Procès du RN : « Jamais de la vie… » Marine Le Pen se défend de tout « système » dans l’affaire des assistants

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
Procès du RN : « Jamais de la vie… » Marine Le Pen se défend de tout « système » dans l’affaire des assistants
<p><strong><em>A la cour d’appel de Paris,</em></strong></p><p>Avant d’être appelée à la barre, <a href="https://www.20minutes.fr/politique/marine-le-pen/">Marine Le Pen </a>plonge le nez dans ses notes. Pendant de longues minutes, stylo en main, la cheffe de file du <a href="https://www.20minutes.fr/politique/rassemblement-national/">Rassemblement national</a> biffe les feuilles posées devant elle, faisant fi du brouhaha des quelque 80 journalistes et du public qui s’installe dans la première chambre du palais de justice en ce début d’après-midi. <a href="https://www.20minutes.fr/politique/4146194-20250331-condamnation-marine-pen-rassemblement-national-plonge-inconnu">Condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate</a> dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, Marine Le Pen joue sa candidature à la <a href="https://www.20minutes.fr/elections/presidentielle/">présidentielle 2027 </a>et son avenir politique. « Quand on fait appel, par définition, on est optimiste […]. Je veux conserver cet optimisme et cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n’a pas entendus », disait-elle samedi, lors d’un déplacement à Marseille pour les municipales.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/N8aJTWf-Q4KWiFsfZH_-cCk/960x0_media.jpg" alt="AP23009712_000001"></figure><h2>« Le Parlement européen ne nous a jamais alertés »</h2><p>Après quelques mots avec ses deux avocats, Marine Le Pen monte sur scène. Il est un peu plus de 13h30. L’ancienne patronne du <a href="https://www.20minutes.fr/politique/fn/">Front national</a> est interrogée par la présidente, Michèle Agi, sur sa déclaration à l’ouverture du procès en appel. « Si un délit a été commis - et tout le monde semble le dire –, je veux bien l’entendre. Mais nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants », disait-elle. Un changement de ligne de défense comme un aveu sur la réalité du dossier. Si un délit a été commis ici, c’est que le Parlement européen, partie civile au procès, n’a pas joué son « rôle d’alerte » sur les contrats litigieux, estime le RN.</p><p>Sur la mutualisation des assistants parlementaires (qui travaillaient pour plusieurs eurodéputés), Marine Le Pen assure ce mardi : « Il y a eu un défaut de renseignement ou un défaut de recherche de notre part […] mais le Parlement européen ne pouvait pas l’ignorer ». Et les guides des règles du Parlement européen remis aux élus de Strasbourg, interroge la présidente ? « Cela fait 150 pages, c’est quelque chose de considérable, nous ne nous sommes jamais posé question, et le <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/parlement_europeen">Parlement européen</a> ne nous a jamais alertés… », évacue la députée d’Hénin-Beaumont.</p><h2>Un mail accablant</h2><p>La présidente égrène les éléments du dossier. Marine Le Pen écoute, mains sur le pupitre, et balaie chaque accusation. « Tout ça est un tissu de mensonges », dit-elle à plusieurs reprises. Les propos des trois anciens eurodéputés FN, Jean-Luc Schaffhauser, Aymeric Chauprade et Sophie Montel, qui ont eux-mêmes dénoncé les faits ? Marine Le Pen évoque des personnes en « rupture » ou en « conflit » avec le parti, qui « cherchent à (lui) nuire », comme dans n’importe quel « divorce ». « Plus le niveau est haut, plus les ruptures sont brutales et entraînent des propos qui sont loin de la réalité », soupire Marine Le Pen.</p><p>La présidente évoque ensuite un échange de mails accablant entre l’ex eurodéputé FN Jean-Luc Schaffhauser et l’ancien trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just. « Ce que Marine nous demande équivaut qu’on signe pour des emplois fictifs […] On va se faire allumer », disait le premier, en juin 2014. « Je crois que Marine sait tout cela… », répliquait le second. « Je n’ai pas eu connaissance de ces mails, qui ne m’ont pas été transférés. Si j’avais reçu un mail comme cela, je n’y aurais pas répondu avec une telle désinvolture. Jamais de la vie je ne demanderais à un député de prendre des assistants pour travailler pour le Front national », se défend Marine Le Pen.</p><h2>Mise en difficulté sur le cas Odoul</h2><p>Après une pause, Michèle Agi hausse le ton de l’interrogatoire. La présidente de la cour pilonne de questions la triple candidate à la présidentielle sur le cas Julien Odoul. Le député RN de l’Yonne, présent dans la salle, <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4197030-20260120-proces-appel-marine-pen-secoue-presidente-tribunal-julien-odoul-regrette-explique-peu">a été mis en grande difficulté dans la matinée sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire</a> d’une eurodéputée FN en 2014-2015. A l’époque, il était dans le même temps « conseiller spécial » au cabinet de Marine Le Pen, alors présidente du parti. « Si vous voulez me faire dire que Julien Odoul a travaillé pendant huit heures par jour à mon cabinet, ce n’est pas vrai », souffle l’intéressée. Pourquoi l’avoir recruté à son cabinet puisqu’il était déjà assistant d’une eurodéputée ?</p><p>« Je me moque alors de savoir quel est son emploi », esquive Marine Le Pen. La triple candidate à l’Elysée reste pugnace, mais semble à plusieurs reprises en délicatesse face aux preuves de l’accusation. Elle rejette tantôt la responsabilité sur d’autres figures du mouvement, dont son père, l’ex <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/president">président</a> du FN décédé en 2025. Elle évoque tantôt l’oubli ou l’incompréhension. « Je cherche seulement à comprendre », s’agace à plusieurs reprises Michèle Agi, face au flou entretenu par l’accusée.</p><figure> </figure><p>Toute au long de l’interrogatoire, Marine Le Pen tente d’invalider la notion de « système », mise à jour par les juges de première instance. « Le terme de &#x27;&#x27;système&#x27;&#x27; me gêne car on a le sentiment d’une manipulation », dit-elle. Après près de 5 heures de mano à mano, la présidente suspend l’audition. Marine Le Pen reviendra demain à 9 heures pour la suite de son interrogatoire.</p>