<p>Le scandale de trop pour Nestlé ? Le géant suisse de l’agroalimentaire est, encore, dans la tourmente. Il est au <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4197176-20260121-laits-infantiles-nestle-enquete-sanitaire-ouverte-apres-deces-bebe">cœur d’investigations après le décès d’un bébé</a> ayant consommé du lait infantile. Une vaste opération de <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4195307-20260109-nestle-cinquantaine-pays-desormais-touches-rappel-lait-infantile">rappel des marques Guigoz et Nidal</a> est organisée à cause de la présence potentielle d’une bactérie, <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4196874-20260119-cereulide-toxine-suspectee-avoir-contamine-laits-infantiles-nestle">Bacillus cereus</a>, en France, et dans une soixantaine de pays.</p><p>Si le patron de Nestlé, Philipp Navratil, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4196099-20260114-patron-nestle-presente-excuses-rappel-laits-infantiles-monde-entier">a présenté des excuses</a> mi-janvier, le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures. Un nouvel épisode de scandale sanitaire qui pourrait mettre un coup à la confiance des consommateurs envers les produits du groupe.</p><h2>Une galaxie de marques</h2><p>Mais « les consommateurs ne font pas forcément le lien » entre les différentes marques du groupe, souligne Cécile Désaunay, directrice d’études à Futuribles et autrice de <em>La Société de déconsommation </em>(Alternatives). Et donc, ne rapprochent pas nécessairement les scandales qui l’ont éclaboussé, qu’il s’agisse du lait infantile, <a href="https://www.20minutes.fr/economie/4192432-20251219-perrier-autorise-continuer-produire-eau-minerale-naturelle-gard">des bouteilles Perrier</a> qui ne respectent pas vraiment les normes sanitaires de l’eau minérale, des <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4099834-20240705-pizzas-buitoni-contaminees-nestle-france-annonce-mise-examen">pizzas Buitoni contaminées</a> à la bactérie Escherichia coli ou des <a href="https://www.20minutes.fr/economie/1241203-20131024-20131024-viande-cheval-nestle-nouvelle-victime-collaterale-france">lasagnes à la viande de cheval</a>.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/kdT98FfHQcm2WGcWzetZrSk/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><p>Car Nestlé, c’est une <a href="https://www.20minutes.fr/economie/4154248-20250519-scandale-eaux-minerales-boycott-reputation-grands-groupes-comme-nestle-peuvent-vraiment-couler">véritable galaxie de marques</a>. Rien que pour Nestlé Waters, on peut citer Quézac, San Pellegrino, Vittel, Contrex, Hépar… Côté alimentaire aussi, on retrouve des emballages bien placés dans les rayons des supermarchés comme les produits Maggi, les confiseries Lion, Crunch, Galak, KitKat ou les céréales Cheerios, Chocapic, Golden Grahams. Sans oublier les produits estampillés Nestlé (Nestlé dessert, Nescafé, Nespresso, Nesquik…). Par ailleurs, un tel groupe est largement « capable de faire face à ce genre de scandales et la marque a une forte résistance », ajoute Caroline Marti, professeur au Celsa Sorbonne Université.</p><h2>Plus il y a de produits, plus il y a de risques</h2><p>A leur décharge, « pour une entreprise aussi grande qui abrite autant de marques, ce n’est pas étonnant que de temps en temps des scandales sanitaires éclosent, même si en l’occurrence, il y a eu une accumulation en peu de temps », nuance Caroline Marti. Alors oui, si les consommateurs font le lien entre les marques filles et mères, donc entre la marque du produit et le groupe, « il y a de plus grands risques de répercussions globales », développe-t-elle.</p><p>A noter, par ailleurs, que ces différentes affaires ne relèvent pas des mêmes soupçons, entre un accident sanitaire et l’intention de nuire dont est soupçonné Nestlé sur <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4154227-20250519-scandale-eaux-minerales-dissimulation-etat-selon-commission-enquete-senatoriale">l’affaire des eaux minérales</a>. Le résultat est toutefois le même pour les consommateurs : ils ne peuvent plus avaler ce qu’ils ont dans leur assiette, ou leur verre, en toute sérénité.</p><h2>Une confiance affaiblie</h2><p>Eau, nourriture, lait pour bébé… Ces produits concernés « touchent à notre imaginaire puisqu’ils sont liés à des questions de bien commun », note Caroline Marti. C’est pourtant le contrat de confiance qui est tacitement passé avec le consommateur quand celui-ci accepte de débourser plus pour un produit de marque par rapport à sa version low cost. « Ce n’est pas qu’une question de publicité ou de marketing, le consommateur va acheter plus cher pour une question de valeur de sécurité du produit, alors quand un accident affecte cette valeur, cela va avoir des répercussions sur l’image de la marque », explique à son tour Rémy Gérin, professeur de marketing à l’Essec.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/nestle">Tous nos articles concernant Nestlé</a></figure><p>Le contexte n’est pas idéal pour Nestlé. Le marché des produits pour enfants, du fait du <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4165078-20250724-demographie-plus-deces-naissances-france-quoi-va-ressembler-population-2070">vieillissement de la population</a>, est en déclin. L’heure est par ailleurs à la défiance envers les productions industrielles quand l’intérêt pour les circuits courts croît. D’autant que le producteur suisse est loin d’être le seul concerné par ces scandales et rappels de produits. Ce mercredi, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4197211-20260121-lactalis-rappelle-six-lots-lait-infantile-france-17-autres-pays">Lactalis a ainsi à son tour annoncé un vaste rappel</a> du lait infantile de la marque Picot en France. Rien qu’entre ce lundi et ce mercredi, une quinzaine de produits alimentaires ont fait l’objet d’un signalement sur <a href="https://rappel.conso.gouv.fr/categorie/1/1">le site du gouvernement Rappel Conso</a>. Alors moins d’un Français sur deux a aujourd’hui confiance dans les produits alimentaires proposés, selon une étude réalisée par Appinio pour le collectif <a href="https://www.en-verite.fr/">En Vérité</a> en 2024.</p><figure> </figure><p>Mais si vous faites le choix de vous détourner des grandes marques, sachez que le producteur du coin « ne va pas forcément mieux respecter la chaîne du froid », pointe Rémy Gérin. On pense notamment à de <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4109345-20240910-botulisme-repas-famille-pesto-sait-cinq-cas-potentiels-actuellement-reanimation">récents cas de botulisme</a>. Quand un accident arrive à échelle industrielle, il y aura simplement plus de gens touchés, donc plus de gens pour s’en plaindre.</p>
Lait infantile contaminé, Perrier, pizzas Buitoni… Les consommateurs vont-ils se détourner de Nestlé ?
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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