Et si on réservait de petites routes rurales aux seuls cyclistes et riverains pour faire du vélo partout en France ?

Published 3 hours ago
Source: 20minutes.fr
Et si on réservait de petites routes rurales aux seuls cyclistes et riverains pour faire du vélo partout en France ?
<p>Le sujet des aménagements cyclables n’est clairement pas la priorité de cette campagne des <a href="https://www.20minutes.fr/municipales/">élections municipales 2026</a>. Il y a six ans, alors que le monde entier tentait de se protéger du <a href="https://www.20minutes.fr/societe/covid-19/">Covid-19</a>, les « coronapistes » avaient pourtant <a href="https://www.20minutes.fr/paris/3007103-20210326-paris-50-km-coronapistes-initiales-vont-etre-largement-depasses">fleuri dans la plupart des villes françaises</a>. Voyons le côté positif : la pandémie aura permis de mettre un paquet de gens sur des vélos. Un constat toujours vrai en ville, où les pistes cyclables sont blindées. Mais une fois passé le périphérique, c’est toujours la même galère. En dehors des villes, enfourcher son vélo relève souvent d’une mission périlleuse. En 2025, la majorité des cyclistes tués dans un accident de la route circulaient dans des zones rurales. Alors que faire ?</p><p>Cette semaine, la Fondation pour la nature et l’homme livre quelques solutions dans un rapport intitulé « Comment mieux partager la route pour développer le vélo en territoire peu dense ». Une question que se posent sans doute un grand nombre de maires et d’adjoints. Dans <a href="https://www.fnh.org/la-methode-fnh-pour-developper-le-velo/">ce document d’une cinquantaine de pages</a> réalisé avec le bureau d’études Vizéa, quelques réponses leur sont données. Et une idée majeure émerge. Pour sécuriser les déplacements cyclables, il faudrait procéder à une large « réaffectation » des routes. Pour faire simple : il faudrait réserver certains axes aux seuls cyclistes, tout en garantissant un accès facile aux riverains, aux commerçants, aux secours ou aux agriculteurs.</p><figure><iframe title="Vélos versus voitures : une cohabitation possible ?" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/x8qqupr/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Ces axes « VIP » se dessineraient uniquement sur des voies secondaires où la vitesse ne dépasse pas 60 km/h actuellement, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4116285-20241017-voitures-velos-trottinettes-cohabitation-route-encore-possible">permettant une cohabitation voiture et vélo</a>. « Nous sommes face à une crise silencieuse dans la mobilité. Dans certains territoires, il n’y a pas d’alternative à la voiture. Et on a des gens qui ont de plus en plus de mal à se déplacer. Le vélo peut répondre à ça », explique Thomas Uthayakumar, directeur des programmes de la <a href="https://www.20minutes.fr/planete/2932927-20201216-bretagne-nicolas-hulot-allient-creer-fondation-faveur-biodiversite">fondation créée par Nicolas Hulot en 1990</a>.</p><h2>Le problème, « ce n’est pas la distance »</h2><p>La difficulté c’est qu’en milieu rural, le vélo est plutôt perçu comme un loisir du dimanche que comme un moyen de transport. Parce que les trajets sont trop longs ? « Le problème, ce n’est pas la distance, c’est l’insécurité et le manque de continuité dans les aménagements », assure Thomas Uthayakumar.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/VmukX_w5QSSkBdqcZCZvzSk/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><p>La solution n’est évidemment pas de créer des pistes cyclables partout. Ce n’est pas tenable financièrement et cela participerait à une bétonisation que ne défendrait même pas un lobbyiste du vélo. Non, l’idée serait donc de « réaffecter » des routes un brin moins fréquentées pour y flécher des itinéraires cyclables. « La vitesse y est assez faible donc on n’a pas besoin d’aménagements lourds. Il suffit d’avoir une bonne signalisation et d’un partage de la route. C’est assez facile à mettre en œuvre », assure Juliette Castel.</p><h2>De bons exemples en Corrèze et dans la Manche</h2><p>La chargée de mission à la Fondation pour la nature et l’homme cite en exemple les travaux du conseil départemental de la Manche et les « voies vertes pâles de Corrèze ». Dans ces deux départements, des itinéraires cyclables ont été créés sur des routes déjà existantes et à faible trafic. « Tous les modes de déplacement y sont autorisés et une signalétique est mise en place pour favoriser et encourager les mobilités douces », précise <a href="https://www.correze.fr/actualites/le-departement-lance-lexperimentation-des-voies-vertes-pales-sur-le-territoire-de-la-xaintrie-valdordogne">le conseil départemental de Corrèze</a>, qui souhaite « relier les principaux points d’intérêt du département ».</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/velo">Notre dossier sur le vélo</a></figure><p>D’après le bureau d’études Vizéa, le vivier serait énorme. A partir de cartes IGN, les ingénieurs ont établi que 68 % des routes françaises pourraient être adaptées à ce principe de « réaffectation ». « Le but, ce n’est évidemment pas de le faire partout. On estime qu’en utilisant 3,5 % de ce réseau routier, on pourrait relier les principales polarités », assure Thomas Uthayakumar.</p><figure><blockquote class="twitter-tweet" align="center" data-lang="fr_FR"><p lang="fr" dir="ltr">Il y a 3 types de personne en voiture sur une route de campagne au moment de dépasser un cycliste:<br>1- celui qui se tasse à gauche pour laisser un espace sécuritaire pour le 🚴‍♂️<br>2-celui qui ne se tassent pas, comme si le 🚴‍♂️ n&#39;existait pas <br>3- celui qui frôle le 🚴‍♂️<br>Tu es quel type?</p>&mdash; What? 🏊‍♂️🚵🏃‍♂️ (@podz4) <a href="https://twitter.com/podz4/status/1954331488763236375?ref_src=twsrc%5Etfw">August 9, 2025</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script> </figure><p>Cette solution n’évitera pas des aménagements lourds. Car à chaque sortie de ces routes secondaires, il faudra trouver des solutions pour sécuriser les grands carrefours, les ronds-points dangereux ou les traversées d’axes à grande vitesse. N’empêche. Selon le rapport de la fondation, une solution hybride mélangeant réaffectation et aménagements plus lourds ne coûterait « que » 18 milliards d’euros pour l’ensemble du pays, contre 108 milliards pour des pistes cyclables traditionnelles. « Ce n’est pas juste un rêve. C’est un vrai moyen de lutter contre la précarité des mobilités », assure le directeur de la Fondation pour la nature et pour l’homme. Reste à savoir s’il sera entendu au milieu d’un vacarme politique qui parle de tout… sauf du vélo.</p>