<p><strong><em>A la cour d’appel de Paris,</em></strong></p><p>On prend les mêmes, ou presque, et on recommence. Neuf mois après le procès en première instance de Marine Le Pen, du Front national (au moment des faits) et de 24 autres membres du parti, dix des prévenus qui ont fait appel <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4194822-20260112-proces-marine-pen-tout-comprendre-affaire-laquelle-cheffe-file-rn-joue-avenir">sont de retour devant la justice à partir de ce mardi</a> dans l’affaire des assistants au Parlement européen.</p><p>Fini les salles modernes et fonctionnelles du tribunal des Batignolles : les dix prévenus (Catherine Bizet a renoncé à son appel) ont pris place dans la première chambre de la cour d’appel du tribunal de l’île de la Cité, où la peinture intitulée <em>La justice éclairant la vérité et protégeant l’innocence contre le mensonge et la calomnie</em> de Léon Bonnat s’impose comme une injonction. L’œuvre de plusieurs mètres observe la salle depuis l’immense plafond chargé, orné de dorures et de lustres. Ces derniers, suspendus au-dessus des bancs des avocats, écrasent leurs clients, à la manière des charges qui pèsent sur eux. Le détournement de fonds publics « est au sommet de l’infraction que l’on peut reprocher à un élu », rappelait le matin même Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen, sur <a href="https://www.franceinfo.fr/politique/front-national/affaire-des-assistants-fn-au-parlement-europeen/proces-en-appel-du-rn-on-est-au-sommet-de-l-infraction-que-l-on-peut-reprocher-a-un-elu-estime-patrick-maisonneuve-avocat-du-parlement-europeen_7738348.html">France Info</a>.</p><h2>Changement de stratégie</h2><p>Avant l’arrivée de la cour, on se serre la pince, on se salue, parfois on évite le regard du voisin. Entre les avocats et les différents prévenus, cadres et membres du parti, ce sont les grandes retrouvailles. Règne une ambiance de bistrot qui dénote avec le sérieux de ce qui va suivre. En première instance, le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus. Une somme qui représente le montant des enveloppes allouées par le Parlement européen pour embaucher les assistants des eurodéputés, lesquels auraient en réalité travaillé pour le parti.</p><p>Dans la salle comble, chacun trouve sa place attitrée. Bruno Gollnisch arrive en dernier. Marine Le Pen, elle, <a href="https://www.20minutes.fr/politique/4195677-20260112-proces-marine-pen-empecher-etre-candidate-profondement-inquietant-democratie-dit-bardella">joue son avenir politique</a>. Elle risque d’être condamnée, comme en première instance, à une peine d’inéligibilité applicable immédiatement, qui, en fonction de sa durée, pourrait l’empêcher de se présenter à de futures élections, présidentielle ou législatives. « J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel », a-t-elle glissé dans la matinée, <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4195807-20260113-proces-rn-marine-pen-etat-esprit-esperance-juste-avant-audience-tant-attendue">se disant « dans un état esprit d’espérance</a>, en quelque sorte… ».</p><p>Dans un élégant costume bleu - marine - superposé à une blouse rose fluide, la cheffe de file du <a href="https://www.20minutes.fr/politique/rassemblement-national/">Rassemblement national</a> à l’Assemblée adopte une position discrète face à la présidente du tribunal, Michèle Agi. Elle acquiesce de la tête, se tient droite, les mains jointes. Elle est assistée d’une nouvelle avocate, Me Sandra Chirac-Kollarik, en plus de son conseil historique, Me Rodolphe Bosselut. De quoi traduire un changement de stratégie par rapport <a href="https://www.20minutes.fr/politique/4123628-20241127-proces-assistants-rn-ultime-defense-marine-pen-face-demande-elimination-politique">à la première instance</a>, où lui avait notamment été reproché de prendre trop de place. En espérant un dénouement plus clément ?</p><h2>Un délit, quel délit ?</h2><p>Après une journée principalement (peu) rythmée par un rappel des faits de plus de 3h30, les prévenus prennent enfin la parole. Marine Le Pen en tête. « Nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit », argue-t-elle dans ce décorum imposant.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/politique/marine-le-pen/">Tout notre dossier sur Marine Le Pen</a></figure><p>Promettant de s’en expliquer lors de la journée et demie qui sera consacrée à son audition, elle affirme à la barre qu'« en 2004, 2009 et 2014, nous avons embauché nos propres assistants, mutualisés nos assistants, du fait du nombre de députés que nous étions », faignant l’ignorance de l’existence d’un délit.</p><figure> </figure><p>Jouant la carte de la naïveté, elle accuse alors le Parlement européen de n’avoir « pas joué son rôle d’alerte tel qu’il aurait dû le jouer. Il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs. N’avons jamais rien dissimulé. » Le procès doit durer jusqu’au 11 février, avant une décision attendue à l’été.</p>
A son procès, Marine Le Pen joue la carte de l’ignorance et accuse le Parlement européen de n’avoir « pas joué son rôle »
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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