<p>Une immersion viscérale dans le chaos d’un service d’urgences à mater de toute urgence ! La saison 2 de <em><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/serie/4144446-20250320-marre-20-ans-grey-anatomy-cinq-series-medicales-mater-toute-urgence#:~:text=%C3%80%20la%20mani%C3%A8re%20d'Hippocrate,tr%C3%A8s%20rythm%C3%A9%20et%20terriblement%20addictif%20!">The Pitt</a></em>, série médicale multiprimée aux <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/4172925-20250913-severance-vs-the-pitt-va-rafler-mise-emmy-awards">Emmy Awards</a>, sera disponible ce vendredi sur <a href="https://www.20minutes.fr/production/hbo-max-production/">HBO Max</a>.</p><p>Pour ceux qui n’ont pas vu la première saison, <em>The Pitt</em> a des faux airs d’<em>Urgences</em>. Elle a été justement imaginée par trois anciens de la série culte de Michael Crichton : l’acteur Noah Wyle, le producteur John Wells et le showrunneur R. Scott Gemmill.</p><p>Exit le débutant Dr Carter, Noah Wyle incarne dans ce drame médical en temps réel, en mode <em>24 Heures Chrono</em>, l’expérimenté Dr Robby, chef du service des urgences d’un hôpital de Pittsburgh, en Pennsylvanie.</p><p></p><figure><iframe title="Noah Wyle remporte son premier Emmy Award pour The Pitt" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3q005xz/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Avant même le lancement de la deuxième salve d’épisodes de <em>The Pitt</em>, Casey Bloys, président-directeur général de HBO et de HBO Max Content, a officiellement annoncé ce mercredi son renouvellement pour une saison 3.</p><p>Après une saison 1 acclamée par la critique, la saison 2 confirme que <em>The Pitt</em> n’est pas simplement une nouvelle série hospitalière de plus, mais une refonte en profondeur du « <em>medical drama</em> ». <em>The Pitt</em> impose une grammaire radicalement différente : plus sèche, plus politique, plus inconfortable – et surtout, plus contemporaine. Comment la série de HBO révolutionne le drame médical ?</p><h2>Une structure narrative qui rejette le sensationnalisme</h2><p>La première rupture est narrative. Les épisodes de <em>The Pitt </em>ne sont pas construits autour de diagnostics miraculeux, de twists chirurgicaux ou de cliffhangers mélodramatiques. La série refuse le confort émotionnel, le romanesque excessif ou la musique lacrymale. <em>The Pitt</em> impose une sécheresse volontaire. Les sentiments existent, mais ne sont jamais soulignés.</p><p>La saison 2 montre un hôpital surchargé, contraint d’accueillir des patients que le reste du système a abandonnés. La tension vient ici du quotidien. Les conflits - bureaucratiques, humains et structurels - ne cherchent pas la catharsis, mais l’inconfort. Qui peut être soigné ? Combien de temps ? Avec quels moyens ? Le suspense naît de décisions ordinaires aux conséquences irréversibles. L’hôpital n’est pas ici un refuge émotionnel, mais un lieu de tension, d’usure et de décisions imparfaites.</p><h2>Une narration en temps réel sous haute tension</h2><p>Le choix d’une narration quasi en temps réel transforme la mise en scène en geste politique. Le rythme haletant et la caméra au plus près des corps permettent au spectateur de ressentir l’engorgement, l’urgence, la saturation, voire l’asphyxie du système de santé.</p><p>Ce dispositif n’est pas qu’un effet de style, c’est une expérience sensorielle qui reflète la violence structurelle du système de soins.</p><h2>Une série plus sociale et politique que médicale</h2><p>A la manière d’<em><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/serie/2379379-20181126-pourquoi-hippocrate-va-ringardiser-autres-series-medicales">Hippocrate </a></em>en France, <em>The Pitt</em> fait de sa forme un commentaire direct d’un système hospitalier post-pandémie exsangue. Les masques ont disparu, mais la fatigue demeure. Les pénuries, la défiance, la désillusion sont intégrées au décor. Cette mémoire silencieuse de la pandémie donne à la série une densité rare, loin des traitements frontaux, didactiques ou commémoratifs d’autres séries médicales.</p><p><em>The Pitt </em>montre les défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé dans une Amérique contemporaine profondément fracturée. Soigner n’a jamais été un geste neutre, mais profondément social. Précarité économique, accès inégal aux soins, renoncements thérapeutiques, immigration, santé mentale… Chaque patient de la saison 2 devient le symptôme d’un dysfonctionnement collectif.</p><p>Familles, policiers, travailleurs sociaux, sans-abri, détenus : tout un écosystème gravite autour du service. L’hôpital devient une place publique, lieu de rencontre des contradictions américaines. La saison 2, plus encore que la première, montre comment l’hôpital public agit comme dernier filet social, contraint d’absorber les échecs du reste du système.</p><h2>Des médecins qui ne sont pas des héros</h2><p>La série rompt avec la figure du médecin héroïque, omnipotent et moralement supérieur. La saison 2 insiste sur l’épuisement chronique des soignants qui conduit à des erreurs, du cynisme, du détachement émotionnel. Les soignants ne sont pas fragiles, mais usés par un système qui normalise la surcharge. <em>The Pitt </em>politise le burn-out en le montrant comme un état normalisé par un système qui exige toujours plus avec toujours moins et non pas comme un échec personnel, rompant avec la tradition du genre.</p><p><em>The Pitt </em>privilégie aussi la profondeur à l’accumulation. Là où beaucoup de séries médicales multiplient les nouveaux internes pour élargir leur univers, en saison 2, <em>The Pitt </em>resserre le cadre et approfondit ses figures centrales. Ce parti pris permet d’explorer l’usure psychologique d’explorer les dilemmes moraux et les contradictions des soignants.</p><h2>La mort comme donnée, pas comme climax</h2><p>Pas question non plus de faire du spectacle autour de la grande faucheuse ! <em>The Pitt</em> révolutionne le genre par son rapport à la mort. Ici, le décès n’est ni un choc narratif ni un moment de catharsis. Il survient souvent sans emphase, presque hors champ, comme une donnée structurelle du travail médical.</p><p>Bilan ? Avec sa saison 2, <em>The Pitt</em> inaugure une nouvelle ère de la série médicale. A la manière d’<em>Urgences</em> dans les années 1990, elle replace le « medical drama » dans la télévision de prestige. Radicalement réaliste et crue, très rythmée et terriblement addictive, <em>The Pitt</em> raconte non pas l’institution hospitalière, mais ce qui reste de l’Etat social dans l’Amérique de Donald Trump. Âmes sensibles s’abstenir !</p>
« The Pitt », saison 2 : Comment la série de HBO révolutionne le drame médical
Published 15 hours ago
Source: 20minutes.fr
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