SNCF : « Les trois heures les plus longues de ma vie »… Le calvaire des parents voyageant en train avec leurs enfants

Published 5 hours ago
Source: 20minutes.fr
SNCF : « Les trois heures les plus longues de ma vie »… Le calvaire des parents voyageant en train avec leurs enfants
<p>Serait-on devenu intolérant aux enfants ? C’est ce que laisse penser la tendance « <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4155928-20250602-no-kids-hotels-restaurants-interdire-certains-etablissements-enfants-legal">no kids</a> » qui prend de l’ampleur dans l’Hexagone. La <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/sncf">SNCF</a> a lancé le 8 janvier dernier sa nouvelle classe business « Optimum » et « Optimum plus » dans laquelle <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4197396-20260122-sncf-nouvelle-classe-optimum-enfants-animaux-cree-polemique">les enfants de moins de 12 ans sont tout bonnement interdits</a>. De quoi relancer le débat sur le bruit des petits dans l’espace public.</p><p>Pour les parents de jeunes enfants, les voyages en train peuvent vite se transformer en long moment de solitude, voire de détresse émotionnelle. Ils doivent bien souvent essayer de calmer leur progéniture ou les pleurs de leur petit dernier, tout en affrontant les regards acerbes et remarques déplacées des autres passagers. Des parents racontent à <em>20 Minutes</em> leurs mauvais souvenirs dans un wagon SNCF.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/fJf9101XTqG3Oes2ptfeiik/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><h2>Regards noirs et réflexions à voix haute</h2><p>Habituée des Paris-Marseille qu’elle fait régulièrement pour rendre visite à ses parents, Camilia, maman de 29 ans, emmène sa fille depuis sa naissance, en 2023. « A chaque trajet, c’est toujours les 3h01 ou les 3h19 les plus longues de ma vie, résume la mère de famille. Je ne compte plus le nombre de regards noirs, de bruits de bouche désapprobateurs ou de réflexions à voix haute comme “il fait chier cet enfant”, “il ne peut pas arrêter” ou “il peut parler moins fort”. Je ne compte plus le nombre de disputes avec d’autres passagers. »</p><p>Pour éviter les commentaires désagréables, Aurélie, mère de 35 ans, avait tout prévu pour occuper ses deux petits de 2 et 4 ans lors des six heures de train vers sa destination de vacances en août dernier : livres, coloriages, gommettes, collation… Mais la famille n’a pas eu le droit au carré pour quatre personnes avec une grande table et a dû se contenter deux petites tablettes.</p><h2>« Et vous, vous n’avez jamais été bébé ? »</h2><p>« Les enfants ne pouvaient pas poser leur coloriage sur la table et impossible de leur faire faire la sieste car il y avait trop de monde et de choses à regarder », se souvient la trentenaire. La balade dans le train les calme alors le couple enchaîne les allers-retours. « Quand nous voulions nous asseoir, nous avions des crises et mon compagnon cédait pour avoir la paix et pour les autres voyageurs. Résultat, nous avons passé quasiment tout le trajet debout avant qu’ils tombent enfin de fatigue (et nous aussi). »</p><p>La problématique n’est pas nouvelle. Christine, 70 ans, se souvient de son premier voyage en train avec son fils d’un mois, au milieu des années 1980. « Mon bébé passait l’essentiel de son temps à dormir et avait seulement fait trois petits pleurs de faim, le temps que je l’installe pour la tétée. Un passager derrière nous n’a pu s’empêcher de nous prendre à partie son père et moi, car <strong>ces trois pleurs avaient</strong> dérangé sa lecture. » Le mari de Christine se retourne et lui demande : « Et vous, vous n’avez jamais été bébé ? Vous n’avez jamais pleuré quand vous aviez un mois ? » « Cela a suffi à lui faire baisser les nez et se taire », se souvient la grand-mère qui « conseille cette réplique ».</p><h2>Une source majeure de stress</h2><p>Selon une étude* sur le stress des parents dans l’espace public, réalisée en 2024 par l’Ifop pour WaterWipes, 45 % des parents déclarent que les voyages en train sont une source majeure de stress. En cause : l’imprévisibilité des enfants, la pression sociale et le manque d’espaces adaptés. Conséquence : près d’un parent sur deux évite les voyages, selon la même étude.</p><p>Le manque d’espace dédié, c’est justement ce que regrette Camilia, la jeune maman effectuant régulièrement des Paris-Marseille. « C’est dommage qu’une rame “kids only” ou “<a href="https://www.20minutes.fr/tempo/food/4089337-20240516-kids-friendly-bonne-recette-restaurants">kids friendly</a>” n’existe pas. On paie le billet parfois très cher, pour finalement terminer sur la plateforme, le wagon bar ou debout dans les couloirs. » Un avis partagé par son aînée Christine. « Il me semble qu’au lieu d’exclure et de discriminer les familles, à l’heure où l’on déplore une baisse de la natalité, il vaudrait mieux multiplier les voitures famille et en baisser les tarifs. »</p><h2>Des wagons « kids only »</h2><p>Contrairement à la France, d’autres pays, comme l’Allemagne ou la Suisse, réservent certains wagons aux familles. Dans la confédération helvétique, ces rames disposent d’espaces ludiques, de jeux pour enfants et de rangement pour poussettes. Après les espaces « no kids », à quand les espaces « kids only » en France ?</p><figure> </figure><p></p><p><em>*Etude « Sortir avec ses enfants : le stress des parents dans l’espace public », menée auprès d’un échantillon de 1.002 personnes, représentatif des parents d’enfants âgés de 0 à 5 ans et réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 22 au 31 octobre 2024.</em></p>