« Ça fait dix ans qu’on ne peut pas faire notre deuil », la famille de Guillaume Molinet attend toujours des réponses

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Ça fait dix ans qu’on ne peut pas faire notre deuil », la famille de Guillaume Molinet attend toujours des réponses
<p>« Après dix ans, chaque jour, on pense à Guillaume », soutient Florence Molinet. Il y a dix ans, cette mère de quatre enfants a enterré leur père. Dix ans qu’elle et toute la famille de cet homme décédé à l’âge de 49 ans, le 17 janvier 2016, attendent des réponses. <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1804675-20160311-essai-therapeutique-mortel-beaucoup-choses-cachees">Guillaume Molinet</a>, ce « personnage attachant aux tendances artistiques », comme le décrit ce lundi devant la presse sa mère, Jacqueline, est mort après avoir participé à un essai clinique à <a href="https://www.20minutes.fr/rennes/">Rennes</a> pour le compte du laboratoire portugais Bial.</p><p>En juillet 2023, le laboratoire et le médecin responsable de l’essai ont été mis en examen par le parquet de Paris pour <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/homicide_involontaire">homicide involontaire</a> et blessures involontaires. Car en plus de Guillaume Molinet, quatre autres participants, jugés pourtant sains, ont subi des séquelles plus ou moins sérieuses.</p><h2>Une surdose en question</h2><p>Ce sont les conclusions d’un rapport de sept experts, six ans après les faits, qui ont abouti à cette avancée dans l’instruction. Pas moins de 4.000 lames ont été étudiées et huit pays sollicités, assure l’avocat de la famille Molinet, Me Jean-Christophe Coubris. Le 10 janvier 2016, après avoir reçu plusieurs doses d’une molécule censée bloquer une enzyme afin d’atténuer la douleur, Guillaume Molinet entre à l’hôpital dans un état grave.</p><p>Il subit alors toutes sortes d’examens « visant à montrer que son hémorragie du tronc cérébral n’était pas liée à l’essai thérapeutique, mais à une condition antérieure, on l’a même accusé d’avoir consommé de la drogue », dénonce Jean-Christophe Coubris. Pourtant, « les tests effectués prouvent qu’il n’y avait aucune drogue » dans son organisme, « la seule substance était la molécule » de l’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/essai-therapeutique">essai thérapeutique</a>, soutient encore l’avocat.</p><p>Le lendemain, dans l’incompréhension générale de la famille, l’essai thérapeutique se poursuit. Sur les cinq autres participants, quatre finissent à l’hôpital. « On ne comprend pas pourquoi on leur a administré des doses aussi importantes », questionne le conseil, soupçonnant le laboratoire d’avoir organisé un essai thérapeutique « sans savoir ce qu’il cherchait vraiment ». Le rapport des experts a été critiqué, la partie mise en examen a demandé une expertise complémentaire. De quoi ajouter au moins un ou deux ans à la procédure en cours.</p><h2>Colère et incompréhension</h2><p>Pour la famille, le sentiment qui prime « c’est la colère », martèle Jacqueline Molinet. « Ce n’est pas normal que l’on veuille poursuivre au maximum des examens sur un être humain pour lui incomber la responsabilité de son décès ! », s’insurge la mère meurtrie.</p><p>La famille n’a pas demandé de compensation, ne s’est jamais renseignée sur une indemnisation. « Nous voulons la juste vérité et que les responsables soient punis », insiste Jacqueline Molinet. Son fils, Victor, avait 16 ans quand il a perdu son père. Dix ans plus tard, même s’il sait que « la justice prend du temps », il juge « bon que les coupables soient désignés ».</p><p>« Dix ans c’est trop long », ajoute sa sœur, Adèle, à ses côtés. « Ça fait dix ans qu’on ne peut pas faire notre deuil, pour nous, c’est hyperdur », souffle-t-elle, la gorge nouée. Et même si « dix ans c’est beaucoup », Jacqueline l’assure : « S’il faut encore attendre dix ans, on attendra ».</p>