Incendie de Crans-Montana : « Après un incendie, ce qu’il reste, ce sont les dents » pour identifier les victimes

Published 1 day ago
Source: 20minutes.fr
Incendie de Crans-Montana : « Après un incendie, ce qu’il reste, ce sont les dents » pour identifier les victimes
<p>Quarante morts et 116 blessés. Cinq jours après l’incendie mortel de <a href="https://www.20minutes.fr/faits_divers/4194556-20260106-incendie-crans-montana-six-ans-serveur-alertait-deja-danger-mousse-plafond">Crans-Montana</a>, lundi, les victimes ont toutes été identifiées. Une prouesse alors que les corps des victimes décédées ont été retrouvés calcinés dans les décombres. Pour mener ce <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4194041-20260103-incendie-mortel-crans-montana-suisse-pourquoi-victimes-elles-difficiles-identifier">travail d’identification</a>, trois données formelles sont reconnues par Interpol : l’ADN, les empreintes digitales et l’odontologie médico-légale (sorte de cartographie des dents). A Crans-Montana, c’est sur ce dernier critère que les identifications ont principalement reposé.</p><p>« Après un incendie, ce qu’il reste, ce sont les dents », met en évidence Nathalie Delphin, présidente du Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes. Lorsque les corps sont brûlés, l’identification par la peau n’est plus possible, les empreintes des pieds et des mains mais aussi les tatouages ou les cicatrices disparaissent, tout comme les cheveux sont brûlés, « la chaleur brûle <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/adn">l’ADN</a> », résume la professionnelle de santé.</p><h2>Les dents sont « comme des empreintes »</h2><p>Après un incendie, les dents constituent l’une des seules parties du corps encore identifiables. « Elles sont comme des empreintes, c’est-à-dire qu’elles sont uniques », développe la chirurgienne-dentiste. Dans le cadre d’une identification, « c’est l’ensemble de la mâchoire qui est analysée », détaille Nathalie Delphin. La position des dents ou l’angle de la mâchoire peuvent donner des premières indications concernant l’âge et le genre de la personne.</p><p>Par la suite, « un appel est fait aux dentistes », explique l’experte. Cet appel a pour but de vérifier si <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4191921-20251217-moment-negligence-parentale-pourquoi-enfants-francais-trop-caries">les dentistes</a>, chirurgiens ou orthodontistes possèdent des éléments sur les personnes recherchées, comme des radios ou des moulages. S’ils possèdent des documents sur l’une des potentielles victimes, les professionnels de santé sont tenus de les livrer aux médecins légistes dans le cadre des identifications. Un processus jugé « rapide » pour la chirurgienne. « Quand nous sommes en possession des noms et des adresses, c’est assez facile, il suffit de chercher les informations dans un logiciel et les documents correspondants sont transmis » dans la foulée. « Le processus est beaucoup plus complexe lorsque nous ne bénéficions d’aucune information sur les personnes » présentes sur les lieux d’un tel drame.</p><h2>Des données conservées trente ans en cabinet dentaire</h2><p>Une transmission de données facilitée par la sauvegarde des informations médicales de chaque citoyen. En cabinet dentaire, « les données sont conservées trente ans » et transmises uniquement dans le cadre d’enquête ou pour des besoins d’identification. « Cela ne veut pas dire que les dossiers médicaux sont accessibles et transmis à n’importe qui », rassure la spécialiste. Dans le cas d’un <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4191950-20251217-age-allez-pouvoir-partir-retraite-suspension-reforme">départ à la retraite</a>, ces fichiers sont transmis au repreneur ou conservés par le praticien lui-même.</p><p>Contrairement aux autres parties du corps, les dents peuvent se conserver bien après notre mort. « Lors des <a href="https://www.20minutes.fr/high-tech/sciences/4193556-20260104-pointes-fleches-reecrivent-scenario-arrivee-homo-sapiens-europe">recherches archéologiques</a>, nous retrouvons des éléments essentiellement grâce aux dents », souligne Nathalie Delphin, « des éléments d’ADN peuvent même y être conservés ». En revanche, la découverte d’une seule dent rend le travail d’identification beaucoup plus complexe.</p>