<p>Sébastien Lifshitz s’attache à mettre en lumière l’histoire méconnue, voir délibérément tue, des <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/lgbt">personnes LGBT+</a>. <em>Les Invisibles</em>, esquissait les portraits de lesbiennes et de gays nés dans l’entre-deux-guerres, <em><a hr</em>ef="https://www.20minutes.fr/cinema/1179707-20130625-20130625-metamorphose-bambi">Bambi, retraçait le parcours de Marie-Pierre Pruvot</a>, l’une des premières femmes trans françaises, <em>Casa Susanna</em> s’intéressait à une communauté de travestis dans les Etats-Unis des années 1960…</p><p>« Dans mes films, j’ai voulu offrir à tous ces invisibles un écrin pour témoigner de leur courage et de leur importance, car ils incarnent pour moi des modèles de vie qui m’ont aidé à grandir. On doit beaucoup aux gens de cette génération : ils ont forgé la liberté dans laquelle nous vivons aujourd’hui », déclare le réalisateur, interviewé par Arte. La <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/arte">chaîne franco-allemande</a> diffuse ce lundi, à 22h35, son nouveau documentaire - déjà <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/119421-000-A/un-jeune-homme-de-bonne-famille/">visible sur la plateforme arte.tv</a> –, <em>Un jeune homme de bonne famille</em>.</p><figure><div style="left: 0; width: 100%; height: 0; position: relative; padding-bottom: 56.25%;"><iframe src="https://www.youtube.com/embed/hQkDdCXwhiA?rel=0&showinfo=1&hl=fr-FR" style="border: 0; top: 0; left: 0; width: 100%; height: 100%; position: absolute;" allowfullscreen scrolling="no" allow="encrypted-media; accelerometer; clipboard-write; gyroscope; picture-in-picture; web-share"></iframe></div></figure><h2>Sans fausse pudeur</h2><p>Ce projet est consacré à Claude Loir, aujourd’hui octogénaire, qui s’y raconte intimement. De son enfance blessée et pauvre en Ariège à la découverte de son homosexualité et à ses amours, en passant par la soixantaine de films pornos - y compris hétéros - dans lesquels il a tourné, jusqu’aux déconvenues financières et à la réconciliation familiale sur le tard, il se livre avec franchise et sans fausse pudeur.</p><p>Sébastien Lifshitz a eu l’idée de lui consacrer un documentaire après avoir lu ses Mémoires, <em>Confessions païennes</em>, paru il y a trois ans. « J’ai tout de suite été fasciné par son aisance à se raconter, la maturité de sa réflexion sur sa propre vie et son émotivité à fleur de peau, confie le réalisateur au <em><a href="https://www.nouvelobs.com/teleobs/20260112.OBS111437/un-jeune-homme-de-bonne-famille-claude-loir-pionnier-de-la-liberation-gay.html">Nouvel Obs</a></em>. Claude offre un mélange troublant : un parler très cash sur la sexualité […] et en même temps une douceur, une élégance dans les mots, une sensibilité presque enfantine. »</p><h2>Lieux de drague, club de gigolos, pissotières…</h2><p>A travers son témoignage, Claude Loir, narre ainsi son vécu d’homme homosexuel et sa jeunesse à une époque où cette orientation sexuelle était considérée comme un « fléau social ». « L’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/homosexualite">homosexualité</a> était dangereuse à vivre. Mais l’envie de s’envoyer en l’air était plus forte que la peur », glisse-t-il, en relatant ses expériences sur les lieux de drague, en club de gigolos ou dans les pissotières. Son ton enthousiaste contraste avec les a priori et clichés stigmatisants qui entretiennent l’idée d’une homosexualité forcément vécue dans la honte et la haine de soi dans une société où elle est réprouvée.</p><p>« Entendre aujourd’hui un homme de 80 ans parler de tout cela avec une telle vérité est rare et précieux. C’est aussi pour cela que ce film existe : pour que cette mémoire ne disparaisse pas », affirme Sébastien Lifshitz au <em>Nouvel Obs</em>, confirmant ses intentions de passeur des mémoires queers.</p><h2>L’évolution des mœurs en France en toile de fond</h2><p><em>Un jeune homme de bonne famille</em> relate aussi l’évolution des mœurs en France. Les années 1950 corsetées, le bouleversement de Mai-68, l’essor du cinéma porno lorsque Giscard arrive au pouvoir (les films pour adultes représentent alors un tiers de la production française !) qui ne tarde pas à se heurter à un retour de flamme conservateur, puis l’arrivée du VIH, c’est tout un pan de notre société sur la deuxième moitié du XXe siècle qui est retracé et insère l’histoire personnelle dans l’histoire collective.</p><p>Sébastien Lifshitz décrit Claude Loir comme « un héros ordinaire » et une figure « rebelle et insolente ». Son documentaire donne à voir et à entendre l’histoire d’un homme qui s’est souvent laissé porter par ses instincts, ses envies et dont l’existence prend des tours romanesques.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/">Nos articles sur l'actu de la télévision</a></figure><p>« C’est un pur hédoniste, un séducteur qui éprouve une immense jouissance à tout essayer, à tout vivre, sans aucune méfiance, poursuit le réalisateur. Je me suis demandé si cette liberté serait encore possible dans notre société aujourd’hui. J’en doute. »</p>
« S’envoyer en l’air était plus fort que la peur »… Claude Loir, acteur porno et de la mémoire gay
Published 4 hours ago
Source: 20minutes.fr
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