<p>Walid Regragui et les Lions de l’Atlas sont à quelques heures d’écrire l’une des plus belles pages de leur histoire s’ils s’imposent en finale de la <a href="https://www.20minutes.fr/sport/can/">CAN 2025</a> ce dimanche face au Sénégal, chez eux, au Maroc, vingt ans après le dernier titre continental et deux ans après <a href="https://www.20minutes.fr/sport/coupe_du_monde_2022/4014908-20221215-france-maroc-montre-niveau-marocains-veulent-construire-epopee">cette magnifique aventure en Coupe du monde</a> où ils avaient atteint le carré final, seulement battus par la France en demie.</p><p>Mais nul n’est prophète en son pays (d’origine) et le natif de Corbeille Essonne l’a appris à ses dépens durant cette CAN, où les critiques n’ont cessé de pleuvoir sur le sélectionneur de 50 ans, coupable aux yeux d’une partie de la presse nationale, des consultants et des supporters, de pratiquer un jeu trop frileux au vu des talents qu’il a à sa disposition. Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé ailleurs (au pif, chez nous) serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d’une pure coïncidence. Ou pas.</p><h2>Comme un petit air d’équipe de France</h2><p>Mais si la comparaison avec l’équipe de France de Didier Deschamps a évidemment pris le premier vol pour Marrakech, tous ne sont pas d’accord avec ça, à l’image de Younès Belhanda, qui rappelait sur RMC récemment que l’on ne peut pas comparer « car lui, Deschamps, il a gagné la coupe du monde. Pour l’instant Walid Regragui n’a rien gagné ». Permettons-nous de lui rappeler que Deschamps non plus, n’avait rien gagné en tant que sélectionneur avant le Mondial 2018, et qu’il faut bien une première fois à tout.</p><p>Ce qui n’a pas empêché son équipe de se faire allumer pour sa frilosité, son bloc bas et la sempiternelle quête de l’équilibre chère à DD le pragmatique. Pour le reste, lisez bien, <a href="https://rmcsport.bfmtv.com/football/coupe-d-afrique-des-nations/can-2025-walid-regragui-deja-dans-l-histoire-du-maroc-apres-la-qualification-en-finale_AV-202601150146.html">les critiques de Belhanda</a> à l’encontre de Regragui pourraient être parfaitement transposables mot pour mot au sélectionneur français et à son équipe. « Je comprends complètement (les critiques), quand tu as un effectif de ce calibre-là, avec des joueurs qui jouent dans les plus grands clubs européens, tu te dois d’afficher un jeu plus plaisant, plus attractif pour les supporters, pour les téléspectateurs, pour le pays, a déclaré l’ancien Montpelliérain. Je ne les vois pas dominer tactiquement, avec le ballon c’est de la possession stérile depuis le début de la compétition. »</p><p>Mais oser la comparaison avec les Bleus roupillants de Deschamps, comme l’ont fait beaucoup de supporters ces derniers temps, c’est aussi prendre le risque de devoir avaler son haut-de-forme au moment de la victoire finale. « Si on gagne dimanche, tout le monde va dire “Walid on t’aime ! Pardon, Walid !”, se marre l’ancien international marocain Jaouad Zaïri, aujourd’hui consultant pour beIN Sports. Pour aller loin dans une compétition, il n’y a pas que la manière, il y a l’organisation. Ça ne plaît pas à tout le monde, il y en a certains qui pensent que le Maroc c’est le Brésil mais de nos jours, le football a évolué et pour gagner des titres il faut d’abord avoir une organisation solide. » Et sur ce point, on ne peut pas reprocher grand-chose aux hommes de Regragui, qui n’ont pris qu’un but depuis le début de la compétition, et sur péno en plus.</p><h2>« En 98, les gens étaient tous derrière Aimé »</h2><p>Au grand jeu des comparaisons, histoire de mieux coller à la situation du moment avec un Maroc qui joue la CAN à la maison, on pourrait remonter un peu plus la flèche du temps et se rappeler aux bons souvenirs de France 98, où Aimé Jacquet avait évolué dans un contexte de défiance assez délétère lui aussi. Présent à la CAN, notre confrère Omar Chraibi valide le parallèle. « C’est une situation comparable avec ce que vit Regragui avec nous, les médias, pour cette CAN à la maison. Les attentes sont énormes et on ne peut pas s’empêcher de dire les choses telles qu’elles sont et de s’interroger sur le potentiel de cette équipe. »</p><p>A ceci