Alors que Trump dénonce un « génocide » au Nigeria, plus de 160 chrétiens enlevés

Published 4 hours ago
Source: 20minutes.fr
Alors que Trump dénonce un « génocide » au Nigeria, plus de 160 chrétiens enlevés
<p>La journée de dimanche a été synonyme de terreur pour les chrétiens au Nigeria. Plus de 160 fidèles ont en effet été enlevés dans l’attaque de deux églises dans le Nord. Ces faits ont eu lieu dans un contexte de résurgence des kidnappings au moment où <a href="https://www.20minutes.fr/monde/4183592-20251104-nigeria-menace-trump-pays-defend-persecuter-chretiens">les Etats-Unis clament que les chrétiens sont « persécutés » dans ce pays</a>.</p><p>En pleine messe, des gangs armés ont attaqué deux églises et enlevé plus de 160 fidèles dans un village isolé de l’Etat de Kaduna, ont indiqué lundi un membre du clergé chrétien et un rapport de sécurité de l’ONU.</p><h2>« Plus de 100 fidèles » enlevés, selon l’ONU</h2><p>« Les assaillants sont arrivés en nombre, ont bloqué l’entrée des églises et ont forcé les fidèles à sortir dans la brousse », a déclaré le révérend Joseph Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigeria pour le nord du pays. « Ils en ont enlevé 172, mais neuf se sont échappés, donc 163 sont toujours avec eux », a-t-il affirmé, précisant que les attaques ont eu lieu dans le village de Kurmin Wali, situé dans le district à majorité chrétienne de Kajuru.</p><figure><iframe title="Nigeria : Une fusillade éclate lors d'une messe filmée en direct" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/338k3l5/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>ItIshaku Dan’azumi, un chef traditionnel, affirme pour sa part que 166 personnes ont été enlevées dans trois églises du village pendant la messe. Les attaques ont été confirmées par un rapport de l’ONU, qui mentionne « plus de 100 fidèles » enlevés par des « bandits armés ».</p><p>La police de l’Etat de Kaduna n’a par contre pas confirmé l’attaque. Mais son chef a déclaré que des agents s’étaient rendus « sur le lieu présumé du crime » dimanche. « Jusqu’à présent, il n’y a aucune information faisant état d’une attaque ou d’un enlèvement », a déclaré le commissaire de police Muhammad Rabiu. Le commissaire d’Etat à la sécurité intérieure, Sule Shauibu, a, lui, rejeté le « récit » d’un enlèvement, le jugeant « totalement faux ». « Seuls les politiciens nient l’enlèvement de nos gens », a rétorqué le chef local de Kurmin Wali.</p><h2>Le lucratif business des rançons</h2><p>Les enlèvements de masse sont fréquents au Nigeria, la plupart perpétrés par des gangs criminels, désignés localement sous le terme de « bandits », en quête de rançons. Même si le paiement de rançons est interdit par la loi, les kidnappings sont devenus « une industrie structurée et lucrative » qui a rapporté quelque 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, selon un rapport de SBM Intelligence, un cabinet de conseil basé à Lagos.</p><p>Cette nouvelle vague d’enlèvements, <a href="https://www.20minutes.fr/monde/4187204-20251121-nigeria-eleves-enseignants-enleves-ecole-catholique">dont celui de plus 300 élèves et professeurs d’une école catholique</a> du centre du pays en novembre – depuis libérés –, a profondément ébranlé un Nigeria divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien. En réaction, le président Bola Tinubu a déclaré fin novembre l’état d’urgence.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/monde/nigeria/">Notre dossier sur le Nigeria</a></figure><p>Cette situation a poussé Washington à mener <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4193279-20251226-nigeria-frappes-americaines-hollywood-essentiellement-publicitaires">des frappes militaires le jour de Noël</a> dans l’Etat de Sokoto, Donald Trump accusant des groupes armés nigérians de persécuter les chrétiens, victimes selon lui d’un « génocide ».</p>