Élections municipales 2026 : La police municipale, bras armé (ou pas) des maires pour parler de sécurité

Published 2 hours ago
Source: 20minutes.fr
Élections municipales 2026 : La police municipale, bras armé (ou pas) des maires pour parler de sécurité
<p>Environnement ? Mobilités ? Fiscalité ? Non, le thème numéro un de la campagne des <a href="https://www.20minutes.fr/municipales/">élections municipales 2026</a>, ce sera bien la sécurité. <a href="https://www.lesechos.fr/elections/sondages/sondage-exclusif-securite-impots-locaux-situation-nationale-les-priorites-des-francais-pour-les-municipales-2026-2208870">D’après un sondage OpinionWay</a> réalisé pour <em>Radio classique</em> et <em>Les Echos</em>, 59 % des Français placent ce thème comme la priorité. On pourrait même aujouter les 39 % des interrogés qui placent la propreté parmi leurs inquiétudes les plus fondées. Le problème pour les candidates et candidats aux mairies, c’est qu’ils n’ont pas véritablement la main sur cette compétence régalienne de sécurité publique, censée être pilotée par le ministère de l’Intérieur.</p><p>Face à la stagnation des effectifs de police et de gendarmerie, bon nombre de candidats aux municipales promettent donc de gonfler leurs effectifs de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/police_municipale">police municipale</a>. Même à Brest, seule ville française de plus de 100.000 habitants qui n’en était pas dotée, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4194777-20260107-maire-grande-ville-francaise-dernier-refuser-police-municipale-cede">le maire socialiste a fini par céder</a> en vue du scrutin. Une preuve de plus que la troisième force de sécurité intérieure est devenue le principal acteur de cette campagne qui peine à démarrer.</p><figure><iframe title="Plan couteaux, rixes, violences : faut-il armer la police municipale à Paris ?" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/xzpumff/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Sur le terrain, les quelque 30.000 policiers municipaux de France s’en amusent. Tout en demandant des garanties. « Tout le monde parle de nous. Nous sommes <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4000044-20220706-lyon-aucun-angelisme-gestion-securite-affirme-gregory-doucet">devenus un argument de campagne</a>. On nous utilise politiquement alors qu’avant, on avait tendance à nous mépriser. C’est le signe que nos missions sont mieux reconnues. Ce que j’espère, c’est qu’on ne sera pas oubliés au lendemain des élections », prévient Bertrand Debeaux. Policier municipal à Lyon, le secrétaire national adjoint du syndicat Force ouvrière se bat depuis six ans pour obtenir des avancées pour ses collègues de la part <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/4195415-20260111-invite-plateau-lea-salame-aulas-tacle-gregory-doucet-adversaire-municipales">du maire écologiste Grégory Doucet</a>. « On a vu les vannes s’ouvrir ces derniers mois. La campagne était lancée. On n’est pas dupes ».</p><h2>« Non, nous ne sommes pas une milice »</h2><p>Un peu plus à l’ouest, le discours est le même. « C’est normal qu’un maire nous mette en avant. Nous sommes une police politique. Nous sommes utilisés et <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4022762-20230209-rennes-police-municipale-pourra-desormais-faire-controles-vitesse">nous sommes là pour servir leur politique</a> », reconnaît Jérôme Jourdan, policier municipal et responsable FO à Rennes. La police municipale serait-elle une milice au service des maires ? « Non, nous ne sommes pas une milice. Mais c’est vrai que le maire est libre de ses orientations. C’est lui qui définit sa politique de sécurité », assure le Lyonnais Bertrand Debeaux.</p><p>Directeur d&#x27;une police municipale, Sofiane (le prénom a été modifié) rappelle que les maires « ne décident pas seuls ». « Nous sommes là pour les conseiller, les aiguiller ». Lui qui est membre de l’Association nationale des cadres territoriaux de la sécurité reconnaît qu’il n’existe « pas une » mais « plusieurs polices municipales » selon les villes. « Il manque une doctrine harmonisée », plaide le directeur.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/h2180SUiQ2GXgpqIBaITmCk/960x0_media.jpg" alt="[object Object]"></figure><p>L’exemple le plus parlant de ces différences est sans doute <a href="https://www.20minutes.fr/lille/4129424-20241216-surenchere-securitaire-police-municipale-lille-toujours-dotee-armes-letales">celui de l’armement</a>. Alors que certaines villes ont rapidement doté leurs agents municipaux d’un pistolet 9 mm, d’autres ont longuement hésité (avant de le faire) et certaines refusent encore. La France insoumise propose même <a href="https://www.20minutes.fr/politique/4162299-20250707-lfi-desarmer-police-municipale-supprimer-videosurveillance-propos-mathilde-panot-creent-polemique">de désarmer l’ensemble des policiers municipaux</a> dans les villes qu’elle serait amenée à gouverner. Tollé chez les policiers. « Ce que l’on demande, c’est de pouvoir faire ce qui est écrit sur notre écusson : protéger et servir. Avoir une arme, ça ne fait pas de moi un super policier. Mais ça me permet d’intervenir », répond Bertrand Debeaux. « On est exposés à la même violence, à la même délinquance et au narcotrafic. Même si on ne nous demande pas d’intervenir, on nous envoie dans les quartiers. Mais on n’a pas les moyens de lutter. L’armement létal, c’est un vrai sujet », rappelle Jérôme Jourdan, en poste à Rennes, où seuls <a href="https://www.20minutes.fr/rennes/3168903-20211111-rennes-policiers-municipaux-suffisamment-armes-patrouiller-nuit">le taser, la gazeuse et le tonfa sont autorisés</a>.</p><figure> </figure><h2>Une loi qui doit évoluer rapidement</h2><p>En entendant les promesses des candidats, les policiers municipaux aiment aussi rappeler que leur statut n’a toujours pas évolué. Une loi visant à étendre leurs prérogatives devrait être débattue au Sénat d’ici la fin du mois. Le texte, qui date de 1999, ne leur permet pas de contrôler l’identité d’un individu qui commettrait un délit ou un crime (mais seulement des faits relevant d’une contravention). « La loi de 1999 est dépassée. On doit sans cesse faire appel à nos collègues de la police nationale. On perd un temps fou et eux aussi », rappelle Sofiane. La nouvelle loi est très attendue. Par les policiers. Mais aussi par les maires.</p>