Chute de Maduro : Etudes à Paris, « tigresse »… Qui est Delcy Rodriguez désormais à la tête du Venezuela ?

Published 1 day ago
Source: 20minutes.fr
Chute de Maduro : Etudes à Paris, « tigresse »… Qui est Delcy Rodriguez désormais à la tête du Venezuela ?
<p>Publiquement, Nicolás Maduro la surnommait parfois la « tigresse ». Femme de confiance du président vénézuélien <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4194195-20260104-attaque-americaine-venezuela-preparatifs-trump-spectateur-emission-recit-raid-contre-maduro">capturé samedi par les Américains</a> sur ordre de Donald Trump et <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4194194-20260104-attaque-americaine-venezuela-bonsoir-bonne-annee-capture-etats-unis-maduro-incarcere-new-york">depuis incarcéré à New York</a>, Delcy Rodriguez s’impose comme le visage pragmatique de la transition face à des Etats-Unis prêts à travailler avec l’administration de l’ancien chef de l’Etat.</p><p>Ordonnée samedi par la Cour suprême première femme à présider le Venezuela, après <a href="https://www.20minutes.fr/monde/russie/4194192-20260104-operation-americaine-venezuela-russie-furieuse-contre-etats-unis-apres-capture-maduro">la chute de Nicolás Maduro</a>, Delcy Eloina Rodriguez Gomez, 56 ans, était vice-présidente depuis 2018 et première dans l’ordre de succession. « Elle a probablement été l’une des personnes les plus dignes de confiance pour Maduro au fil de ces années », estime l’analyste politique et professeur d’université, Pedro Benitez.</p><h2>Des discours incendiaires contre les Etats-Unis</h2><p>Avec son sourire que ses détracteurs qualifient de cynique, Delcy Rodriguez devra désormais, selon des experts, tempérer ses discours incendiaires contre « l’impérialisme nord-américain ».</p><figure><iframe title="Maria Corina Machado remporte le prix Nobel de la paix 2025" width="100%" height="100%" src="https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01357940/zone/1/src/3qf8fv5/showtitle/1/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" webkitallowfullscreen="true" mozallowfullscreen="true" allowfullscreen="true" allow="autoplay" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade"></iframe></figure><p>Le Parlement, présidé par son frère Jorge Rodriguez, ne l’a par contre pas encore convoquée pour prêter officiellement serment. « Formellement, elle devrait prêter serment », indique le politologue Benigno Alarcon, même si en « réalité » elle « est déjà » aux commandes. Selon la Constitution, son intérim n’est que de 90 jours, qui peut-être prorogé de trois mois supplémentaires par l’Assemblée nationale. En cas de déclaration de vacance absolue de Nicolás Maduro, qui n’a pas encore été décrétée, la loi l’oblige à convoquer des élections dans les 30 jours suivants.</p><p>Delcy Rodriguez a été ministre de l’Economie de 2020 à 2024, période durant laquelle elle s’est rapprochée du monde de l’entreprise, diabolisé pendant des années par Maduro et son prédécesseur <a href="https://www.20minutes.fr/monde/hugo_chavez/">Hugo Chavez</a> (1999-2013). Le patronat la considère comme une gestionnaire intelligente en matière économique, ouverte au pragmatisme et même au dialogue. Elle a ouvert des ponts entre le privé et le gouvernement qui, quelques années auparavant, semblaient impossibles. Elle est souvent présentée comme le visage modéré d’une éventuelle transition, même si certains analystes la placent dans la ligne dure du chavisme.</p><p>Avec son son frère ils sont les enfants d’un dirigeant communiste mort en 1976 entre les mains de la police. Tous deux exècrent les quatre décennies de bipartisme démocratique qui ont précédé l’arrivée au pouvoir de Chavez. « Leur carburant émotionnel, pour arriver là où ils sont parvenus, a à voir avec la vengeance », estime un politologue ayant requis l’anonymat.</p><h2>Une ascension fulgurante</h2><p>Son ascension fulgurante jusqu’à la vice-présidence s’est appuyée sur celle de son frère au « moment critique » de l’arrivée au pouvoir de Maduro en 2013, après la mort du très populaire Chavez. Si Delcy Rodriguez avait été ministre du Secrétariat de la présidence en 2006, au-delà de son militantisme forcené « elle n’avait pas de base politique propre » sous Chavez, estime le politologue Pedro Benitez.</p><p>Juriste, titulaire d’un troisième cycle à Paris, elle a été ministre de la Communication (2013-2014) et, en tant que ministre des Affaires étrangères (2014-2017), a mis en œuvre la sortie du Venezuela de l’Organisation des Etats américains (OEA).</p><figure> </figure><figure><a href="https://www.20minutes.fr/monde/venezuela/">Nos articles sur le Venezuela</a></figure><p>Entre 2017 et 2018, elle a présidé l’Assemblée constituante, bâtie par le chavisme pour contrecarrer le pouvoir du Parlement qui avait alors basculé dans l’opposition à la suite d’élections. Et elle a pris en main la gestion du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays qui détient les plus grandes réserves prouvées au monde, après la chute du puissant ex-ministre Tareck El Aissami. La disgrâce de l’ex-ministre, envoyé en prison, est, pour certains analystes, l’œuvre de la fratrie Rodriguez. A voir maintenant quels liens elle parviendra à nouer avec Washington pour rester au pouvoir à Caracas.</p>