<p>« Son football et ses valeurs méritaient plus que des articles », Salim Lamarani, ancien traducteur de Marcelo Bielsa et supporter de l’OM en a donc fait un livre. A la veille d’<a href="https://www.20minutes.fr/guide-achat/4197027-20260121-marseille-liverpool-heure-chaine-regarder-match-mercredi">OM-Liverpool</a> et au moment d’interviewer l’<a href="<em>https://fr.wikipedia.org/wiki/S</em>alim_Lamrani">auteur du Football selon Robert De Zerbi</a> (Marabout) issu d’une série d’entretiens avec le coach de l’<a href="https://www.20minutes.fr/sport/om/">Olympique de Marseille</a>, nous trottait cette question en tête : Méditerranéen invétéré, ultra inconditionnel, gosse des rues… « <a href="https://www.20minutes.fr/sport/football/roberto-zerbi/">De Zerbi</a> l’<a href="https://www.20minutes.fr/sport/ultras/">ultra</a> est-il l’entraîneur le plus "Marseille compatible" de ces dernières années ? »</p><p>Dix-huit mois après son arrivée à l’OM, la promesse de l’entraîneur italien de pratiquer un football aligné sur les valeurs du club et sa devise « droit au but » semble tenue avec <a href="https://www.transfermarkt.fr/olympique-marseille/spielplan/verein/244/saison_id/2025">six matchs à plus de cinq buts en 27 parties disputées cette saison</a> et <a href="https://www.transfermarkt.fr/roberto-de-zerbi/stationen/trainer/32157/plus/1">une moyenne de 2,41 buts par match en Ligue 1</a> - un rendement offensif plus vu du côté du Vélodrome depuis une cinquantaine d’années.</p><figure><iframe title="Rolland Courbis, personnage emblématique du football français, est mort à 72 ans" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3533lqr/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Autrement dit, RDZ régale malgré une poignée de lourdes contre-performances. Pour retrouver autant d’enthousiasme à Marseille, sans doute faut-il remonter à la saison 2014-2015 de Marcelo Bielsa. Et comme l’historien et universitaire Salim Lamrani a été l’interprète et « discipline coach » de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/marcelo_bielsa">Marcelo Bielsa</a> au LOSC, puis à Leeds United, et avec lequel il a également écrit un livre, autant lui poser directement ces questions.</p><h2>Qu’est ce qui vous a le plus marqué durant ce temps passé avec De Zerbi pour la rédaction de ton livre ?</h2><p>Roberto De Zerbi est littéralement habité par le football. Il est passionné par son métier au point que cela relève presque d’une nécessité vitale. Il ne pourrait pas être heureux sans le football. Il est fidèle à ses idées et à son style de jeu et n’y renoncerait pour rien au monde. Il ne négocie ni ses principes ni ses valeurs. Pour lui, le seul football concevable est le football offensif, esthétique et courageux, fondé sur la possession et la prise d’initiative.</p><h2>Y a-t-il eu un moment où vous vous êtes dit : « RDZ est un fou de foot » et qui a déclenché l’envie de faire ce livre avec lui ?</h2><p>J’ai connu Roberto De Zerbi en 2017, lorsqu’il était venu à Lille pour assister à une semaine d’entraînement avec Marcelo Bielsa. A l’annonce de sa signature à l’Olympique de Marseille, j’en ai été ravi en tant que supporter. J’ai alors écrit plusieurs articles à son sujet pour la presse sportive argentine. Puis je me suis dit que ses idées, son football et ses valeurs méritaient davantage que quelques articles et je lui ai proposé d’écrire un livre ensemble.</p><h2>Vous avez été le traducteur de Bielsa à Lille et Leeds. Quoique très différent de De Zerbi, dans l’attitude, l’âge, le milieu social d’origine, peut-on y voir une sorte de filiation dans l’approche philosophique du jeu, presque politique du foot ?</h2><p>Tous deux partagent le même amour pour le football offensif. Ils sont passionnés par leur métier et vivent avant tout pour les émotions. Ils sont très attachés au peuple des tribunes et aux catégories sociales les plus défavorisées. Pour eux, les supporters sont le cœur battant du football, qui n’existerait tout simplement pas sans eux.