<p><a href="https://www.20minutes.fr/economie/4194671-20260107-paris-pourquoi-trouve-plus-ufs-magasins">La pénurie d’œufs</a> n’en finit plus de faire parler d’elle. Alors que la production de cette denrée désormais presque rare, en France, a augmenté d’un peu moins de 1 %, tandis que sa consommation a, elle, fait un bond de 5 % entre 2024 et 2025*, <a href="https://www.20minutes.fr/politique/annie-genevard/">la ministre de l’Agriculture</a> a affirmé, <a href="https://www.rmcbfmplay.com/video/bfm-tv/face-a-face/annie-genevard-face-a-apolline-de-malherbe?contentId=Product::NEUF_BFMTV_BFM1021019165687&universe=PROVIDER">sur RMC et BFMTV</a>, ce lundi matin, qu’il était « trop compliqué, aujourd’hui, d’installer des bâtiments d’élevage », en France.</p><p>« Parce que la réglementation est très contraignante, a-t-elle explicité. C’est comme si c’était un bâtiment industriel d’une industrie sensible. La France surtranspose, complique la vie des agriculteurs. » Par ailleurs, « les Français ne veulent plus voir de bâtiments d’élevage car ils considèrent que c’est un lieu où <a href="https://www.20minutes.fr/planete/maltraitance-animale/">on maltraite les animaux</a> », a-t-elle affirmé.</p><h2>FAKE OFF</h2><p>De fait, depuis 2018, <a href="https://agriculture.gouv.fr/egalim-1">la loi Egalim</a> interdit la construction de nouveaux bâtiments destinés à l’élevage de poules pondeuses en cage, en France. Une réglementation <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044489018">renforcée en 2021</a> par un décret interdisant « la réalisation de toute nouvelle construction de bâtiment » ou d’extensions de bâtiments existants « visant à accueillir des poules pondeuses en cages ».</p><p>« La transition des modes d’élevage est effectivement un frein à l’augmentation de la production d’œufs en France », confirme à 20 Minutes, Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l’œuf (<a href="https://oeuf-info.fr/">CNPO</a>) qui explique les tensions actuelles par la hausse de la consommation. « Et très peu de filières animales connaissent ça », indique-t-elle.</p><p>Perte de production, travaux, investissements financiers : le passage d’un élevage « en cage » à un élevage de plein air n’est pas sans incidence sur les capacités de production des éleveurs. « Il faut savoir qu’en passant de l’un à l’autre, un éleveur peut perdre jusqu’à 20 % de sa production », explique la responsable de l’interprofession des œufs.</p><h2>Des « contraintes très fortes » pour l’éleveur</h2><p>Si le pic de consommation constaté depuis 2023 a mis en branle les éleveurs existants en pleine transition, les difficultés d’approvisionnement seraient aussi liées au temps nécessaire à l’installation de nouveaux venus dans la profession. « Pour installer un nouvel élevage, il faut passer plusieurs étapes : obtenir un prêt bancaire, trouver un partenaire pour acheter sa production, répondre aux contraintes techniques et sanitaires, et en fonction de la taille de son projet, lancer une consultation publique. Ce sont des contraintes très fortes qui pèsent sur l’éleveur qui se lance généralement seul », détaille Alice Richard. Au total, entre le moment où l’éleveur prend la décision de se lancer, et celui de la mise en route effective de sa production, « il peut se passer un an et demi à deux ans », assure-t-elle.</p><p>Mais pour la responsable du CNPO, comme le soulevait la ministre de l’Agriculture, le véritable enjeu se trouve du côté de « l’acceptabilité sociale » : « Beaucoup de consommateurs sont, aujourd’hui, très attentifs à la provenance des produits qu’ils consomment. Mais, <em>a contrario</em>, ils sont nombreux à être réticents à l’idée d’avoir des poulaillers à côté de chez eux, même s’il s’agit de petites structures. » La faute à une méconnaissance du secteur, estime-t-elle. « Et cela concerne toutes les filières animales. »</p><h2>300 nouveaux poulaillers par an d’ici à 2030</h2><p>En 2025, la France, premier producteur européen<a href="https://oeuf-info.fr/les-chiffres-cles/"> avec 15,4 milliards d’œufs</a> produits chaque année, comptait près de 3.000 éleveurs de poules pondeuses « qui produisent, en moyenne, 5 millions d’œufs par an », précise la directrice du CNPO.</p><figure><iframe title="Est-ce que le ramadan a vraiment causé une pénurie d'œufs en France ? " width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/xz3qrk3/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Avec un taux d’auto-approvisionnement, c’est-à-dire de production française consommée directement en France, de 95 %, il faudrait donc, pour répondre à la demande actuelle, pouvoir assurer la production de 300 millions d’œufs supplémentaires par an. Et pour tenir le cap, au moins 300 nouveaux poulaillers devraient voir le jour d’ici à 2030. « Mais nous sommes sur la bonne voie, soutien Alice Richard. En 2026, nous en sommes déjà à une centaine de plus. »</p><figure> </figure><p><em>(*) Selon les chiffres transmis à 20 Minutes par le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO)</em></p>
La pénurie d’œufs est-elle due à une « réglementation très contraignante » comme l’assure la ministre de l’Agriculture ?
Published 23 hours ago
Source: 20minutes.fr
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