« Si tu bois pas… » La justice se penche sur le bizutage mortel d’un étudiant en médecine à Lille

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Si tu bois pas… » La justice se penche sur le bizutage mortel d’un étudiant en médecine à Lille
<p>Dans la nuit du 8 au 9 juillet 2021, un jeune homme de 20 ans est mort, percuté par un véhicule sur l’autoroute A27, au niveau de la commune de Sainghin-en-Mélantois, dans le <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/nord">Nord</a>. L’enquête révélera qu’il s’appelait <a href="https://www.20minutes.fr/societe/3108235-20210824-nord-combat-pere-contre-bizutage-apres-mort-fils">Simon Guermonprez, qu’il était étudiant</a> à la faculté de médecine de <a href="https://www.20minutes.fr/lille/">Lille, </a>et qu’il revenait de sa première soirée d’intégration. Un bizutage trop arrosé que la famille du jeune homme tient pour responsable du drame qui va être jugé devant le tribunal judiciaire de Lille mardi.</p><p>C’est le père de Simon, Daniel, qui raconte le déroulement de cette soirée dramatique. « Elle s’était déroulée dans un petit appartement dont l’adresse avait été tenue secrète. Un lieu non approprié pour 150 étudiants », explique-t-il. Reconnaissant qu’à l’époque, ils ne savaient pas exactement ce que signifiait le mot « bizutage », les parents de Simon avaient néanmoins des appréhensions. « Il nous a dit qu’il devait y aller car il pourrait ne pas recevoir ses cours pendant l’année s’il n’appartenait pas à un des 8 groupes constitués », se souvient Daniel.</p><figure><iframe title="Pourquoi les faits divers nous fascinent-ils autant ? " width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/qupx5u3/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>« Si tu bois pas, tu rentres pas dans notre groupe »</h2><p>Il ne reverra jamais son fils vivant. Selon son père, Simon quittera la soirée vers 23h30 et prendra un taxi pour rentrer au domicile familial. Mais au lieu d’aller se coucher, il « repartira vers la campagne puis vers un pont d’autoroute, où il perdra son portable, puis descendra de l’escalier du pont pour le récupérer », explique Daniel Guermonprez. C’est à ce moment qu’il a été heurté mortellement par un poids lourd.</p><p>De l’enquête, la famille de Simon va apprendre que les organisateurs de la soirée d’intégration lui avaient assigné l’objectif « d’ingurgiter 12 grosses seringues directement dans sa bouche ». Une quantité faramineuse, surtout pour un jeune homme qui « ne buvait pas d’alcool habituellement ». Malgré la menace - « si tu ne bois pas, tu ne rentres pas dans notre groupe » –, Simon avait dit « stop au bout de la 8e ou 9e dose ».</p><h2>Trois organisateurs et l’université poursuivis</h2><p>Au-delà de la mort tragique de leur fils, les parents de Simon ont fait de la lutte contre les bizutages un combat. « Notre objectif, lors du procès, est de faire comprendre aux organisateurs que leurs traditions insensées […] mettent leurs bizuts en position de grands dangers », insiste Daniel. C’est d’ailleurs au grand dam de la famille du jeune homme que les trois organisateurs mis en cause seront jugés pour « bizutage » et non pour « mise en danger de la vie d’autrui ».</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/societe/bizutage/">Notre dossier sur le bizutage</a></figure><p>L’université de Lille est aussi poursuivie dans ce dossier. Notamment parce que les plaignants estiment qu’elle a failli dans son devoir de prévention, qu’elle n’a pas rappelé l’existence de la charte ministérielle, qu’elle ne s’est pas renseigné sur le lieu et la date de la soirée ni sur la quantité d’alcool et la maîtrise de sa distribution.</p>