Le froid peut-il accélérer la fin de l’épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins ?

Published 23 hours ago
Source: 20minutes.fr
Le froid peut-il accélérer la fin de l’épidémie de dermatose nodulaire chez les bovins ?
<p>La <a href="https://www.20minutes.fr/planete/rechauffement-climatique/4194824-20260107-vague-froid-22-13-7-12-releve-temperatures-plus-glaciales-france">vague de froid</a> que connaît la France depuis plusieurs jours pourrait bien avoir des effets bénéfiques sur <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4191839-20251217-dermatose-nodulaire-contagieuse-sait-maladie-effets">l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse</a> (DNC). <a href="https://www.20minutes.fr/sante/4166050-20250731-dermatose-nodulaire-plus-50-foyers-detectes-savoie-haute-savoie">Détectée le 29 juin 2025 en Savoie</a>, cette maladie virale fortement préjudiciable à la santé des bovins, peut entraîner potentiellement leurs décès.</p><p>En six mois, 117 foyers ont été identifiés dans onze départements en France. Alors que des mesures d’abattages préventifs,<a href="https://www.20minutes.fr/societe/4191114-20251211-dermatose-agriculteurs-opposent-abattages-ariege-tensions-gendarmes"> contestées par une partie des éleveurs</a>, et une vaccination massive ont été lancées, les températures négatives offrent un contexte favorable à l’éradication complète du virus. François Schelcher, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse et Yves Millemann, professeur en pathologie des animaux de production à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort livrent à <em>20 Minutes</em> leurs analyses sur les derniers rounds qui se jouent contre l’épidémie.</p><h2>Le froid peut-il contribuer à endiguer l’épidémie ?</h2><p>« Globalement la réponse est oui, affirme François Schelcher. Les températures négatives vont réduire très fortement les populations de stomoxes [mouches piqueuses] voire, quand on atteint -5 °C, les tuer localement, à l’extérieur. » Les taons font aussi partie des vecteurs de la DNC mais ils ne vivent pas à l’intérieur, or dans les conditions de froid actuelles la très grande majorité des troupeaux est rentrée à l’intérieur. « Dans les étables où les conditions sont plus favorables qu’à l’extérieur, il peut subsister des havres où les stomoxes restent actifs », complète Yves Millemann.</p><p>Une fois cette précision apportée, il faut retenir que la population des insectes vecteurs est en chute libre avec des températures négatives et que les risques de transmission aussi.</p><h2>A quelle échéance les mesures vont-elles montrer leur efficacité ?</h2><p>La vaccination, qui a commencé par les élevages proches des foyers identifiés a démarré mi-décembre. « On estime qu’à l’échelle d’un ensemble d’animaux, il faut au moins que les trois quarts soient protégés pour bloquer la circulation du virus, souligne François Schlecher. Et, à l’échelle du territoire, il faut extrapoler et le considérer à l’abri quand 95 % des élevages sont correctement vaccinés. » Quand le dernier élevage sera vacciné, autour du 15 janvier, une immunité de la population bovine devrait être atteinte, mais le risque va diminuer de façon progressive, avertissent les experts.</p><p>« Il faut rester vigilant car il est évident qu’il y a eu des mouvements illégaux d’animaux et certains ont été retrouvés positifs avec des lésions, pointe le professeur Yves Millemann. Cela a contribué à faire émerger de nouveaux cas. » Autant de comportements qui peuvent retarder un peu la fin de l’épidémie.</p><h2>Peut-on parler d’éradication définitive pour ce virus ?</h2><p>« Dans deux à trois mois, il n’y aura probablement plus de cas de DNC mais il est possible que de nouveaux cas importés surviennent dans les prochaines années », explique l’enseignant-chercheur de l’école vétérinaire de Toulouse.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/societe/dermatose-nodulaire/">Toutes nos infos sur la dermatose nodulaire</a></figure><p>Après l’éradication de ce virus, il n’y aura pas de persistance du virus sur le territoire, pas de cas autochtone possible. « Et c’est ce qui justifie la dureté des mesures qui paraissent inacceptables à certains, ajoute-t-il. L’objectif, c’est de s’en débarrasser le plus vite possible. »</p>