Procès en appel du RN : « Vous êtes quand même avocate… » Marine Le Pen bousculée au deuxième jour de son interrogatoire

Published 3 hours ago
Source: 20minutes.fr
Procès en appel du RN : « Vous êtes quand même avocate… » Marine Le Pen bousculée au deuxième jour de son interrogatoire
<p><em><strong>A la cour d’appel de Paris,</strong></em></p><p><a href="https://www.20minutes.fr/politique/marine-le-pen/">Marine Le Pen</a> a-t-elle connu un sommeil agité ? La cheffe de file du <a href="https://www.20minutes.fr/politique/rassemblement-national/">Rassemblement national </a>a été contrariée, mardi, <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4197052-20260120-proces-rn-jamais-vie-marine-pen-defend-tout-systeme-affaire-assistants">lors du premier jour de son interrogatoire</a> au procès en appel des assistants d’eurodéputés FN. Sous le feu des questions de la présidente, Michèle Agi, elle a parfois semblé en difficulté face aux accusations de détournement de fonds publics. La députée d’Hénin-Beaumont est, ce mercredi matin, de retour dans la première chambre du palais de justice. Après quelques salutations, retour à la barre. La cour s’intéresse plus précisément aux tâches effectuées par les assistants parlementaires européens, accusés d’avoir en réalité travaillé pour le Front national.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/0kVEdSjLSkqp-E7BSLsRFyk/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><h2>« Vous êtes quand même avocate… »</h2><p>L’audience débute avec le cas de Catherine Griset, assistante parlementaire de l’eurodéputée Marine Le Pen de 2010 à <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/2016">2016</a>, mais également au cabinet de la cheffe du Front national.</p><p>- « Lorsqu’elle est devenue votre assistante parlementaire, qui l’a remplacée à cette tâche au sein de votre cabinet ? », interroge la présidente.</p><p>- Dans le suivi du dossier, on a l’impression que Catherine Griset est seule, mais j’ai un cabinet, un directeur de cabinet, un chef de cabinet, des conseillers… j’ai du monde autour de moi », balaie Marine Le Pen.</p><p>- Il y avait beaucoup de personnes d’accord, mais pourquoi est-elle maintenue dans l’organigramme du parti et dans l’annuaire ? On a le sentiment qu’elle continue d’effectuer les tâches pour vous au sein du parti… »</p><p>Marine Le Pen évoque un annuaire de « gens qui ont un bureau au siège. Et son activité d’assistante parlementaire était au siège », dit-elle. Comme lors de son premier jour d’audition, la patronne du groupe RN à l’Assemblée nie les faits qui lui sont reprochés et réplique, bec et ongles, aux accusations. Mais Michèle Agi multiplie les flèches, inlassablement, pour pointer les contradictions de l’accusée.</p><p>- « Vous dites qu’elle était &#x27;&#x27;la porte d’entrée de Marine Le Pen&#x27;&#x27;, c’est qu’elle travaillait pour vous ? »</p><p>- Elle l’a fait de manière résiduelle ; elle a peut-être, je l’admets, réservé un avion pour la présidente du FN, confesse Marine Le Pen. Et quand on lui demande un rendez-vous avec moi, on ne va pas lui demander si c’est avec Marine Le Pen l’eurodéputée ou la présidente du parti… »</p><p>Le statut de Catherine Griset l’obligeait pourtant à résider à <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/bruxelles">Bruxelles</a>, remarque la présidente. Ce qui n’était pas le cas. « Dans ce cadre-là, comment pouvez-vous expliquer qu’elle n’a fait que son travail parlementaire ? », cingle Michèle Agi. Marine Le Pen évoque une « négligence ». « Il y a des règlements. Vous êtes quand même avocate de profession… », soupire la présidente.</p><h2>« Je ne suis pas hypermnésique »</h2><p>L’interrogatoire se poursuit sur les activités d’autres assistants parlementaires. Comme Thierry Légier, également garde du corps. A plusieurs reprises, la présidente fait la moue et s’étonne ou s’agace des réponses de l’accusée. « J’entends que pour vous, c’est un contrat à temps partiel, même s’il est indiqué à temps plein, mais bon… », dit-elle. C’est au tour des questions de l’avocat du <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/parlement_europeen">Parlement européen</a> et des avocats généraux. Le premier revient sur l’échange de mails accablant entre l’ex-eurodéputé FN Jean-Luc Schaffhauser et l’ancien trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, évoquant un risque d&#x27;« emplois fictifs ». « Marine sait tout cela », écrivait ce dernier. « C’est le mot magique, &#x27;&#x27;Marine sait tout cela&#x27;&#x27;, pas la peine de continuer… S’il avait pris ça au sérieux, il m’en aurait parlé, ce qu’il n’a pas fait », maintient l’ex-patronne du mouvement.</p><p>Un document est ensuite évoqué, issu d’un fichier de l’ancien trésorier du FN, datant de 2009 et modifié en 2015. Il est intitulé « Payés autrement ». Y sont inscrits les assistants parlementaires et, dans une autre colonne, les sources de financement. Avec cette mention : « Europe ». Le parquet tente de prouver le « système » mis en place par le parti. « Que des assistants parlementaires européens soient payés par l’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/europe">Europe</a> me paraît cohérent », ironise Marine Le Pen. L’avocat général ironise à son tour lorsqu’il évoque les personnes travaillant à titre bénévole pour le Front national, dont un certain Julien Odoul. « Je connaissais la notion de travail fictif mais pas celle de salarié clandestin… », pique le magistrat.</p><p>L’audience s’étire toute l’après-midi, non sans des impressions de déjà-vu. Seule, debout au milieu de la cour, Marine Le Pen ne montre pas de signe de lassitude et s’en sort parfois par des pirouettes. Comme sur cet « oubli » d’une rencontre avec Julien Odoul avant son recrutement. « Je ne suis pas hypermnésique », dit-elle. L’ex-patronne du Front national revient aussi à plusieurs reprises sur la « zone grise » de l’activité des assistants parlementaires, payés par les fonds européens mais militants au sein du parti. « Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur ? Nous étions totalement de bonne foi ». Les juges en décideront avant l’été à l’issue de ce procès en appel, qui doit se tenir jusqu’au 12 février.</p>