<p>Un an après la chute et <a href="https://www.20minutes.fr/monde/syrie/4189431-20251208-syrie-an-apres-chute-bachar-al-assad-pourquoi-russie-lachera-ex-dictateur">l’exil de Bachar al-Assad</a>, le nouveau régime syrien dirigé par Ahmed al-Chareh continue la reprise en main du pays, notamment ces derniers jours du nord-est, sous contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS) <a href="https://www.20minutes.fr/monde/kurdes/">kurdes </a>où sont détenus près de 100.000 prisonniers, femmes, enfants, et anciens combattants de l’<a href="https://google.com/search?q=20minutes.fr+daesh&rlz=1C1GCEA_enFR1154FR1154&oq=20minutes.fr+daesh&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOTIGCAEQRRhBMgYIAhBFGDzSAQgzNzcxajBqNKgCALACAQ&sourceid=chrome&ie=UTF-8">Etat islamique</a>.</p><p>Une situation source d’instabilité, qui a même donné lieu à <a href="https://www.20minutes.fr/monde/syrie/4196662-20260118-tournant-decisif-president-syrien-annonce-avoir-signe-accord-cessez-feu-forces-kurdes">quelques affrontements entre les FDS et l’armée syrienne</a>, dont<a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/21/en-syrie-le-gouvernement-accorde-un-delai-aux-kurdes-pour-parvenir-a-un-accord_6663449_3210.html"> </a>ont profité <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/21/en-syrie-le-gouvernement-accorde-un-delai-aux-kurdes-pour-parvenir-a-un-accord_6663449_3210.html">une centaine de ces détenus pour s’évader</a>. Le ministère syrien assurant que les 80 avaient été repris, alors que des transferts de détenus de la <a href="https://www.20minutes.fr/monde/syrie/">Syrie </a>vers <a href="https://www.20minutes.fr/monde/irak/">l’Irak </a>sont effectués ces derniers jours par les forces militaires occidentales.</p><p>Dans ce contexte, faut-il craindre que des évasions se répètent, au risque de voir un retour du <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/djihadisme">djihadisme </a>dans la région ? Pour tenter d’éclairer cette situation complexe et à risque, <em>20 Minutes </em>s’est entretenu avec Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève.</p><h2>Que se passe-t-il actuellement en Syrie ?</h2><p>Nous assistons à une reprise en main par les nouvelles autorités syriennes, dirigées par Ahmed al-Chareh, de plusieurs localités situées dans le nord-est de la Syrie, où une partie de la population arabe était sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), les forces kurdes. Ce qui est surprenant, c’est que nous observons une décomposition rapide de ces forces kurdes, et elle s’accompagne d’un quasi-lâchage des <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/">États-Unis</a> et même des pays occidentaux.</p><p>Les FDS comptaient beaucoup sur ce soutien dans la mesure où elles ont rendu un service énorme contre l’État islamique, notamment dans la détention des combattants. Beaucoup de camps étaient sous leur contrôle. Je pense que les nouvelles autorités syriennes ont réussi à convaincre les États-Unis qu’elles étaient en mesure de contrôler intégralement le pays.</p><h2>Pourquoi cette situation inquiète-t-elle ? Y a-t-il des risques d’évasion de masse d’anciens combattants de l’EI et d’un retour du djihadisme dans la région ?</h2><p>Il y a toujours un risque et on a déjà vu une tentative d’évasion. D’autant plus que pour ces forces kurdes en déclin, la question du contrôle des détenus n’est plus leur priorité. Or elle était une carte maîtresse, un atout dans leurs relations avec les Occidentaux et leur soutien. Aujourd’hui ce n’est plus le cas puisque les nouvelles autorités syriennes sont devenues membres de la coalition contre l’État islamique.</p><p>Mais les Syriens ont des difficultés : ils sont en transition, ont des problèmes avec les Druzes, les Kurdes, les chrétiens. C’est une charge très importante pour eux. Et c’est là que l’Irak entre en jeu.</p><p>En Irak, le risque semble moindre. Le pays a l’expérience de la gestion des détentions et ces prisonniers pourraient passer par la case judiciaire. L’Irak a demandé à pouvoir juger des milliers de combattants de l’État islamique, aussi parce que parmi ces milliers se trouvent des Irakiens. Ce transfert est je crois la solution idéale, du moins espérée par les Occidentaux.</p><h2>Combien de détenus sont concernés par ces transferts ?</h2><p>Dans l’immédiat, les Irakiens s’attendent au transfert de 7.000 détenus. Un pôle judiciaire international a été créé au sein de l’appareil judiciaire irakien pour juger les étrangers qui ont commis des crimes ou des délits sur le sol irakien.</p><p>Il ne faut pas oublier qu’il y a une crainte des Occidentaux, et même des Irakiens, que les FDS soient sous pression et que leur capacité à continuer de contrôler les prisons soit amoindrie. D’où cette précipitation dans le transfert des prisonniers vers l’Irak, avec certaines cibles prioritaires jugées dangereuses transférées par des hélicoptères de l’armée américaine.</p><h2>Combien de camps et de prisonniers sont situés dans le nord-est de la Syrie ?</h2><p>Dans le nord-est de la Syrie, il y a douze lieux de détention contrôlés par les Forces démocratiques syriennes, soit de 60.000 à 80.000 personnes. Et il faut comprendre qu’une génération entière a vu le jour dans ces camps en près de dix ans. Des personnes presque adultes qui n’ont connu que ça. Rien qu’à Al-Hol par exemple, ce sont 37.000 personnes avec leur famille. C’est une ville.</p><h2>Que vont devenir ces prisonniers une fois en Irak ?</h2><p>L’Irak ne va pas les garder éternellement. Ils vont demander aux centaines d’États dont sont issus les combattants de l’EI de les rapatrier et les pays dont ils sont issus ne sont pas pressés. Mais s’ils sont condamnables en Irak, cela prendra du temps pour les juger.</p><figure> </figure><h2>Les nouvelles autorités syriennes vont-elles libérer massivement des détenus ?</h2><p>Les Nations unies ont demandé l’accès aux lieux de détentions d’ailleurs. Les nouvelles autorités syriennes émettent des doutes sur la nature de tous les prisonniers. Pour elles, un nombre important des détenus n’avait aucun lien avec l’EI et a été arrêté pour grossir les rangs. Je pense cette thèse plausible. Ce travail de tri sera très difficile. En principe, c’est le travail du juge, il faut un procès. Je crains que, faute de temps et de moyens, il y ait déjà un tri avant le déménagement de ces détenus. Et les Irakiens aussi veulent absolument ce tri avant le transfert.</p>
Syrie : « Le contrôle des détenus n’est plus leur priorité »… Faut-il craindre un retour du chaos ?
Published 7 hours ago
Source: 20minutes.fr
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