</p><h2>A l’inverse sur quoi s’opposent-ils ?</h2><p>Chaque entraîneur à ses propres spécificités. Roberto De Zerbi cherche à dominer le jeu par la possession, avec un contrôle permanent du ballon. La prise de risque est réfléchie, liée à une structure très précise. Son approche est plus calme, plus analytique. La sortie de balle est patiemment construite, avec une recherche constante de supériorité numérique ou positionnelle. Son jeu est très structuré, tout en laissant une grande liberté dans les trente derniers mètres.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/sport/om/">Tous nos articles sur l'OM</a></figure><p>Marcelo Bielsa privilégie la domination par la verticalité et un pressing constant. Il favorise la progression rapide plutôt que la possession, même si celle-ci reste importante. Le risque est plus élevé dans son football, marqué par une intensité extrême. Son jeu repose sur un engagement total : sorties de balle rapides, recherche permanente du un-contre-un, automatismes collectifs. Le football de Bielsa est un message idéologique, une expression de courage absolu, où l’on préfère mourir avec ses idées plutôt que de les renier.</p><h2>De Zerbi est un ancien ultra de Brescia, comment cela se traduit-il dans son comportement, son quotidien, ses analyses ? En somme, en quoi De Zerbi est aujourd’hui encore un « ultra » ?</h2><p>C’est un homme des virages, un homme du peuple, direct, loyal. Il aime le peuple des tribunes, en particulier dans les clubs populaires comme l’OM. Il a grandi dans la rue et en a intégré les codes. Avec lui, la parole donnée est sacrée. C’est quelqu’un de généreux, qui donne beaucoup et qui se fie à son intuition. Il déteste les égoïstes et les opportunistes. Cette mentalité est liée à sa culture ultra.</p><h2>Justement qu’est-ce qu’être « ultra » selon vous ? Est-ce avoir d’abord une vision presque politique du foot ?</h2><p>Un ultra est un supporter inconditionnel de son club. Il soutient son équipe du début à la fin, quelles que soient les circonstances. Il est totalement identifié à ses couleurs. Il est présent dans les moments de joie comme dans l’adversité, à domicile comme à l’extérieur. Il anime le match en permanence. Il appartient à une organisation collective et respecte un code d’honneur fondé sur des valeurs fortes. Être ultra, c’est faire preuve de fidélité absolue à son blason et à ses principes.</p><h2>Il y a eu cette photo où RDZ porte une veste CP et des TN dans un style ultra qui a pas mal buzzé… Cela favorise-t-il une identification des supporters, à son coach, au club et à la ville ?</h2><p>Avant d’être entraîneur de l’Olympique de Marseille, Roberto De Zerbi est un ultra de Brescia. Et cela ne changera jamais. Il est animé par une passion profonde. Il se reconnaît totalement dans la ville de Marseille, dont le tempérament lui correspond : Intense, indocile, non-conformiste, et souvent en opposition avec toute forme d’autorité.</p><figure> </figure><h2>Avez-vous pu observer une « évolution », une « acclimatation » de RDZ, à l’OM depuis dix-huit mois maintenant ?</h2><p>Il est désormais totalement imprégné de l’identité marseillaise. Il respire l’air de la ville et en a compris les codes. Il sait que tout est plus difficile à Marseille, mais tout est aussi plus intense et plus beau. Il entretient d’excellentes relations avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia et dispose des conditions idéales pour se consacrer pleinement à son football.</p><h2></h2>
OM-Liverpool : « De Zerbi l’ultra » est-il l’entraîneur le plus « Marseille compatible » de ces dernières décennies ?
Published 3 hours ago
Source: 20minutes.fr
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