Des Iraniens racontent la répression des manifestations, un « cauchemar »

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
Des Iraniens racontent la répression des manifestations, un « cauchemar »
<p>Les témoignages de la situation en <a href="https://www.20minutes.fr/monde/iran/">Iran </a>sont rares, mais ceux qui nous parviennent sont édifiants. « J’ai entendu pop pop […] et j’ai vu de mes propres yeux trois personnes tomber à terre », raconte Kiarash, Iranien de 44 ans, qui a parlé à l’AFP par téléphone depuis l’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/allemagne">Allemagne</a>, où il vit.</p><p>Le 10 janvier, à <a href="https://www.20minutes.fr/monde/teheran/">Téhéran</a>, il a assisté à la violente répression du mouvement de <a href="https://www.20minutes.fr/monde/contestation/">contestation </a>dans son pays natal. A ses côtés, un homme hurlait, la main couverte du sang de sa compagne, sans comprendre qu’elle avait été touchée. Une scène qu’il revit désormais chaque nuit : « C’est devenu mon cauchemar ». Si le tireur avait été gaucher, « je serais mort », souffle le quadragénaire.</p><p>Il se souvient aussi de la douleur des familles dans l’immense cimetière de Behesht-e Zahrah, dans le sud de la capitale. Des milliers de personnes sont venues récupérer les dépouilles de leurs proches et préparer l’inhumation. Il y avait « plus de 1.500, jusqu’à 2.000 corps dans un seul entrepôt », relate cet ex-employé d’une compagnie de logistique.</p><h2>Des « témoignages directs horrifiants »</h2><p>Dans un pays où <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/internet">Internet </a>est coupé, seuls les témoignages de ceux qui ont fui l’Iran permettent de lever un coin de voile sur ce qu’il se passe dans le pays depuis le 8 janvier. Les liaisons téléphoniques internationales ont elles aussi été coupées, avant d’être rétablies mardi, mais uniquement pour les appels sortants. Privant le monde d’images de la contestation, empêchant les manifestants de s’organiser, le black-out a permis aux autorités de cacher l’ampleur de la <a href="https://www.20minutes.fr/monde/repression/">répression </a>qui a fait des milliers de morts, dénoncent ONG et experts.</p><p>L’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, dit avoir reçu « des témoignages directs horrifiants » faisant état de « manifestants abattus alors qu’ils tentaient de fuir, de l’utilisation d’armes de guerre et de l’exécution en pleine rue de manifestants blessés ».</p><h2>Des coups de feu « toutes les dix minutes »</h2><p>Malgré la coupure d’Internet, des vidéos ont filtré sur les <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/reseaux_sociaux">réseaux sociaux</a>, diffusées par des moyens satellitaires. Sur certaines, des voitures de police et des mosquées en feu étaient visibles. Sur d’autres, on entend des détonations. Des tirs au « fusil d’assaut », des « rafales automatiques », assure Kaveh*, jeune homme de 33 ans qui a manifesté le 9 janvier à Téhéran et qui a depuis quitté le pays pour le <a href="https://www.20minutes.fr/monde/royaume-uni/">Royaume-Uni</a>. « Toutes les dix minutes, on entendait une série de coups de feu », dit-il, sans toutefois avoir été témoin direct de tirs. Mais « les gens ne se dispersaient pas », ajoute-t-il.</p><p>Dans le pays, « tout le monde connaît au moins une personne qui a été tuée », affirme Saleh Alavizadeh, acteur et réalisateur iranien vivant pour le moment en France. Après un pic en fin de semaine dernière, aucune manifestation d’ampleur n’a été signalée depuis plusieurs jours. Les autorités iraniennes ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade et fustigent des « émeutes » orchestrées par <a href="https://www.20minutes.fr/monde/israel/">Israël </a>et les <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/">Etats-Unis</a>.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/monde/iran/">Les dernières informations sur la situation en Iran</a></figure><p>Malgré la répression, certains Iraniens assurent que ce n’est qu’une question de temps avant que d’autres manifestations éclatent. Ce mouvement a « donné de l’espoir » à beaucoup, souligne Kaveh. Même si « nous avons de moins en moins d’espoir […] à chaque échec » de la contestation. Mais une chose est sûre, se disait Kiarash en se dirigeant vers l’aéroport pour quitter Téhéran : pour la ville et ses habitants, « plus rien ne sera comme avant ».</p><figure> </figure><p><em>*Le prénom a été modifié</em></p>