Blois : Coupable de violences volontaires, quinze ans de prison pour l’ex-compagnon de Chloé P.

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
Blois : Coupable de violences volontaires, quinze ans de prison pour l’ex-compagnon de Chloé P.
<p>Au terme d’une délibération de plus de quatre heures, <a href="https://www.20minutes.fr/justice/4196177-20260115-blois-ouverture-proces-agresseur-chloe-contre-lequel-tente-deposer-plainte-vain">l’ex-compagnon de Chloé P.</a> a été déclaré coupable. Condamné à quinze ans de prison vendredi par la cour d’assises du <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/loir-cher?page=2">Loir-et-Cher</a> pour violences volontaires aggravées, il était jugé pour tentative de meurtre sur Chloé P., 24 ans. La jeune femme avait vainement tenté de déposer plainte avant sa violente agression en 2022.</p><p>La cour et le jury ont estimé « qu’en dépit de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/violences_conjugales">la violence</a> et de la localisation des coups portés », un doute subsistait sur la volonté de Marvin Joli de tuer Chloé P., qui conserve de profondes séquelles de son agression. A cette peine de 15 ans de réclusion criminelle, motivée pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité, s’ajoutent une peine de sûreté à hauteur des deux tiers, un suivi sociojudiciaire de sept ans avec injonction de soins et l’interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles.</p><p>Une intention de donner la mort que Marvin Joli, 30 ans, a toujours niée, mais qui ne faisait « aucun doute » pour l’avocate générale Stéphanie Clément-Bornet. Elle avait requis vingt-deux ans de prison à son encontre.</p><figure><iframe title="« Le cas Cantat-Trintignant incarne à l'état pur cette culture du féminicide » Ivan Jablonka" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/30zsss5/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>« Miraculée »</h2><p>Après avoir suivi l’intégralité des débats dignement et entourée de ses parents, Chloé P., aujourd’hui âgée de 27 ans, a cette fois semblé accuser le coup, au moment de l’énoncé du verdict. La veille, elle était très brièvement sortie, choquée en découvrant les images de son visage défiguré par les coups. Les séquelles de la jeune femme, « miraculée » selon sa mère, sont nombreuses.</p><p>« Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il faudrait peut-être mieux que la femme meurt », s’est lamentée la mère de la jeune femme, qui avait appelé à une « peine maximale et exemplaire ». Outre la perte de son œil droit, Chloé P. a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4187467-20251124-bretagne-agonie-terrible-coma-depuis-vingt-ans-benjamin-decede">coma</a>. Jeudi, à la barre, sa mère a détaillé la perte des « souvenirs », du « goût », de « l’odorat » dont souffre désormais sa fille. Me Isabelle Steyer, l’avocate de Chloé P., a elle rappelé que « Chloé a réchappé de très peu à la mort ». « Elle ne comprend pas, elle est très déçue », a-t-elle ajouté.</p><h2>Des violences minimisées par l’auteur</h2><p>Marvin Joli, 30 ans, a exprimé ses « excuses » avant la clôture des débats, assurant qu’il n’avait <a href="https://www.20minutes.fr/montpellier/1866243-20160615-gard-premiers-mots-chloe-face-agresseur-condamne-perpetuite">jamais voulu tuer son ex-petite amie</a>. « J’ai vrillé […] C’est comme si ma force avait été décuplée », a dit l’accusé, crâne rasé et en jogging, dont le casier judiciaire comporte déjà quatorze mentions.</p><p>Le jour des faits, alors que Chloé P. avait rompu précédemment, l’accusé a expliqué être revenu à Blois pour renouer avec la jeune femme, qui était tombée enceinte de lui et qui avait avorté avant l’agression. « J’étais triste et en colère », a dit celui qui avait rencontré la victime en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme. Il est aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4072871-20240126-blois-policier-refuse-plainte-femme-agressee-ex-mis-retraite-office">se présente au commissariat de Blois</a> pour porter plainte contre lui, avant d’être invitée à revenir le lendemain.</p><h2>Dix secondes</h2><p>Deux heures plus tard, elle est retrouvée laissée pour morte, dans une mare de sang, dans les parties communes de son immeuble. Marvin Joli a ensuite raconté ces « dix secondes top chrono », où tout a basculé, alors qu’elle s’apprêtait à sortir pour appeler à l’aide. « Je l’ai attrapée par les épaules, tirée vers l’intérieur de l’immeuble, puis j’ai porté trois coups de pied dans la tête », a raconté l’accusé. Pour son avocat Me Stéphane Rapin, qui avait plaidé cette requalification, cela « correspond à la réalité du dossier », le « doute doit toujours profiter à l’accusé ».</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/societe/feminicide/">Notre dossier sur les féminicides</a></figure><p>Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la <a href="https://lannuaire.service-public.gouv.fr/gouvernement/54f349ea-e9da-4d3e-9e6b-12a7c7f7988a">Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof)</a>.</p>