CES Las Vegas 2026 : Mais que deviennent les innovations et leur effet « waouh » après le salon ?

Published 18 hours ago
Source: 20minutes.fr
CES Las Vegas 2026 : Mais que deviennent les innovations et leur effet « waouh » après le salon ?
<p>Chaque année, c’est la même vision depuis <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/las_vegas">Las Vegas</a> : des voitures futuristes, des <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/objets_connecta_c_s">objets connectés</a>, des inventions à l’utilité plus ou moins évidente. Depuis 1967, le <a href="https://www.20minutes.fr/high-tech/ces/">CES</a> (pour Consumer Electronics Show) présente au monde les dernières nouveautés en matière d&#x27;innovation et d’entrepreneuriat dans la tech. Mais après ce coup de projecteur médiatique annuel, toutes les inventions ne connaissent pas forcément le même destin.</p><p>Sur place, le CES fonctionne comme un immense accélérateur de visibilité. « C’est une occasion de croiser tout le marché, la presse de tous les pays. C’est aussi là qu’on rencontre nos partenaires technologiques ou de distribution », résume Clémence Carreel, chief officer chez <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/withings">Withings</a>. La marque française s’est fait connaître grâce à ses balances connectées et autres objets de santé. En 2025, elle y présentait par exemple Omnia, <a href="https://www.20minutes.fr/high-tech/4132224-20250107-2025-miroir-omnia-withings-promet-renvoyer-reflet-precis-etat-sante">un miroir connecté dopé à l’intelligence artificielle</a>, capable d’afficher des données de santé.</p><h2>Le CES, gage de crédibilité</h2><p>Un objet impressionnant mais qui n’est jamais arrivé dans vos salons. Et pour cause : il n’était même pas destiné à être vendu. « Omnia, c’était un concept. Cela permettait de montrer ce que l’on proposait dans notre application », explique Clémence Carreel. Depuis, le miroir a surtout servi d’outil d’expérimentation, exposé dans quelques boutiques.</p><figure><iframe title="On a testé pour vous les lunettes de réalité augmenté de Snapchat !" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/xm5vmuf/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Cette frontière floue entre démonstration technologique et produit réel est au cœur de l’ADN du CES. Pour les start-up, le salon est souvent moins un point d’arrivée qu’un passage obligé. Hervé Fredouille, fondateur de zUFO, qui développe <a href="https://www.20minutes.fr/high-tech/4013894-20230105-2023-chaussures-ski-modernisees-partent-conquete-las-vegas">une chaussure de ski intégrant un exosquelette</a>, en a fait l’expérience. « Le CES accélère la crédibilité, explique-t-il. Une innovation, quand elle est commercialisée, est dans le stade de l’évidence. Mais avant ça, il y a des phases de doute, d’intérêt, d’exploration. »</p><p>Récompensée par un prix lors de l’édition 2023, sa chaussure n’est toujours pas sur le marché. « C’est un travail de longue haleine, souffle-t-il. On est passé par 18 versions. On espère lancer des tests grand public cet hiver. » Pour lui, la reconnaissance du CES agit surtout après coup : « Mes sous-traitants, mes financeurs, ça les met plus en confiance. Un prix est un formidable accélérateur, jamais un gage de succès. »</p><h2>Critiques et destins en demi-teinte</h2><p>L’histoire récente du salon regorge donc d’innovations très médiatisées mais jamais adoptées. La start-up française Zhor-Tech avait ainsi marqué les esprits avec des chaussures capables de se lacer toutes seules, façon <em>Retour vers le futur</em>. Malgré une couverture médiatique importante, aucune trace de commercialisation du produit presque dix ans après. L’entreprise a depuis pivoté vers des semelles connectées à destination du secteur médical. Sort un peu moins clément pour Airxom, qui avait présenté un masque connecté à destination des personnes immunodéprimées pendant la crise du Covid-19 : la start-up a disparu.</p><p>Ces trajectoires parfois en demi-teinte, et ce malgré le battage médiatique autour de l’événement, alimentent chez certains une forme de scepticisme vis-à-vis du CES. En 2020, l’entrepreneur Nicolas Baldeck avait choisi de le tourner en dérision en exposant Smart Potato : une patate connectée, présentée avec tous les codes des start-up. « Être au CES n’a rien d’extraordinaire en soi, il suffit de payer son stand, constate-t-il. L’idée, c’était d’interpeller : est-ce que c’est plus bête une patate connectée qu’une machine à café connectée ? » Ayant lui-même participé au salon quelques années plus tôt pour une « vraie » start-up, il se montre critique sur certaines dérives : « On voit parfois des start-up financées, accompagnées, alors qu’au bout d’un an ou deux, on se rend compte qu’elles n’ont pas de marché. »</p><h2>Des gadgets connectés à la révolution de l’IA</h2><p>Pour autant, le CES n’est pas qu’un théâtre de gadgets. « Être au CES ne garantit absolument pas le succès d’un projet, mais le salon reste intéressant pour le réseau et pour comprendre l’écosystème tech », nuance Nicolas Baldeck. Il se montre même plutôt optimiste sur la tendance des objets augmentés par <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/intelligence_artificielle">IA</a> que l’on observe depuis quelques années à Las Vegas. « Les objets connectés ont été présentés comme une rupture, ça ne s’est pas avéré. L’intelligence artificielle, c’est très différent, assure-t-il C’est une vraie rupture, comparable à l’arrivée d’Internet. »</p><figure> </figure><p>Entre vitrines futuristes et innovations un peu fantaisistes, quelle voie doivent suivre les stat-up pour sortir du lot ? « Ce sont les fondamentaux qui font la différence : créer une valeur différenciante, bien connaître son marché, répondre à un besoin concret », résume Hervé Fredouille, de zUFO.</p>