« Il était bourré de contradictions »… Dans « L’Affaire Bojarski », Reda Kateb incarne un faux-monnayeur virtuose

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Il était bourré de contradictions »… Dans « L’Affaire Bojarski », Reda Kateb incarne un faux-monnayeur virtuose
<p>Vous connaissez <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/4191505-20251215-l-affaire-bojarski-2025">L’Affaire Bojarski</a> qui donne son titre au nouveau film de <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=27871.html">Jean-Paul Salomé</a> ? Si la réponse est négative, vous n’en serez que plus fasciné par ce thriller inspiré de l’histoire vraie d’un faux-monnayeur après la <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/seconde_guerre_mondiale">Seconde Guerre mondiale</a>. Et si vous vous régalez tout autant si vous en avez déjà entendu parler. <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/4118136-20241031-reda-kateb-aloise-sauvage-fil-clown-hopital-veritable-artiste">Reda Kateb</a> incarne cet inventeur génial qui confectionnait seuls ses billets dans son atelier avant de les écouler en solitaire dans toute la France.</p><figure><iframe title="L'affaire Bojarski" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3s8srkr/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>« Il était à la fois un artisan et un représentant de commerce, explique Reda Kateb. Il a inventé des choses incroyables mais ses origines polonaises ont fait qu’il n’a pas pu déposer ses brevets et qu’il a dû trouver une autre façon de survivre ». Ayant créé la capsule pour cafetières et le stylo-bille sans pouvoir jouir de ses trouvailles, Ceslaw Jan Borjawski s’est recyclé dans la fabrication de fausse monnaie en cachette de sa femme, incarnée dans le film par Sara Giraudeau, très touchante.</p><h2>Un métier hors du commun</h2><p>« Pour moi, un rôle commence toujours par un métier, déclare Reda Kateb. Si je ne suis pas crédible dans l’activité du personnage, j’estime que je ne pourrai pas convaincre le spectateur. Les gestes ont une importance capitale ». Le comédien a donc suivi une formation pour apprendre à manipuler les machines utilisées par le faux-monnayeur et ressentir physiquement ce que vit cet homme précis dans chacun de ses mouvements.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/x_d1PrMQT1KOrpEuYBOSdyk/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><p></p><p>Jan Bojarski était si doué dans son « travail » que la police a mis longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’un homme seul », explique Bastien Bouillon qui interprète le policier prêt à ruiner sa carrière pour coincer le faux-monnayeur. Aujourd’hui, les faux billets confectionnés par Bojarski sont considérés comme des œuvres d’art qui s’arrachent à plusieurs milliers d’euros dans des ventes aux enchères.</p><h2>Chasse à l’homme</h2><p>On s’attache immédiatement à ces deux hommes et à leur jeu de chat et de souris qui s’étend sur plusieurs années. « Mon personnage a été très romancé, insiste Bastien Bouillon. Jean-Paul Salomé insiste sur l’admiration réelle que ressent le policier pour sa proie ». Comme tout artiste, Jan Bojarski a un besoin de reconnaissance. Il ne saurait se contenter de la discrétion alors que son activité nécessite l’anonymat. « Il était bourré de contradictions, insiste Reda Kateb. C’était un homme discret qui aimait être bien sapé et qui a voulu être connu, avoir d’autres spectateurs que le flic qui le traque ». Ce besoin va coûter cher à ce criminel qui passera de longues années derrière les barreaux et ressortira brisé. « Il s’était attaqué à l’économie et à la Banque de France, un crime difficilement pardonnable, déclare Reda Kateb. Il a vécu dans une grande solitude et n’a eu de rapports avec ses enfants qu’au parloir. Sa fille me confiait que le génie de son père ne lui avait apporté que la prison ».</p><h2>A hauteur d’homme</h2><p>Jean-Paul Salomé, réalisateur de <em><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/2853695-20200908-daronne-comment-jean-paul-salome-transforme-isabelle-huppert-dealeuse-voilee">La Daronne</a></em> et de <em><a href="https://www.20minutes.fr/cinema/4025432-20230228-syndicaliste-isabelle-huppert-sublime-peau-vraie-lanceuse-alerte">La Syndicaliste </a></em>avec Isabelle Huppert, s’est passionné pour ce destin singulier. Il a pris des libertés avec la réalité mais a traité <em>L’Affaire Bojarski</em> respectueusement avec l’approbation de la famille de ce dernier qui a soutenu Jan Bojarski jusqu’à sa mort en 2003. « Jean-Paul a choisi de se centrer sur l’intime ce qui est très rare pour traiter ce type de sujet. Il laisse de la place pour l’imaginaire du public en évoquant aussi ses rapports avec son épouse et son amitié pour un homme étrange que joue Pierre Lottin. Il montre Bojarski à hauteur d’homme », explique Reda Kateb.</p><figure> </figure><figure><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/cinema/">Notre rubrique cinéma</a></figure><p>La complexité de Jan Bojarski comme son activité peu commune en font un héros de cinéma parfait qu’on suit sur une vingtaine d’années. La fascination qu’on éprouve pour lui est l’un des moteurs de<em> L’Affaire Bojarski</em>. Ce portrait d’un homme surdoué dont le talent a été gâché est à la fois un divertissement jouissif et une réflexion sur l’art.</p>