</a> (Vaucluse), « il y a environ deux semaines », pour non-assistance à personne en danger, indique à <em>20 Minutes</em> son avocat, Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod. Une plainte vise également l’homme accusé de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/viol">viol</a>, qui n’a pas encore été identifié. Sa cliente, qui ne souhaite pas s’exprimer sur les faits, a détaillé ses accusations dans un poste publié <a href="https://www.instagram.com/p/DTD4oFAjrKz/?hl=fr&img_index=1">le 3 janvier dernier sur Instagram</a>. Les faits qu’elle dénonce se seraient produits l’été dernier, au cours de vacances passées dans le sud de la France. Les deux copines ont « rencontré deux hommes » et que Jenna Boulmedaïs aurait « invité » chez elles.</p><figure><iframe title="Brigitte Macron traite de «sales c*nnes» des militantes féministes" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3suz0mf/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>« Dans la soirée, elle m’a demandé si je souhaitais avoir un rapport sexuel avec l’un d’eux. J’ai refusé clairement et explicitement, indiquant que je voulais dormir », a indiqué dans son message Lisa-Jane Rougerie, 21 ans. La jeune femme, qui a notamment joué dans un épisode de la série<em> <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/camping_paradis">Camping Paradis</a></em>, se serait ensuite « retirée » dans sa chambre après avoir « de nouveau » refusé « par message » d’avoir une relation intime avec l’un de leurs invités. « Cet homme est entré dans ma chambre, nu, après qu’il lui a été indiqué que j’étais consentante par Jenna Boulmedaïs », a-t-elle affirmé. Il l’aurait ensuite « conduite dans la pièce où se trouvait le second homme et Jenna, déshabillés également ».</p><p>« Mon absence de consentement était manifeste et mes gémissements de douleur n’ont pas été pris en compte par quiconque mais surtout par Jenna », a insisté Lisa Jane Rougerie dans son message. Ce n’est que bien plus tard qu’elle aurait « commencé à comprendre que les faits » subis étaient un viol. Elle a ajouté avoir aussi été la victime d’une « forme d’emprise psychologique » de la part de son ancienne amie.</p><h2>Une accusation « totalement fantaisiste »</h2><p>« Je n’ai jamais organisé, commis, couvert ni encouragé une agression sexuelle ni un viol sous quelque forme que ce soit », s’est défendu Jenna Boulmedaïs dans un texte publié sur Instagram. La créatrice de contenus jure ne pas avoir « été à l’initiative » du viol subi par Lisa-Jane Rougerie. « Je n’ai exercé aucune pression ni contrainte sur qui que ce soit », a-t-elle fait savoir à ses nombreux followers. Elle ajoute n’avoir « demandé à personne d’aller la chercher » et ne pas avoir pensé, sur le moment, « qu’il pourrait y avoir un défaut de consentement ». « On me reproche d’avoir dit à un homme d’aller la chercher, c’est faux, a-t-elle insisté. Ce que l’on me reproche aujourd’hui repose sur de simples hypothèses. » La jeune femme a indiqué se préparer à déposer plainte à son tour pour « des faits de diffamation, de menace et de harcèlement ».</p><p>« Ma cliente n’a pas encore été convoquée mais se tient à la disposition des services compétents pour répondre à l’ensemble des questions qui lui seront posées. L’accusation dont elle fait l’objet est totalement fantaisiste et nous n’aurons aucune difficulté à le démontrer », indique à <em>20 Minutes</em> son avocat, Me Dylan Slama.</p><p>Jenna Boulmedaïs avait elle-même tenu des propos très critiques sur l’invocation répétée de la présomption d’innocence dans les affaires de violences sexuelles. Dans une vidéo publiée sur Instagram le 12 octobre 2023, quelques jours après avoir relayé des accusations visant Lomepal, elle déclarait : « Présomption d’innocence, arrêtez avec ça ! Je vous en supplie, arrêtez avec ça ! C’est un principe juridique. Le public a complètement le droit d’avoir un avis et de l’exprimer. » Alors que de nombreux internautes ont pris fait et cause pour la plaignante, celle qui rejette les accusations invoque désormais entre les lignes ce principe pour se défendre. « Démentir des accusations mensongères ne signifie pas se détourner des victimes, a-t-elle écrit. Les deux peuvent, et doivent, coexister. »</p>