Guerre en Ukraine : C’est quoi ce missile russe Oreshnik qui « peut menacer la quasi-totalité de l’Europe » ?

Published 14 hours ago
Source: 20minutes.fr
Guerre en Ukraine : C’est quoi ce missile russe Oreshnik qui « peut menacer la quasi-totalité de l’Europe » ?
<p>Son utilisation a été condamnée par la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas voyant dans ce tir le signe « clair » d’une « escalade » de la part de Moscou et « un avertissement » lancé à l’Europe et aux États-Unis. La Russie a annoncé ce vendredi <a href="https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4195169-20260109-guerre-ukraine-vengeance-russie-frappe-missile-hypersonique-orechnik">avoir frappé pour la deuxième fois l’Ukraine</a> avec l’Oreshnik, un missile de dernière génération conçu pour porter des têtes nucléaires. <em>20 Minutes</em> fait le point sur cette arme dont le président Vladimir Poutine a vanté la puissance.</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/r2tVGm9gTJ-EnsFifYWNsSk/960x0_media.jpg" alt="[object Object]"></figure><h2>Capable d’atteindre des cibles entre 3.000 et 5.500 km</h2><p>L’Oreshnik, qui signifie « noisetier » en russe, est un missile balistique « à portée intermédiaire » qui est capable d’atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 kilomètres. Il n’entre donc pas dans la catégorie <a href="https://www.20minutes.fr/monde/missile/">des missiles</a> intercontinentaux qui ont une portée de plus de 5.500 km. Mais s’il était tiré depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des États-Unis. « L’Oreshnik peut (également) menacer la quasi-totalité de l’Europe », avait relevé en 2024 Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement à Genève, dans un entretien au média <em>Ostorozhno Novosti</em>.</p><figure><iframe title=" Poutine annonce la production en série de son missile hypersonique Orechnik, capable d'emporter des charges nucléaires" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/30um08f/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><h2>Une vitesse supérieure à 13.000 km/h</h2><p>Selon <a href="https://www.20minutes.fr/monde/vladimir_poutine/">Vladimir Poutine</a>, ce missile hypersonique peut atteindre la vitesse de Mach 10, « soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde » (environ 12.350 km/h) et « la température des éléments percutants atteint 4.000°C », soit « presque autant », selon lui, qu’à « la surface du soleil ». D’après le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 « sur la partie finale de la trajectoire » était « supérieure à Mach 11 » (environ 13.600 km/h). L’Oreshnik serait aussi muni de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l’atmosphère, ce qui augmenterait encore la difficulté d’interception, a affirmé le président russe.</p><h2>Un missile déjà tiré sur l’Ukraine en 2024</h2><p>L’existence de cet engin balistique avait été révélée le 21 novembre 2024, <a href="https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4122672-20241121-guerre-ukraine-poutine-plus-plus-menacant-missile-orechnik-degaine-premiere-fois">lorsqu’il avait frappé une grande usine militaire</a> dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. Cette frappe avait alors été présentée par Moscou comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées à l’époque contre la Russie avec des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow. Moscou a depuis annoncé <a href="https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4122681-20241122-direct-guerre-ukraine-nouveau-missile-russe-changera-cours-guerre-affirme-otan">le début de sa production en série</a> et le Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l’UE, a indiqué qu’il a été déployé sur son territoire mi-décembre 2025.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/">Notre dossier sur la guerre en Ukraine</a></figure><h2>Un missile interdit jusqu’en 2019</h2><p>Jusqu’en 2019, la Russie et les États-Unis ne pouvaient mettre en service de tels missiles, en vertu du traité <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/nucleaire">sur les forces nucléaires</a> à portée intermédiaire signé en 1987 pendant la guerre froide. Mais en 2019, le président américain Donald Trump avait retiré Washington de ce texte, accusant Moscou de le violer, ce qui a ouvert la voie à une nouvelle course aux armements. Fin 2024, lors d’une réunion télévisée avec des responsables militaires, Vladimir Poutine avait assuré que Moscou avait une réserve de ces missiles « prêts à l’emploi ».</p>