<p>Mercredi dernier, le monde autour de Sylvie* s’est écroulé après un simple coup de téléphone. A l’autre bout du fil, un enquêteur de la <a href="https://www.20minutes.fr/societe/violences-sur-mineurs/">brigade des mineurs</a> de <a href="https://www.20minutes.fr/lille/">Lille </a>lui demande si elle est bien la maman d’un petit garçon qu’elle aurait fait garder par un baby-sitter le 31 juillet 2023. Hélas, tout concorde. « J’avais eu recours à la plateforme Nounou Top pour faire <a href="https://www.20minutes.fr/faits_divers/4171078-20250903-charente-baby-sitter-mis-examen-plusieurs-viols">garder mon bébé</a> qui avait 5 mois. J’ai eu plusieurs propositions, mais le profil que j’ai retenu inspirait confiance », explique à <em>20 Minutes</em> Sylvie.</p><p>Le profil en question, c’est celui de C.O., un homme âgé aujourd’hui de 36 ans, petite barbe et lunettes, qui présente bien. Titulaire d’un diplôme d’Etat d’éducateur de jeunes enfants, il met en avant son expérience au sein de plusieurs crèches et dans des pouponnières de l’aide sociale à l’enfance, où sont placés par la justice les enfants en danger. Sur son profil LinkedIn, C.O. évoque un emploi salarié à Veyrier, en Suisse, entre octobre 2019 et février 2022, dans l’une des crèches de la chaîne Pop e Poppa. Sauf que pendant cette période, il n’était pas en Suisse, mais incarcéré dans une prison française.</p><figure><iframe title="Viols sur mineurs : Interview de Rosemonde Pierre-Louis « Je ne suis pas ta mère »" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/qkxzrkz/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>Cinq ans de prison pour agression sexuelle sur mineur</h2><p>En effet, C.O. avait été condamné, le 8 octobre 2020, pour « agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans », des faits remontant à l’été 2019. A l’époque, il gardait les deux enfants d’un couple de Niçois, une fillette de 6 ans et un petit garçon de 30 mois. C’est d’ailleurs le petit garçon qui avait révélé les faits à ses parents, permettant l’interpellation du baby-sitter. A son procès, il avait reconnu l’agression sexuelle, mais aussi confessé ses penchants pédocriminels et zoophiles, « sans oublier la collection de couches-culottes sales qu’il gardait chez lui », se souvient auprès de <em>20 Minutes</em> une source proche du dossier niçois.</p><p>Pour ça, C.O. avait pris cinq ans de prison et cinq ans d’obligation de suivi sociojudiciaire et l’interdiction d’exercer une profession en lien avec des enfants. Il a été aussi, de fait, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/2263947-20180430-video-meurtre-angelique-quoi-sert-fichier-delinquants-sexuels-lequel-suspect-inscrit">inscrit au fichier des délinquants sexuels </a>(FIJAIS). « Un véritable scandale alors que le procureur de l’époque avait requis six ans de prison », enrage la même source, laquelle avait « vu en lui le visage d’un pédophile et la chronique d’une récidive annoncée ». Néanmoins, personne n’avait fait appel de la condamnation, ni le mis en cause, ni les parties civiles, ni même le parquet.</p><h2>Traque ses proies sur une plateforme peu regardante</h2><p>Selon nos informations, C.O. sort de prison mi-2023, « déduction faite de sa détention provisoire ». Aussitôt dehors, il s’installe dans le Nord, à Tourcoing, pour se racheter une virginité. L’interdiction d’exercer tout métier en lien avec les enfants le force à changer d’orientation professionnelle. Il reprend ainsi des études, en commerce, achats et marketing en alternance, jusqu’à atteindre le niveau Master 1 (Bac + 5). Mais son attrait pour les enfants est plus fort que la décision de justice et il s’inscrit, dès sa sortie de prison, sur la plateforme Nounou Top, qui met en relation des familles avec des baby-sitters.</p><p>Cette plateforme, pourtant très réputée, ne vérifie absolument pas les antécédents et les références des personnes qui s’y inscrivent comme <em>20 Minutes</em> a pu le constater. Ce n’est d’ailleurs pas une obligation légale pour ce type de service, puisque aux yeux de la loi, l’employeur est la famille de l’enfant et non la plateforme. Selon nos informations, outre garder des enfants via Nounou Top, C.O. fait aussi des baby-sittings « au black » en passant directement par Facebook.</p><p>Puis un fait étrange se produit le 18 mai dernier. Ce jour-là, C.O. avoue à son voisin ses antécédents de délinquant sexuel, lui confie son besoin de passer de nouveau à l’acte et lui demande de contacter la source proche du dossier niçois citée plus haut. « Ça ne m’a pas étonné tant j’étais persuadée qu’il récidiverait, alors j’ai conseillé au voisin de déposer plainte au commissariat de Tourcoing et j’ai de mon côté saisi le parquet de Nice », nous explique cette source.</p><h2>Plainte de parents d’un enfant d’un an</h2><p>Contacté par <em>20 Minutes</em>, le parquet de Nice ne s’est pas exprimé sur la sollicitation de notre source. Le parquet de Lille n’en fait pas état non plus, en revanche, il confirme l’intervention d’un voisin de C.O. dans cette affaire. C’est lui qui a révélé que le mis en cause gardait « des enfants chez lui dans le cadre d’une activité de baby-sitting », précise le parquet de Lille à <em>20 Minutes</em>. Pour avoir enfreint les règles de son suivi sociojudiciaire lui interdisant d’exercer un métier en lien avec des enfants, C.O. encourait une peine de trois ans de prison supplémentaires. Le juge d’application des peines lui en a collé les deux tiers, renvoyant C.O. le 9 janvier en prison pour deux ans.</p><p>Mais ce n’est pas pour cela qu’il avait été placé en garde à vue le 7 décembre. Le parquet de Lille assure que « de nombreuses investigations sont en cours », visant notamment « à déterminer si d’autres mineurs ont été victimes ». Selon nos informations, non confirmées par le parquet, l’interpellation de C.O. est la conséquence d’une plainte déposée par les parents d’un enfant d’un an contre le baby-sitter. L’enquête menée par la brigade des mineurs de Lille a listé pas moins de 27 victimes potentielles, dont le fils de Sylvie.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/pedophilie">Notre dossier sur la pédocriminalité</a></figure><p>Le parquet de Lille n’a pas précisé si C.O. avait été mis en examen ni s’il faisait l’objet de poursuites à ce stade. En plus d’entendre les familles qui ont eu recours aux services du baby-sitter, les enquêteurs doivent préciser « les conditions dans lesquelles l’intéressé a pu proposer ses services ». Les obligations de la plateforme Nounou Top sont ainsi « en cours d’analyse juridique ». De son côté, le fondateur de la plateforme n’a pas répondu aux sollicitations de <em>20 Minutes</em>.</p><p><em>* Le prénom a été modifié</em></p>
Nord : Un baby-sitter pédocriminel condamné en 2020 à Nice aurait fait 27 nouvelles victimes
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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