Tempête Goretti : Faut-il enfouir toutes les lignes électriques pour éviter les coupures de courant ?

Published 1 day ago
Source: 20minutes.fr
Tempête Goretti : Faut-il enfouir toutes les lignes électriques pour éviter les coupures de courant ?
<p>C’est un peu la « magnitude » de chaque<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/tempete"> tempête</a>. En France, on peut souvent mesurer l’intensité d’un événement climatique au nombre de foyers privés d’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/electricite">électricité</a>. La <a href="https://www.20minutes.fr/planete/4194932-20260108-tempete-goretti-manche-alerte-rouge-29-departements-orange-attend">tempête Goretti</a> ne fait évidemment pas exception. Ce vendredi matin, ce sont ainsi 380.000 foyers qui sont sans courant.</p><p>La faute à qui ? Au vent, évidemment ! Alors soyons clairs, ce n’est pas directement lui qui pose problème, mais tous les objets qu’il projette sur les lignes électriques. Des arbres, des branches, des toitures ou du mobilier de jardin qui viennent couper l’alimentation. Et si la solution, c’était de tout enterrer ? Ce n’est pas idiot. Mais ce ne sera pas pour demain. Voici pourquoi.</p><h2>Trente fois le tour de la Terre</h2><p>La France compte un peu plus de 100.000 kilomètres de lignes électriques à haute tension. Gérées par Réseau transport électricité, ces « autoroutes » ont la vilaine habitude de défigurer le paysage car elles sont très peu enterrées. Seuls 6.000 km sont sous terre, selon <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/rte">RTE</a>. Dans la très grande majorité des cas, c’est en milieu urbain que les lignes sont enfouies. Mais en règle générale, ce ne sont pas ces lignes qui sont touchées mais bien les lignes basse tension qui transportent du 220 ou du 400 volts jusqu’aux habitations. D’après la Commission de régulation de l’énergie, leur longueur cumulée <a href="https://www.cre.fr/electricite/reseaux-delectricite/presentation-des-reseaux-delectricite.html">dépasse 1,3 million de kilomètres</a>, soit trois fois la distance qui sépare la Terre de la Lune, ou plus de 30 fois le tour de notre planète.</p><h2>La France, un pays très « aérien »</h2><p>Contrairement à d’autres pays voisins comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, la France n’a jamais vraiment opté pour l’enfouissement (oui, l’enterrement c’est moins joli). D’après Enedis, environ 50 % du réseau moyenne et basse tension est caché sous terre, contre 70 % pour les Allemands et 63 % pour les Britanniques. Une particularité qui est historiquement liée à la dispersion de notre habitat, obligeant Enedis à dérouler du câble pour alimenter le moindre hameau perdu.</p><figure><iframe title="Notre réseau électrique est-il vulnérable ? " width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/xfzvs0q/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Si la filiale d’EDF choisit de le faire en aérien, c’est avant tout pour une question de prix. D’après Enedis, le coût de l’enfouissement serait « cinq fois supérieur » à une ligne aérienne classique. Soit l’équivalent de 80.000 à 100.000 euros le kilomètre enterré. Le gestionnaire opte donc pour l’enfouissement uniquement « dans les zones prioritaires identifiées comme présentant un fort risque climatique ». Objectif : « limiter les incidents et améliorer la qualité de la fourniture d’électricité aux clients ». Au-delà du vent, la neige est aussi susceptible <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4194702-20260106-neige-froid-consommation-electrique-atteint-niveaux-exceptionnels-france">d’endommager les réseaux</a>.</p><h2>Pourquoi c’est en train de changer</h2><p>Après avoir nettement réduit les opérations d’enfouissement au début des années 2000, le gestionnaire a repris ses investissements, notamment après la tempête Klaus de janvier 2009, pendant laquelle 1,7 million de foyers avaient été privés d’électricité dans le Sud-Ouest. Si l’enfouissement demeure plus onéreux, il est cependant plus rentable à terme. D’après le fournisseur d’électricité Ekwateur, le coût d’exploitation d’une ligne souterraine serait « quatre à cinq fois moins élevé que celui d’une ligne aérienne ». Sa durée de vie serait également allongée de vingt ans, pour atteindre la retraite à 60 ans.</p><h2>L’exemple de la Bretagne</h2><p>Après le passage de la tempête Ciaran qui <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4060467-20231102-tempete-ciaran-ca-claquait-fort-racontent-nuit-blanche-due-intemperies">avait fait au moins trois morts en France</a> en novembre 2023, Enedis avait déployé un important plan « de renforcement » de ses infrastructures. Au plus fort de cette tempête, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4061032-20231106-tempete-ciaran-coupe-monde-bretons-enfin-retrouve-electricite">1,2 million de foyers avaient été privés d’électricité</a>. Soit environ un foyer sur 30 !</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/mMmlHPCSRSWxrutXidGrqw/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><p>Après cet événement climatique qui avait salement secoué la Bretagne, Enedis s’était engagé à enfouir 1.000 kilomètres de lignes sous cinq ans dans la région. Objectif : réparer, mais aussi anticiper les dégâts croissants dus au réchauffement climatique. Selon les scientifiques, les événements extrêmes sont amenés <a href="https://www.20minutes.fr/planete/rechauffement-climatique/4158124-20250612-scenario-glacant-changement-climatique-predit-hivers-18-paris">à se multiplier sous l’effet de ce dérèglement</a>. Le réseau électrique doit s’y préparer. En France, 98 % des nouvelles installations sont enfouies, assure Enedis.</p><figure> </figure><h2>Enfouir, c’est aussi une question de sécurité</h2><p>Le problème, quand on veut enterrer un câble, c’est qu’il faut creuser. Et parfois casser des routes, créer des tranchées ou encore franchir des cours d’eau. Il faut pour cela obtenir des autorisations et veiller à ne pas tout abîmer. Mais l’enfouissement a d’autres avantages, notamment sur le plan de la sécurité. Même en cas de tempête, les câbles ne risquent pas de tomber à hauteur d’homme. Rappelons que lors d’une intervention en marge de la tempête Ciaran, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4090066-20240507-tempete-ciaran-agent-enedis-mort-service-rue-nom">un agent d’Enedis était décédé</a>, dans des conditions qui restent encore à éclaircir. « Cela contribue aussi à préserver la biodiversité, en évitant aux oiseaux les risques d’électrocution ou de chocs avec les câbles électriques », rappelle Enedis. Dommage que ce soit si cher.</p>