<p>Des images manquantes, une autopsie difficile à interpréter, un appel à témoins lancé… <a href="https://www.20minutes.fr/faits_divers/faits-divers-paris/4196984-20260120-paris-juge-instruction-va-enqueter-mort-el-hacen-diarra-garde-vue">La mort d’El Hacen Diarra</a>, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dans le commissariat du 20e arrondissement de la capitale, pose question. Le parquet de <a href="https://www.20minutes.fr/paris/">Paris</a> a ouvert lundi une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort, après le décès suspect en garde à vue de ce Mauritanien, sa famille dénonçant des <a href="https://www.20minutes.fr/monde/violences-policieres/">violences policières</a>. Si vous n’avez pas suivi l’affaire, en voici ce qu’il faut savoir.</p><figure><iframe title="Manifestations contre les violences policières : plus de 30.000 personnes mobilisées en France" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/qm55svk/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>Qui est El Hacen Diarra ?</h2><p>El Hacen Diarra, qui vivait depuis plusieurs années dans un foyer de travailleurs migrants, était originaire de Baydam, ville du sud de la <a href="https://www.20minutes.fr/monde/mauritanie/">Mauritanie</a>, ont raconté ses proches à l’AFP lors d’une manifestation en son hommage qui a rassemblé un millier de personnes dimanche à Paris. « Il était très calme, gentil, souriant et discret. Un peu dans son monde. C’était un artiste de formation », a décrit Ladi Sacko, l’un de ses voisins.</p><h2>Pourquoi avait-il été arrêté ?</h2><p>Selon la version du parquet, les policiers avaient contrôlé El Hacen Diarra après l’avoir « vu rouler un joint de cannabis », puis l’avaient placé en garde à vue pour usage de faux documents et détention de ce produit <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/stupefiant">stupéfiant</a>, ainsi que pour rébellion. Mais d’après ses proches, l’homme « buvait simplement un café en bas du foyer (où il résidait) lorsque la police est venue vers lui ».</p><h2>Que s’est-il passé exactement ?</h2><p>El Hacen Diarra avait été interpellé devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait. Une vidéo, filmée par des voisins, a circulé sur les réseaux sociaux. On y distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donnant deux coups de poing en direction d’un homme plaqué au sol. Selon l’analyse du son réalisée par la famille du défunt, on entend aussi El Hacen Diarra crier : « Vous m’étranglez ! »</p><p>Une fois au commissariat, les vidéos de surveillance des locaux de garde à vue montrent El Hacen Diarra « très fatigué », puis l’homme « s’effondre » et « reste assis », selon le parquet. La vidéo montre aussi un policier « apporter une couverture et nettoyer », car El Hacen Diarra « avait commencé à uriner ». Puis un autre prend « son pouls, avant de le démenotter et de l’allonger ». Que s’est-il passé, entre l’interpellation et l’arrivée au commissariat ? C’est toute la question car il n’y a pas d’image du transport d’El Hacen Diarra dans le véhicule des policiers.</p><h2>Que dit l’autopsie ?</h2><p>L’autopsie montre une fracture de la corne du cartilage de la thyroïde et plaie profonde à la tempe. La première lésion, « grave et non-anodine (est) classiquement observée lors d’étranglements », et la seconde est « incompatible avec l’hypothèse d’un malaise spontané et (traduit) des violences d’une intensité particulière », dénonce l’avocat de la famille Me Yassine Bouzrou.</p><p>Le parquet a fait état de ces résultats mais affirme de son côté qu’ils n’apportent « pas à ce stade de certitude sur la causalité du décès ». Il assure que la fracture peut être « antérieure au décès ou consécutive à l’autopsie » et que des examens complémentaires ont été ordonnés « dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines ».</p><h2>Pourquoi un appel à témoins a-t-il été lancé ?</h2><p>La vidéo filmée par des voisins est, à ce stade, l’unique support visuel de l’arrestation. C’est la raison pour laquelle un appel à témoins a été lancé lundi. « Toute personne ayant été témoin ou disposant d’éléments permettant d’objectiver le déroulé des faits est invitée à les porter à la connaissance des enquêteurs », a fait savoir lundi le ministère public.</p><p>Il n’y a pas de vidéosurveillance sur la voie publique ni d’image captée par les caméras piétons des policiers sur place, car ces caméras étaient déchargées, selon la version de ces agents. L’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, dénonce cette absence d’images par les caméras-piétons des policiers qui « n’étaient pas activées, en raison d’un prétendu défaut de batterie », une explication « peu crédible (qui) soulève désormais la question d’une éventuelle dissimulation » de preuves.</p><h2>En quoi consiste l’enquête qui a été ouverte ?</h2><p>Les agents qui ont interpellé El Hacen Diarra ont d’abord été entendus par des policiers d’un autre commissariat, « avant même que la saisine de l’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/igpn">IGPN</a> puisse être effective », selon le parquet. Cinq autres personnes gardées à vue ont, elles, témoigné « des diligences effectuées pour réanimer » El Hacen Diarra et « appeler les secours ».</p><p>Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique » lundi soir, cinq jours après les faits et deux jours après une demande de l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou.</p><h2>Comment sa famile a-t-elle réagi ?</h2><p>La famille d’El Hacen Diarra a réclamé mardi le placement en garde à vue des policiers impliqués, soulignant notamment que les résultats d’autopsie étaient « caractéristiques » d’un étranglement. « Après cinq jours de dysfonctionnements graves et d’une communication qui a retardé l’accès à la vérité, la pratique judiciaire impose désormais des actes immédiats », l’interpellation des « policiers impliqués » et leur présentation « sans délai » au juge d’instruction, réclame Me Bouzrou.</p><p>« La saisine tardive d’un juge d’instruction […] ne saurait masquer l’inaction coupable du parquet », s’est indigné l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, qui fustige un délai de « cinq jours pendant lesquels la vérité a été étouffée, les preuves laissées à l’abandon et la famille tenue à l’écart ».</p>
Paris : Autopsie, appel à témoins, famille… Le point sur la mort d’El Hacen Diarra en garde à vue
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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