<p><strong><em>Au tribunal correctionnel de Rennes,</em></strong></p><p>C’est une mission qui incombe à chaque policier dans tous les commissariats de France. Pour assurer la sécurité des personnes <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/garde_a_vue?page=3">en garde à vue</a>, les agents doivent en théorie réaliser des rondes de surveillance dans chaque cellule tous les quarts d’heure. Mais dans la pratique, cette obligation n’est pas toujours respectée. Comme cette nuit du 9 au 10 février 2019 au commissariat de Saint-Malo où les quatre policiers en poste ont commis toute une série de manquements qui ont débouché sur un drame.</p><p>Depuis lundi, <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4196286-20260119-sept-ans-apres-mort-allan-lambin-garde-vue-saint-malo-quatre-policiers-banc-accuses">ils sont jugés pour homicide involontaire </a>devant le tribunal correctionnel de Rennes pour homicide involontaire après la mort dans sa cellule d’Allan Lambin. Placé en garde à vue à 22 heures, le jeune homme avait été déclaré décédé trois heures plus tard, succombant à une asphyxie d’origine mixte, liée à son alcoolisation aiguë et à sa position consécutive à sa chute. Car dans ce laps de temps, Allan Lambin avait lourdement chuté à 22h43 en se rendant aux toilettes. Ce n’est que deux heures plus tard qu’un médecin l’avait découvert dans cette même position, inanimé au sol et le tronc collé contre une cloison.</p><h2>Des policiers accaparés par d’autres tâches</h2><p>Pendant tout ce temps, aucun des quatre policiers qui se sont relayés n’a pourtant rien observé d’anomal, notant simplement dans leur fiche surveillance « RAS » ou que le gardé à vue était « allongé ». « Je pensais qu’il dormait », répond l’un. Tous reconnaissent en tout cas ne pas avoir fait de ronde physique ce soir-là. « On a été pris de court par les interventions », indique l’un des quatre prévenus, évoquant une femme en pleine crise d’épilepsie dans le commissariat.</p><p>Il y a aussi la paperasse à remplir, les appels à prendre ou le placement en garde à vue <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4196955-20260119-fait-7-ans-vis-plus-franck-lambin-veut-comprendre-pourquoi-fils-mort-garde-vue">de Franck Lambin</a> un peu plus d’une heure après son fils. « La soirée a été agitée et personne ne pouvait surveiller avec cet enchaînement d’événements », abonde l’un des policiers. A défaut de ronde physique, certains se contentent juste d’un rapide coup d’œil sur l’écran de surveillance. Mais là non plus, personne ne voit rien d’anormal. « Les écrans sont tout petits et la cellule est très mal éclairée », tente de se justifier un policier.</p><h2>Ils ont fait « perdre toute chance de survie » à Allan</h2><p>Des versions qui font bondir l’avocate de la défense. « Ce ne sont que des mensonges car à aucun moment il n’y a eu une surveillance, qu’elle soit physique ou visuelle », assure Maître Hélène Laudic-Baron, pointant aussi « la falsification » de la fiche de surveillance. Le procureur Tanguy Courroye se montre même plus virulent, affirmant que l’absence de surveillance des quatre policiers « a fait perdre toute chance de survie » à Allan Lambin et a donc contribué « avec certitude » à son décès de manière indirecte. « Eux seuls pouvaient exercer cette surveillance et interrompre cette phase agonique dans laquelle se trouvait Allan après sa chute », affirme-t-il.</p><figure><iframe title="Faux policiers, attention aux arnaques ?" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3smff35/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Et selon lui, l’activité « soutenue » de la soirée <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/commissariat">au commissariat</a> n’est en aucun cas « une excuse sur le plan pénal » et « ne justifiait pas ces manquements répétés. » « Ce ne sont pas de mauvais policiers mais ils ont commis ce soir-là des fautes graves », conclut-il avant de requérir six mois de prison avec sursis pour chacun des policiers.</p><h2>Un père détruit et « qui meurt à petit feu »</h2><p>Dans sa plaidoirie, Maître Hélène Laudic-Baron demande aussi la réparation du préjudice d’Allan à hauteur de 40.000 euros ainsi que 75.000 euros au titre du préjudice moral pour son père, resté digne tout au long de cette éprouvante audience. « Il vit dans une espèce de camisole chimique pour supporter la douleur », indique-t-elle à la cour, assurant que c’est la première fois qu’elle voit quelqu’un « qui n’arrive véritablement pas à remonter la pente. »</p><figure> </figure><p>« Depuis sept ans, il passe toutes ses journées dans la chambre d’Allan ou au cimetière, il meurt à petit feu, décrit l’avocate. Il demande désormais à ce que la justice mette des mots sur ces maux en condamnant pénalement ceux qui ont contribué à enlever la vie d’Allan par leur négligence ou par manque de surveillance. Pour rendre justice à Allan. » L’audience doit se poursuivre mercredi matin avec les plaidoiries des avocats de la défense.</p>
Mort d’Allan Lambin en garde à vue : « Ils ont commis des fautes graves »… Du sursis requis contre les quatre policiers
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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