« Encore un gros coup et je suis mort »… Charly, 9 ans, placé abusivement dans un foyer, où il sera agressé et violé

Published 4 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Encore un gros coup et je suis mort »… Charly, 9 ans, placé abusivement dans un foyer, où il sera agressé et violé
<p>C’est un petit garçon qui désormais ne se bat plus pour lui, mais pour tous les autres enfants. Pour que jamais ils et elles ne connaissent ce qui lui est arrivé, au sein d’un foyer de l’aide sociale à l’enfance des Alpes-Maritimes, à <a href="https://www.20minutes.fr/nice/">Nice</a>. Charly a aujourd’hui 9 ans et vit à nouveau avec sa mère. Mais il y a un peu plus de deux ans,<a href="https://www.20minutes.fr/justice/4185539-20251114-victime-agressions-lors-placement-aide-sociale-enfant-9-ans-attaque-etat"> il a été placé au foyer de la villa Virginie</a>, parce que le juge estimait que sa maman l’avait manipulé pour qu’il ne veuille plus voir son père.</p><p>En réalité, qui plonge dans le dossier comprend aisément que l’enfant ne veuille plus voir son géniteur. Alors que sa mère est enceinte, son conjoint manque de la tuer par strangulation. Patricia Galet réussit à le quitter, avant même la naissance de l’enfant. Après trois plaintes et un dispositif « <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4075136-20240208-violences-conjugales-peut-beneficier-dispositif-telephone-grave-danger">téléphone grave danger</a> », l’homme sera condamné pour des faits de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/violence_conjugale">violence conjugale</a>. Il a également l’interdiction de s’approcher de son ex-compagne. Mais pour la justice, un homme violent peut visiblement être un bon père. Il obtient donc des visites médiatisées, que l’enfant, témoin de scènes de violences physiques et verbales, refuse. Sa maman, pourtant, l’y conduit sans coup férir, et assiste, impuissante, à des scènes répétées où l’enfant se débat, hurle.</p><h2>« Encore un gros coup et je suis mort »</h2><p>Persuadé que la mère aliène son fils, le juge prend une mesure de placement, quand bien même le syndrome dit « d’aliénation parentale » <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4028760-20230326-justice-pourtant-controverse-syndrome-alienation-parental-continu-etre-utilise-contre-meres">ne fait l’objet d’aucun consensus scientifique</a>. En septembre 2023, Charly est placé dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance pendant presque un an, où il explique avoir vécu de nombreuses violences ainsi que plusieurs <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/agression_sexuelle">agressions sexuelles</a>.</p><p>« Une gamine me met des coups de pied dans la jambe, le sang dégouline par terre, ça fait &quot;pan pan&quot;, les adultes ne font rien, explique-t-il quelques jours après son arrivée dans un enregistrement d’une conversation téléphonique avec sa mère, que <em>20 Minutes</em> a pu écouter. Encore un gros coup et je suis mort. Quand je suis en colère, j’ai envie de me tuer… » Des photos consultées par <em>20 Minutes</em> confirment de nombreux bleus et des plaies, des croûtes, des rougeurs sur les genoux, les aisselles, les cuisses…</p><h2>Les enfants du foyer appellent eux-mêmes la police</h2><p>Parmi les faits les plus graves, le jeune garçon affirme avoir vécu en octobre 2023 plusieurs agressions sexuelles, voire des viols, de la part d’un autre enfant placé dans le même foyer que lui. « Timothée [le prénom a été changé] utiliserait un objet métallique du type clou, et lui introduirait dans les fesses, certains jours », détaille la mère de Charly dans sa plainte à la police, déposée le 14 octobre 2023. Mais l’affaire n’aurait pas suffisamment été prise au sérieux par l’organisation qui l’hébergeait.</p><p>Dans un enregistrement que s’est procuré <em>20 Minutes</em>, effectué par les enfants eux-mêmes au sein du foyer, on les entend expliquer aux éducatrices que l’enfant agresseur « viole », leur touche les parties intimes, les frappe. Ils expliquent avoir appelé la police, dans l’espoir que cet enfant quitte le foyer, et reprochent aux éducatrices leur inaction. Les professionnelles leur répondent en défendant d’appeler la police, et en ajoutant que cela fait deux semaines que les enfants leur répètent cela, et que cela ne sert à rien de le répéter, qu’elles n’ont pas « rien fait ».</p><h2>Deux mois pour faire partir l’enfant agresseur du foyer</h2><p>Informée le 12 octobre par son enfant, Patricia Galet appelle elle aussi la police, explique-t-elle dans la plainte. Arrivées sur place, les forces de l’ordre se seraient vues rétorquer par le foyer qu’il ne s’était rien passé, et n’auraient pas poussé plus loin l’enquête, raconte-t-elle. Ce sont finalement les pompiers qui emmèneront Charly à l’hôpital. Le jeune garçon n’aura pas le temps d’être examiné par un médecin légiste : le foyer ordonnera son retour dans les douze heures suivantes, d’après son récit. Une façon, selon sa mère, d’empêcher tout examen physique de l’enfant, qui n’aura en effet jamais lieu, malgré les promesses que Patricia Galet dit avoir entendues de la part des éducateurs et éducatrices venues littéralement lui arracher l’enfant en plein milieu de l’hôpital.</p><p>Le lendemain, une nouvelle agression se serait produite dans un véhicule où Charly et Timothée sont tous deux installés, d’après la plainte. Le personnel aurait alors réagi pour faire cesser la chose. Un cadre du foyer promet le jour même à Patricia Galet que l’enfant qui a malmené Charly va être déplacé. Mais il faudra encore attendre deux mois, pendant lesquels Charly est continuellement exposé à son agresseur. Depuis, Timothée a été transféré dans un autre foyer du Lot-et-Garonne.</p><h2>Plainte contre l’Etat</h2><p>Confrontés à ce récit, ni le parquet de Nice, ni le département des <a href="https://www.20minutes.fr/societe/alpes-maritimes/">Alpes-Maritimes</a>, ni le parquet d’Agen, dont dépend maintenant l’enquête, n’ont souhaité répondre aux sollicitations de <em>20 Minutes</em>, le premier parquet renvoyant vers le second, et le second renvoyant, comme le département, à l’article 11 du Code de procédure pénale, selon lequel « la procédure au cours de l’enquête et de l’instruction est secrète ».</p><p>Charly a quant à lui fini par retrouver sa mère, en août 2024, au terme d’une longue et épuisante bataille judiciaire. Patricia Galet accuse aujourd’hui l’aide sociale à l’enfance mais aussi la justice, et un juge en particulier, qui selon elle, a placé son fils sans raison valable, alors qu’il ne courait aucun danger, l’exposant à un risque bien présent : celui des violences dans les foyers de l’ASE, violences connues, documentées, bien réelles celles-ci. En décembre, sa plainte contre l’Etat a été jugée recevable.</p>
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