« Si on ne fait rien, cela va être un fléau »… Les bornes de recharge électrique pillées par les voleurs de cuivre

Published 5 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Si on ne fait rien, cela va être un fléau »… Les bornes de recharge électrique pillées par les voleurs de cuivre
<p>Dans leur malheur, la SNCF et Orange ne sont plus seuls. <a href="https://www.20minutes.fr/faits_divers/4177969-20251008-aveyron-vol-cables-paralyse-trafic-ferroviaire">Après les réseaux ferroviaires</a> et de téléphonie, les voleurs de cuivre s’attaquent désormais aux bornes de recharge pour voitures électriques. Depuis quelques mois, le phénomène, déjà observé au Royaume-Uni, au Portugal ou en Espagne, prend de l’ampleur avec plusieurs dizaines de cas recensés un peu partout sur le territoire. Le département <a href="https://www.20minutes.fr/societe/seine-et-marne/">de la Seine-et-Marne</a> est particulièrement touché avec plus d’une centaine de câbles qui ont été arrachés dans 25 stations fin novembre. </p><p>Cela a été le cas à Melun dans la nuit du 30 novembre où une borne de recharge rapide a été vandalisée. « Cela ne nous était jamais arrivé », indique Nicolas Denans, directeur de la communication du Syndicat départemental des énergies de Seine-et-Marne (SDESM), qui a porté plainte. <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/ille_et_vilaine">En Ille-et-Vilaine</a>, département jusqu&#x27;à présent épargné, les câbles de deux stations ont également été sectionnés depuis la mi-décembre. Le syndicat départemental d&#x27;Energie 35 a aussitôt porté plainte « afin de mobiliser les forces de l&#x27;ordre sur ce sujet émergent et éviter tout effet boule de neige. »</p><h2>Une facture salée pour les opérateurs et les collectivités</h2><p>Agissant très souvent la nuit, les malfaiteurs utilisent les applications pour localiser les bornes de recharge avant de passer à l’action. « Ils coupent le câble, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4128995-20241213-bretagne-gendarmerie-invite-population-denoncer-voleurs-cuivre">enlèvent le cuivre</a> et ils le revendent ensuite », détaille Alain Rolland, fondateur du réseau Stations-e et président de la commission IRVE (Infrastructures de recharge pour véhicules électriques) chez Mobilians, l’organisation patronale des métiers de l’automobile.</p><p>Particularité, les voleurs ne ciblent que les bornes de recharge rapide et ultrarapide, les seules à avoir du cuivre avec « entre quatre et cinq kilos » dans chaque câble. Un butin qu’ils revendront ensuite pour quelques dizaines d’euros. Mais pour les opérateurs qui déploient les bornes de recharge, le coût est bien supérieur. « On en a pour 5.000 euros de travaux de réparation », souligne Nicolas Denans. Dans deux grosses stations de recharge des Hauts-de-France visitées, la facture s’élève même à 120.000 euros pour remplacer les câbles en cuivre dérobés.</p><h2>Pénalisant aussi pour les utilisateurs</h2><p>Face à la recrudescence des vols, Mobilians sonne l’alerte auprès des autorités. « Si on ne fait rien, cela va être un fléau, assure Alain Rolland. Car cela coûte de l’argent d’installer des bornes et l’impact financier peut donc être très conséquent pour les entreprises et les collectivités en cas de vol. Il y a aussi le risque d’avoir des zones où les opérateurs ne voudront plus aller si les vols sont trop fréquents. »</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/voiture-electrique">Notre dossiers sur les voitures électriques</a></figure><p>Si les bornes sont hors service, cela risque aussi de décourager les utilisateurs<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/voiture-electrique"> de véhicules électriques</a> car remettre un câble ne se fait pas en un claquement de doigts. « Cela peut mettre entre quelques jours et un mois donc c’est très pénalisant, à la fois pour l’utilisateur, mais aussi pour l’image de l’entreprise », assure Alain Rolland. A Melun, la borne vandalisée n’a d’ailleurs toujours pas été changée avec « un manque à gagner de 1.000 euros » pour la SDESM, précise Nicolas Denans.</p><h2>Plusieurs solutions testées pour riposter</h2><p>Face à l’ampleur du phénomène, les acteurs de la filière cherchent la riposte. Avec dans les tuyaux quelques solutions technologiques. « Au Portugal, ils ont mis du Kevlar, un matériel très costaud, sur les câbles, détaille Alain Rolland. Cela fonctionne plutôt bien car cela ralentit les voleurs, mais cela coûte très cher. » Une solution pour marquer le cuivre volé avec une substance, comme cela se fait pour les billets de banque, a également été testée au Royaume-Uni, mais elle se révèle aussi très onéreuse.</p><p>Le développement de systèmes d’alarme directement en lien avec les forces de l’ordre ou de géolocalisation avec une balise dans les câbles est également à l’étude. « Il faut en tout cas trouver des solutions rapidement pour que ce fléau ne fragilise pas le développement de la mobilité électrique dans les territoires », prévient le fondateur de Stations-e.</p>