Plancher effondré à Paris : Comment savoir si vous avez des infiltrations dans votre logement ?

Published 3 hours ago
Source: 20minutes.fr
Plancher effondré à Paris : Comment savoir si vous avez des infiltrations dans votre logement ?
<p>Le plancher d’un appartement d’un immeuble <a href="https://www.20minutes.fr/paris/">parisien</a> de six étages, où étaient réunies une cinquantaine de personnes, <a href="https://www.20minutes.fr/paris/4196612-20260118-paris-appartement-effondre-autre-faisant-blesse-grave">s’est effondré sur celui du dessous dans la nuit de samedi à dimanche</a>. L’accident a fait un blessé grave et 14 blessés plus légers. Il pourrait être dû à un plancher fragilisé par des <a href="https://www.20minutes.fr/sport/football/3261903-20220330-sante-usantes-dangereuses-infiltrations-elles-voie-disparition">infiltrations</a> depuis le balcon, a indiqué l’architecte de la préfecture de police de Paris, Antoine Cardon.</p><p>Les infiltrations, tous les logements peuvent en être victimes. Les bâtiments anciens, comme on en trouve beaucoup dans les centres-villes, sont plus vulnérables. Il est toutefois possible de prévenir un drame grâce à quelques points de vigilance.</p><h2>Identifier l’existence d’une fuite d’eau</h2><p>L’infiltration se remarque souvent par plusieurs éléments, distincts mais qui peuvent apparaître en même temps. La première : l’auréole. « C’est en général la première chose qu’on remarque dans un logement. Une tache sur votre placo, votre plâtre, sur le plafond ou au mur, qui prend souvent une couleur brunâtre en fonction de la couleur du matériau », explique Mathieu Thomas, directeur d’exploitation chez <a href="https://www.ax-eau.com/">Ax’eau</a>, entreprise experte en recherche de fuites.</p><figure><iframe title="Logements insalubres : ils vivent une « descente aux enfers »" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/x8qu3l3/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>En cas de fortes infiltrations, comme pour un dégât des eaux, elle peut être accompagnée d’écoulements ou de gonflement de la peinture si celle-ci est (au moins partiellement) étanche. Un plancher qui « rebondit », ou des craquements suspects, peuvent aussi être un signe d’infiltrations.</p><p>Mais ce n’est pas forcément aussi visible, car une infiltration peut tout à fait être cachée. Elle peut se remarquer par une odeur de moisissure, la présence de salpêtre ou une sensation de mur « froid » ou humide au toucher. Autres indices : une augmentation inexpliquée de la <a href="https://www.20minutes.fr/planete/1084867-20130122-bien-comprendre-facture-eau">facture d’eau</a> ou une variation du compteur d’eau. Une baisse soudaine de la pression de l’eau ou des écoulements anormaux près des équipements de plomberie peuvent aussi être un signe.</p><h2>Contacter son assurance et le syndic de copropriété</h2><p>Attention cependant, comme l’indique Merih, un spécialiste indépendant contacté par <em>20 Minutes</em>, certains (odeurs et moisissures) peuvent être provoqués par une mauvaise <a href="https://www.20minutes.fr/magazine/isolation-thermique-mag/">isolation</a> de la pièce ou un défaut de ventilation. Ce dernier insiste donc : il faut bien ventiler le bâtiment et vérifier que le problème persiste.</p><p>Si c’est le cas, il est alors possible d’utiliser un <a href="https://www.20minutes.fr/guide-achat/guide-maison/4081889-20240323-trois-meilleurs-testeurs-humidite-2024">humidimètre</a>. Ces appareils, disponibles pour le grand public, peuvent aider à repérer les zones les plus humides et à comparer leur évolution. Toutefois, il est vivement recommandé de laisser place à des experts.</p><p>Le plus évident est de faire appel à son assurance habitation et au syndicat de propriété, en adressant une description détaillée et des photos. Pour les locataires, il faut d’abord s’adresser au propriétaire ou au bailleur du logement.</p><h2>Faire venir un expert pour déterminer l’origine de la fuite</h2><p>Selon la <a href="https://www.allianz.fr/assurance-particulier/habitation-biens/assurance-habitation/conseils-pratiques/convention-irsi-recherche-fuite.html">convention IRSI</a>, l’assurance doit alors prendre en charge la procédure et contacter un expert pour identifier la fuite. « On commence par balayer le spectre des causes possibles d’apport hydrique en les éliminant une par une jusqu’à en trouver l’origine », explique Mathieu Thomas. Réseaux internes (alimentation, chauffage, évacuation), infiltrations (façade, menuiserie, toiture).</p><p>Dans son enquête, l’expert utilise une myriade de techniques (mini-caméras, tests de pression, fumigation pour retrouver l’origine de l’infiltration).</p><p>Dans le cas d’infiltrations comme cela a pu être le cas rue Amelot, Oualid Akkari, président de la branche parisienne de la <a href="https://confederationnationaledulogement.fr/">Confédération nationale du logement</a> (CNL), conseille surtout une très grande vigilance sur la partie extérieure du bâtiment. « Avec le temps, des joints peuvent commencer à sauter un peu. Certaines évacuations, comme des gouttières, peuvent se boucher avec des feuilles mortes, la mousse s’amonceler… » détaille-t-il. D’autant que certaines constructions camouflent ces évacuations et ne permettent pas de voir les problèmes depuis la rue.</p><h2>Pour l’extérieur, la responsabilité du syndic de copropriété… qui ne peut pas tout</h2><p>C’est là une responsabilité du syndic de copropriété : « Ils ont la responsabilité, surtout sur les bâtiments anciens, de mettre en place un plan pluriannuel de travaux. Cela permet de repérer les failles et les fissures qui peuvent être problématiques. » Selon lui, une infiltration par un balcon qui causerait la chute d’un plancher « ne se produit pas en quelques jours » : « Il faut des années pour désintégrer un plancher comme cela. »</p><p>Les conditions météorologiques ont pu légèrement accélérer le processus, selon Merih : « Si des fissures étaient remplies d’eau, elles ont pu être accentuées par le gel. Mais l’infiltration était déjà là. »</p><figure> </figure><p>« Il faut que les syndics prennent conscience qu’il est important de faire une vérification régulière de l’extérieur du bâtiment », ajoute Oualid Akkari sans blâmer ces structures. « C’est parfois un problème de financement, parce qu’il faut un vote des copropriétaires et que certains refusent faute de moyens. Le gestionnaire est alors bloqué. » Dans ce cas, le président de la CNL conseille aux syndics de se tourner vers les communes, les associations comme la sienne ou l’<a href="https://www.anah.gouv.fr/">Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat</a> (ANAH) pour obtenir de l’aide.</p>