Apprendre une nouvelle langue, une vraie bonne résolution (à condition de s’y tenir)

Published 5 hours ago
Source: 20minutes.fr
Apprendre une nouvelle langue, une vraie bonne résolution (à condition de s’y tenir)
<p><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/nouvel-an">Nouvelle année</a>, nouvelles promesses, <a href="https://www.20minutes.fr/tempo/4131654-20250107-resolution-2025-si-jouait-vie-comme-grille-cocher-grace-bingo-board">nouvelles résolutions</a>… Chaque mois de janvier, c’est la même chanson… Et souvent, les mêmes abandons. Aux côtés de « faire plus de sport », « lire plus de livres », « manger plus sainement », « apprendre une nouvelle langue » figure parmi les résolutions les plus populaires.</p><p>Depuis plusieurs années, le site d’apprentissage linguistique Babbel constate une hausse significative des inscriptions de plus de 60 % durant les 10 premiers jours de janvier. Si certains abandonnent, d’autres semblent tenir bon. Pourquoi ? Et surtout, comment ? À quoi ressemble une résolution linguistique quand elle dure vraiment ? À partir de vos témoignages, on a cherché à comprendre ce qui fait la différence.</p><h2>Derrière la résolution, un vrai moteur personnel</h2><p>S’il y a bien un point commun entre celles et ceux qui tiennent sur la durée, c’est la raison qui motive l’apprentissage. Loin d’un simple « il faudrait que… », apprendre une langue devient souvent une nécessité concrète.</p><p>Pour Bruno, 65 ans, tout commence par un séjour à <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/rome">Rome</a>, offert par le comité d’entreprise de sa femme. Sans conviction, au départ, il télécharge une application « pour apprendre quelques rudiments » d’Italien. Deux ans plus tard, il consacre encore entre 1h30 et deux heures par jour à la langue de Dante, multiplie les supports et maîtrise aujourd’hui plusieurs temps de conjugaison, avec près de 4.000 mots de vocabulaire.</p><p>Même logique pour Philippe, 60 ans, qui décide d’apprendre l’anglais après plusieurs voyages aux <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/">États-Unis</a> et en <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/inde">Inde</a> : « Le fait de ne pas pouvoir échanger est trop pénalisant », écrit-il. L’exercice est exigeant, l’enjeu (de pouvoir communiquer), lui, dépasse largement la difficulté. Chez Aude, installée à <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/berlin">Berlin</a> depuis dix ans, la motivation est avant tout familiale. En janvier 2025, elle commence le portugais pour pouvoir échanger avec sa belle-famille brésilienne, qu’elle rencontrera lors d’un voyage dans un mois : « personne ne parle vraiment anglais là-bas. Le but, c’était de pouvoir tenir une conversation avec ma belle-famille », explique-t-elle. Un objectif clair et personnel.</p><h2>Comment tenir sa résolution sur la durée ?</h2><p>Si la motivation lance la machine, la régularité permet de tenir. Les témoignages montrent que l’apprentissage fonctionne rarement par à-coups. Stéphanie, 51 ans, révise chaque jour quatre langues : russe, italien, allemand et anglais, grâce à une application paramétrée pour croiser les apprentissages. Bruno, lui, assume un investissement massif au départ : jusqu’à six heures par jour pendant plusieurs mois, avant de trouver un rythme plus stable. « Sans aucune aide physique » précise-t-il, soulignant ainsi l’importance de la discipline personnelle.</p><p>Pour Aude, la clé réside aussi dans le plaisir et la diversité des formats : applications, vidéos YouTube, conversations, petites sessions quotidiennes… « Ce n’est pas un apprentissage académique pur et dur. On apprend à parler, un peu comme quand on est petit », raconte-t-elle. Avec Babbel, son apprentissage lui a semblé « beaucoup plus souple et moins intimidant », loin des souvenirs scolaires parfois décourageants. Mais un autre élément revient souvent : avoir un objectif précis. « Le fait d’avoir un vrai but, comme partir au Brésil dans quelques mois, ça change tout. On sait pourquoi on apprend », insiste Aude.</p><figure><iframe title="Isabelle Cottenceau : Apprendre la langue des signes à son bébé" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/q3z5q0z/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>Le vrai défi : parler</h2><p>« Le fait de ne pas pouvoir échanger est trop pénalisant », explique Philippe. Tous le disent : comprendre vient bien avant de parler. Et c’est souvent là que l’apprentissage se complique. « Je comprends, mais je n’arrive pas encore à m’exprimer spontanément », reconnaît Aude. Même avec un partenaire brésilien, la pratique orale reste la dernière marche, la plus difficile à franchir. « Parler lentement, avec un niveau d’enfant, ce n’est pas évident. C’est toujours la dernière étape dans l’apprentissage d’une langue », explique-t-elle.</p><p>Un constat partagé par beaucoup. Apprendre une <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/langue">langue</a>, c’est aussi accepter de parler lentement, de faire des erreurs, de revenir à une forme plus vulnérable. Mais c’est précisément cette étape qui transforme une résolution en expérience durable : celle où la langue devient vivante. L’enjeu est d’autant plus fort qu’il s’oppose à une idée reçue persistante : non, il n’est jamais « trop tard » pour apprendre une nouvelle langue.</p><p>Il ne s’agit pas seulement d’un exercice intellectuel ou d’une ligne de plus sur un CV. Pour celles et ceux qui s’y tiennent, c’est une ouverture : vers les autres, vers une culture, parfois vers une famille ou une nouvelle vie. La différence ne se joue pas tant dans le niveau de départ que dans l’intention, la régularité et l’acceptation de l’imperfection.</p>