près que les critiques émanaient principalement du journal <em>L’Equipe</em>, à qui Aimé Jacquet avait déclaré la guerre - on se souvient tous de son « je ne pardonnerai jamais » balancé sur la pelouse du Stade de France <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac98033525/aime-jacquet-sur-la-victoire-et-les-critiques-de-la-presse">juste après la victoire</a> face au Brésil en finale - et non des supporters, qui avaient tous pris fait et cause pour « Mémé ». Adjoint de Jacquet à cette époque, Henri Emile s’en souvient encore très bien aujourd’hui. «</p><p>« Nous, on était critiqué par un média seulement, qui n’a pas cru en Aimé. Ils ont critiqué à peu près tout ce qu’il mettait en place avant la Coupe du monde, pensant qu’on allait droit à l’échec. Et plus on avançait dans la compétition, plus ils voulaient qu’on se plante. On le ressentait vraiment. Je pense que c’était pour ne pas se dédire, pour ne pas passer pour des couillons », songe-t-il avec du recul. « Mais le reste de la presse était beaucoup plus nuancé. Et les Français étaient à fond derrière nous. Je me souviens que <em>L’Équipe </em>avait même dû retirer ses panneaux publicitaires sur le Tour de France car les gens leur jetaient des pierres. Ça veut bien dire quelque chose, ça a été assez violent. Les gens étaient tous derrière Aimé. »</p><h2>Qui aime bien, châtie bien</h2><p>Ce qui ne fut pas tout à fait le cas au Maroc à en croire Omar Chraibi, présent sur place depuis le début de la CAN. « Le sélectionneur de l’équipe nationale est toujours sous le feu des projecteurs au Maroc, dans les médias comme dans l’opinion publique. Encore plus avec le développement du digital et des réseaux sociaux. Les Marocains sont émotifs, passionnés. “On châtie bien quand on aime bien”, comme on dit. Même quand tout marche bien, même si les victoires sont là, on lui demande du beau jeu. On est très attachés à notre équipe nationale et le sélectionneur doit payer la facture des critiques… qui sont parfois un peu dures parfois, c’est vrai ! »</p><figure><blockquote class="twitter-tweet" align="center" data-lang="fr_FR"><p lang="fr" dir="ltr">🇲🇦🎙️ Le sélectionneur marocain Walid Regragui répond aux critiques qu’il reçoit depuis plusieurs mois maintenant 🤫<br><br>Trouvez-vous quelles sont justifiées ?<a href="https://twitter.com/hashtag/CAN2025?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw">#CAN2025</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/NIGMAR?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw">#NIGMAR</a> <a href="https://t.co/ke0uuaMotj">pic.twitter.com/ke0uuaMotj</a></p>— Afrik-Foot (@afrikfoot) <a href="https://twitter.com/afrikfoot/status/2011063935857016864?ref_src=twsrc%5Etfw">January 13, 2026</a></blockquote>
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</figure><p>A l’approche de cette finale tant attendue face au Sénégal, on ne doute pas que les vestes vont tourner comme les serviettes chez Patoche et qu’il n’y aura plus grand monde, au coup d’envoi, pour jouer les fines bouches alors qu’un titre leur tend les bras. Ils pourront alors monter dans le train des groupies conduit par l’humoriste Amine Radi, qui suit les Lions de l’Atlas au stade depuis le début de la compétition.</p><figure> </figure><p>« Pour moi, Walid est le meilleur entraîneur de l’histoire du Maroc, c’est le patron. Il nous a menés en demi-finale de Coupe du monde, il ne faut pas l’oublier. Il a été critiqué mais il ne s’est pas laissé faire, il a cru en son projet et il a réussi son pari. Au-delà du jeu, du ballon, il a apporté une vraie force à ce groupe, de la confiance, et aujourd’hui on voit une équipe qui se bat, qui est ambitieuse et qui a la rage de vaincre. Je ne pense pas qu’aujourd’hui il reste grand monde pour le critiquer, les Marocains sont tous derrière lui, tout le monde est heureux. » Et ce n’est rien comparé à ce qui va advenir dimanche soir en cas de victoire, quand la nation réclamera une statue pour son nouveau héros national.</p>
Maroc - Sénégal : Critiqué au pays, Walid Regragui va-t-il fermer des bouches (comme Deschamps et Jacquet avant lui) ?
Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
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