« Attention aux rumeurs »… Le gouvernement n’aurait jamais envisagé la création d’un Haut-commissariat à la diversité

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
« Attention aux rumeurs »… Le gouvernement n’aurait jamais envisagé la création d’un Haut-commissariat à la diversité
<p>La rumeur <a href="https://x.com/avgaude/status/2010422917654606082">s’est propagée</a> aussi vite qu’une traînée de poudre. <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/elysee">L’Elysée</a> aurait eu pour intention de créer un Haut-commissariat à la diversité et aux diasporas. Auraient même été appelées à y prendre part, une trentaine de personnalités dont, parmi les plus fameuses, <a href="https://www.20minutes.fr/sport/diaporama-15146-jo-de-tokyo-2021-teddy-riner-en-quete-d-une-troisieme-medaille-d-or-olympique">Teddy Riner</a>, Amel Bent, <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/najat_vallaud_belkacem">Najat Vallaud-Belkacem</a>, Pap Ndiaye ou encore <a href="https://www.20minutes.fr/elections/presidentielle/3244855-20220302-presidentielle-2022-christiane-taubira-chronique-candidature-ratee">Christiane Taubira</a>.</p><p>A l’origine de cette information, un article publié <a href="https:/<em>/www.lopi</em>nion.fr/politique/macron-veut-creer-un-haut-commissariat-a-la-diversite-et-aux-diasporas">dans le journal L’Opinion, </a>le 9 janvier, qui expliquait avoir mis la main sur une note adressée en décembre à Emmanuel Macron. Cette dernière explicitait « ce projet » visant à « créer une instance de réflexion rassemblant trente personnalités » pour « fédérer toutes les diasporas en France » et « contrer la vision trumpienne de l’Europe et la guerre des civilisations qui se prépare », écrivait alors le quotidien, citant des extraits de la fameuse note.</p><p>Sauf que voilà, l’Elysée n’a jamais confirmé cette information. Encore moins les principaux concernés. Plusieurs d’entre eux, contactés par <em>20 Minutes</em>, ont même exprimé une certaine surprise.</p><p></p><figure><iframe title="États-Unis : Fini les « wokes » et les « gros », le chef du Pentagone présente sa vision de l'armée" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3qrkrlf/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>Pas au courant, mais pas favorable</h2><p>En six petits jours à peine, pourtant, et malgré le silence du gouvernement sur ce sujet, l’information a très largement circulé sur les réseaux sociaux d’abord, dans les cercles politiques ensuite, avant d’être très vite récupérée par la sphère complotiste, pour finalement finir entre les mains de l’extrême droite.</p><p>Un « nouveau &#x27;&#x27;machin&#x27;&#x27; bureaucratique » destiné « à alimenter une vision communautariste de la société », <a href="https://x.com/J_Bardella/status/2010658887649628648">estimait le président du RN</a>, Jordan Bardella. Une rupture avec la tradition républicaine et un Etat devenu « l’arbitre des différences », selon le sénateur Francis Szpiner (LR), <a href=<em>"ht</em>tps://www.lejdd.fr/politique/haut-commissariat-a-la-diversite-une-trahison-des-principes-fondateurs-de-la-republique-165859">dans le JDD</a> : chacun y est allé de sa petite pique pour donner sa propre définition des valeurs que la France devrait porter.</p><p>Du côté des membres du gouvernement, pas mieux. Alors que sur Europe 1, la ministre de la Culture, Rachida Dati, affirmait, le 13 janvier, « ne pas être au courant » d’un tel projet, mais expliquait néanmoins ne pas y être favorable, le ministre de l’Intérieur, <a href="https://x.com/BrunoRetailleau/status/2010313568558670267">Bruno Retailleau jugeait</a>, lui, quelques jours plus tôt, que la création de cette instance revenait à « trahir notre conception de la nationalité ». Tout ça alors même qu’aucun élément ne venait corroborer cette information.</p><h2>« Je ne saurais quoi vous dire »</h2><p>Préconisé dans la note citée par<em> L’Opinion </em>pour faire partie des instances partenaires de ce Haut-commissariat, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) semblait, quant à lui, perplexe. Pas de trace d’un tel projet dans les tiroirs. « Je me renseigne », nous avait-on répondu, dans un premier temps.</p><p>« Attention aux rumeurs », nous interpellait alors une source proche de l’ancien ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, cité parmi les possibles représentants de ce Haut-commissariat, affirmant, elle non plus, « ne pas être du tout au courant ». Contactée par <em>20 Minutes</em>, l’ancienne ministre des droits des femmes puis de l’Education nationale sous François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, nous avait avoué, à son tour, avoir appris la nouvelle dans la presse. « Je ne saurais donc quoi vous dire », avait-elle répondu.</p><h2>Un projet « qui n’existe pas »</h2><p>Sollicité par <em>20 Minutes</em>, après plusieurs jours de silence radio et de nombreuses relances, l’Elysée, de son côté, nous a finalement renvoyés à la réponse apportée, hier, par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors des questions au gouvernement. <a href="https://videos.assemblee-nationale.fr/video.18050978_69678fe2b4b72.1ere-seance--questions-au-gouvernement--deux-motions-de-censure-art49-al-2-de-la-constitution-14-janvier-2026?timecode=6690009">Interrogé dans l’hémicycle</a> par la députée Hanane Mansouri (UDR - parti d’Éric Ciotti) sur cette « agence » qu’elle a qualifié de « déconstructionniste et victimaire », le ministre, dans sa réponse, n’a pas tourné autour du pot : « Votre question porte sur un projet qui n’existe pas, ni dans l’esprit du président de la République, ni dans l’esprit du Premier ministre, ni dans le mien. » Rideau.</p><p>Le 8 janvier, les propos d’Emmanuel Macron avaient sans doute semé le doute. Lors d’une réunion à l’Élysée, le président avait déclaré : « On veut mobiliser nos diasporas encore davantage. Le partenariat africain est clé. Il faut qu’on aille au bout de ce travail en 2026, avec une politique beaucoup plus ambitieuse sur nos diasporas. » Pourtant, de Haut-commissariat à la diversité et aux diasporas, il n’y en aura a priori pas.</p><p>Dans les méandres de la bureaucratie française, une simple note ne se transforme visiblement pas nécessairement en projet concret.</p>