Qui est Noor ? La chanteuse écorchée qui transforme ses blessures en musique

Published 2 days ago
Source: 20minutes.fr
Qui est Noor ? La chanteuse écorchée qui transforme ses blessures en musique
<p>À <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/rock_en_seine">Rock en Seine</a>, Noor était en connexion avec son public. Pour la première fois, la <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/chanteuse">chanteuse</a> foulait la scène de ce <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/festival">festival</a> qu’elle avait arpenté année après année. Mais cette fois, elle n’y était pas en tant que spectatrice. « Me produire sur une scène Rock en Seine, c’était très émouvant parce que c’était vraiment un de mes rêves », confie-t-elle.</p><p>Ce jour-là, devant la scène « Nouveaux talents », la qualité de l’échange l’a bouleversée : « Quand c’était doux, c’était silencieux. Quand il fallait danser, ils étaient avec moi. » Dans ce moment suspendu, Noor a ressenti ce qu’elle cherche inlassablement à transmettre : une intensité sincère. Artiste émergente, <em>20 Minutes</em> l’a rencontré.</p><h2>Des débuts forgés par l’évidence</h2><p>Rock en Seine n’était pourtant qu’une étape dans un chemin commencé très tôt. Pour Noor, chanter n’a jamais été qu&#x27;une simple option. « Dès que j’ai su parler, j’ai dit que je voulais chanter », se souvient-elle. Petite, il y a d’un côté l’amour de la <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/musique/">musique</a>, et de façon complémentaire, celui des mots : « Je faisais des poèmes et je les récitais à table », raconte-t-elle. Ses premières influences musicales lui sont transmises par sa famille. Puis, adolescente, elle façonne ses goûts et s’oriente spontanément vers l’univers d’<a href="https://www.20minutes.fr/dossier/avril_lavigne">Avril Lavigne</a>. Et à cette époque déjà, la musique est centrale : « Il n’y avait rien d’autre. C’était la seule chose que je voulais faire. »</p><p>Cette passion l’amène jusqu’à la prestigieuse Berklee College of Music de <a href="https://www.20minutes.fr/sport/boston/">Boston</a>. Mais loin du rêve américain, Noor vit cette expérience d’une tout autre façon. « Je me suis sentie extrêmement seule. » Privée de son socle familial, elle apprend à jouer du piano en autodidacte. « La seule chose que j’avais, c’était de faire de la musique. » Avec le recul, elle voit dans cette période une confrontation brutale mais nécessaire avec elle-même. « Ça a été douloureux, mais ça m’a aussi donné des armes. »</p><p>Vient, dans son parcours, une étape plus lumineuse. En 2024, Noor se fait remarquer en remportant le dispositif <a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/musique/4137214-20250209-40-ans-inouis-printemps-bourges-continuent-faire-jeune">Inouïs du Printemps de Bourges</a>. « J’y ai trouvé de vrais amis. C’était humain avant tout. » </p><h2>Des pensées mises sur papier</h2><p>Pour Noor, écrire n’est pas un exercice mais un réflexe vital. « J’écris comme je respire », confie-t-elle. Ses <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/chanson">chansons</a> surgissent dans l’urgence, comme une échappatoire face à ce qui la submerge. </p><blockquote>Je suis vraiment une artiste qui écrit quand la douleur fait trop de dégâts. Parfois, je me pose au piano, je pleure, et le texte vient tout seul.</blockquote><p>Cette manière de composer n’a rien de prémédité : elle jaillit de façon instinctive, brute, parfois même violente, comme si chaque mot devait s’arracher pour alléger le cœur.</p><p>Cette hypersensibilité, qu’elle a longtemps vécue comme une faiblesse, s’est peu à peu transformée en moteur. « Je suis tellement écorchée. J’ai toujours vu ma sensibilité comme un fardeau, mais je me dis que c’est en train de m’ouvrir les portes de mes ambitions. Elle est ma force. » Là où d’autres cherchent à se protéger, Noor choisit de s’exposer. Sa fragilité devient la signature même de son univers artistique, en transporte avec elles de nombreux cœurs brisés.</p><h2>Les histoires d’amour finissent mal ? (en général)</h2><p>À travers ses chansons, Noor revient sans cesse au thème l’amour, mais plus encore sur ses désillusions. « Je me suis toujours retrouvée face à des relations où je disais tellement la vérité que les personnes en face me disaient : &quot;comment tu peux vivre en étant aussi à l’aise de dire cette vérité-là ?&quot; », confie-t-elle. Ses textes naissent de ces blessures, mais sa thérapie consiste à les transformer en matière poétique pour son public. </p><blockquote>Je pense énormément à mon public quand je compose. J’ai envie que les gens puissent s’y retrouver, j’essaie de ne pas rendre la chose trop personnelle, pour que chacun puisse attraper un bout de ce que je ressens.</blockquote><p>Cette sincérité sans filtre est pour elle une nécessité. « Pour moi, il n’y a rien de plus beau et d’émouvant que dire son amour sans crainte, sans gêne ». Mais si Noor nous aide à surmonter nos chagrins d’amour, elle ne s’enferme pas seulement dans la mélancolie : « Moi je suis une passionnée du grand <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/amour">amour</a>. Demain, si il y a l’amour de ma vie qui arrive, l’album, il est fait dans dix minutes. »</p><h2>Un avenir à écrire sans se trahir</h2><p>Si Noor rêve de « récupérer beaucoup de monde », elle refuse la logique de surconsommation imposée à l’industrie et reste fidèle à elle-même. « Je vais être un peu une artiste qui ne va pas poster toutes les trois secondes. Je suis quelqu’un qui aime vraiment se montrer quand j’ai sincèrement quelque chose à dire : un concert, une nouvelle chanson. Mais dire &quot;bonjour, je suis chez moi&quot;, j’ai plus de mal. »</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/musique/">Notre rubrique Musique</a></figure><p>Et dans l’avenir ? L’artiste prépare un projet qu’elle porte depuis plusieurs années : « C’est ce que j’ai fait de plus sincère ». Maintenant que je reçois beaucoup de messages intimes, j’ai envie de leur dire : j’ai quelque chose pour vous, et j’espère que ça va vous faire du bien ». En attendant ce grand rendez-vous, la chanteuse a dévoilé deux titres avant l’été, « Solo dans mon lit double » et « Jeune fille », à écouter sans modération.</p>