Colombie, Mexique, Cuba… Après Maduro au Venezuela, quel dirigeant sud-américain pourrait-être visé par Trump ?

Published 1 day ago
Source: 20minutes.fr
Colombie, Mexique, Cuba… Après Maduro au Venezuela, quel dirigeant sud-américain pourrait-être visé par Trump ?
<p>Après des mois de tensions, un passage à l’acte. Samedi, l’administration américaine a mené une opération d’enlèvement du président du <a href="https://www.20minutes.fr/monde/venezuela/">Venezuela</a>, <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/nicolas_maduro">Nicolás Maduro</a> et de son épouse Cilia Flores, accusés de « narcoterrorisme ». <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/donald_trump">Donald Trump</a> a affirmé que les <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/">Etats-Unis</a> étaient « aux commandes » du pays, malgré la nomination par intérim de <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4194241-20260105-chute-maduro-etudes-paris-tigresse-delcy-rodriguez-desormais-tete-venezuela">Delcy Rodriguez</a>.</p><p>Sur la scène diplomatique, c’est le choc. « L’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/amerique_latine">Amérique latine</a> a tout à craindre de l’actuelle administration Trump, surtout les pays et gouvernements considérés comme non-alignés sur ses intérêts », explique Franck Gaudichaud, professeur en histoire et études latino-américaines contemporaines à l’université Toulouse Jean-Jaurès. Une politique de « sécurisation hémisphérique » assumée<a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4190318-20251208-strategie-securite-nationale-etats-unis-document-tance-europeens-vraiment-determinant"> dans la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis</a> publiée en décembre. Le président américain multiplie les invectives à l’encontre d’autres dirigeants. Sont-ils les prochains ?</p><figure><iframe title="Donald Trump assure assure que les États-Unis « sont aux commandes »" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3sfsk83/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>A Cuba, Miguel Diaz-Canel, « au moins un peu inquiet »</h2><p>Le président de <a href="https://www.20minutes.fr/monde/cuba/">Cuba</a>, Miguel Diaz-Canel, a appelé ses voisins à « serrer les rangs » face aux Etats-Unis, après l’enlèvement du président vénézuélien. L’homme d’Etat, réélu en 2023 et successeur de Raúl Castro, a dénoncé « l’attaque brutale et perfide » de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/washington">Washington</a>.</p><p>Pourrait-il être visé ? Le secrétaire d’Etat américain <a href="https://www.20minutes.fr/politique/marco-rubio/">Marco Rubio</a>, ennemi juré du castrisme, a été plutôt explicite. « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », a-t-il menacé. « Depuis plusieurs décennies, le Venezuela était considéré par les Etats-Unis comme un régime hostile. Dans cette catégorie, on peut également classer Cuba », rappelle Laurent Giacobbi, professeur à l’université des Antilles, chercheur associé à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).</p><p>Mais une opération militaire ne semble pas d’actualité. « Je ne pense pas que nous ayons besoin d’agir. Il semble que tout s’écroule », a commenté Donald Trump. « Le régime castriste traverse une crise multiforme et profonde depuis plusieurs décennies, abonde l’universitaire. Il paraît comme à bout de souffle ». D’autant que <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/la_havane">La Havane</a> vient de perdre son principal allié. « Son influence est minimale, il n’y a pas de question de ressources non plus. C’est presque un vestige de la <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/guerre_froide">Guerre Froide</a> », souligne Michael Stricof, maître de conférences en civilisation américaine à l’université Aix-Marseille. Un vestige qui avait chèrement vendu sa peau lors de l’invasion manquée de la baie des cochons, vaccinant alors pour un moment les Etats-unis dans leurs ambitions de conquête régionales.</p><h2>En Colombie, Gustavo Petro doit « faire gaffe à ses fesses »</h2><p>Entre le président colombien et son homologue américain, les insultes fusent. Dimanche, Donald Trump a estimé qu’une opération en <a href="https://www.20minutes.fr/monde/colombie/">Colombie</a> était une « bonne idée », multipliant les accusations à l’encontre de Gustavo Petro, à la tête du pays depuis 2022. La veille, il lui avait conseillé de « faire gaffe à ses fesses ».</p><p>« La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps », a notamment déclaré le président américain. « Cessez de me calomnier, M. Trump », a réagi le président de gauche Gustavo Petro sur son compte X.</p><p>« Le niveau d’affrontement diplomatique entre Petro et Trump est très élevé, il y a une rupture des relations de coopération, notamment militaires, alors que jusque-là Colombie était un élément central de la géostratégie états-unienne », décrypte Franck Gaudichaud. Néanmoins les trois experts écartent l’hypothèse d’une intervention militaire imminente, pas trop grand à franchir. « Ce serait très compliqué, c’est un pays plus armé et plus aguerri par des décennies de conflit interne », ajoute le professeur.</p><h2>Au Mexique, Claudia Sheinbaum « doit se ressaisir »</h2><p>« Il va falloir faire quelque chose avec le <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/mexique">Mexique</a> ». Interrogé sur le sujet dans l’émission « Fox &amp; Friends » de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/fox_news">Fox News</a>, Donald Trump a salué une « femme bien » à propos de la présidente <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4192277-20251218-lula-sheinbaum-presidente-mexique-proposent-comme-mediateurs-entre-etats-unis-venezuela">Claudia Sheinbaum</a>, mais qui ne dirigeait plus son pays. « Les cartels dirigent le Mexique », assure-t-il. « Elle a très peur des cartels », a également prétendu le président américain. Et d’insister : « Le Mexique doit se ressaisir, car [la drogue] afflue à travers le Mexique, et nous allons devoir faire quelque chose ».</p><p>« Les menaces commerciales de Trump se multiplient, les relations entre Sheinbaum et Trump ne sont pas bonnes, même si elle fait tout pour être dans la négociation et non pas l’affrontement », analyse Franck Gaudichaud. Pour autant, là encore, les trois experts n’imaginent pas une opération type « Maduro » à l’encontre de la dirigeante. « En revanche, une intervention militaire, à l’aide de drone ou d’avions de chasse pour frapper un site défini par les Américains comme étant un lieu de narcotrafic, sans accord du Mexique et de manière unilatérale, cela ne m’étonnerait pas, imagine Michael Stricof. Ce qui constituerait une grave violation »</p><figure> </figure><h2>Un équilibre bouleversé</h2><p>Si l’opération au Venezuela reste « exceptionnelle », bien qu’ayant eu un précédent avec l’enlèvement du général Manuel Noriega, président du Panama en 1989, les experts restent prudents face à l’imprévisibilité de Donald Trump. Plus largement, « ce qu’il se passe dans les Caraïbes est une manière de discipliner et de faire pression sur l’ensemble de la région », appuie Franck Gaudichaud. Et au-delà des cas particuliers des pays, « tous les équilibres sont menacés », poursuit Laurent Giacobbi.</p>