Groenland : Trump est gourmand… Faut-il avoir peur pour l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon ?

Published 5 hours ago
Source: 20minutes.fr
Groenland : Trump est gourmand… Faut-il avoir peur pour l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon ?
<p>Dans un nouvel ordre mondial qui montre les dents, les idées expansionnistes de <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/donald_trump">Donald Trump</a> inquiètent jour après jour les <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/europe">puissances européennes</a>. Surtout concernant les territoires géographiquement proches des <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/">Etats-Unis</a>. Le dernier exemple en date, bien sûr, est le Groenland, que le président américain veut arracher au royaume du Danemark. D’autres terres sont-elles menacées ?</p><figure><img src="https://img.20mn.fr/8VfczrkEQRaggmvFornQeSk/960x0_media.jpg" alt="null"></figure><p>Certains s’interrogent sur les menaces qui pourraient peser sur <a href="https://www.20minutes.fr/monde/saint-pierre-miquelon/">Saint-Pierre-et-Miquelon</a>. Un archipel autonome sous la souveraineté de la France (tout comme le <a href="https://www.20minutes.fr/dossier/groenland">Groenland</a> avec le Danemark) situé directement aux portes du Canada… lui-même convoité par le président américain. « Du moment qu’il n’y a pas d’hydrocarbures ou de terres rares, vous n’avez pas à vous inquiéter », pose <a href="https://www.iris-france.org/chercheurs/jeff-hawkins/">Jeff Hawkins</a>, ancien diplomate américain, chercheur à l’IRIS et enseignant à Sciences Po. « Le gros avantage que Saint-Pierre-et-Miquelon a, comparé au Groenland, c’est que Donald Trump ignore jusqu’à son existence, ainsi qu’une grande majorité des Américains, confit-il à <em>20 Minutes</em>. Votre meilleure protection, c’est l’ignorance », enfonce le chercheur américain.</p><figure> </figure><p>Mais pour ce spécialiste des Etats-Unis, l’interrogation est ailleurs : « Quelle est la raison de <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4197359-20260122-toute-info-2-minutes-reculade-trump-groenland-guerre-froid-ukraine-horreur-nice">ce revirement assez soudain de Donald Trump sur le Groenland</a> [qui a retiré sa menace de droits de douane] après sa discussion avec le chef de l’Otan, Mark Rutte ? s’interroge Jeff Hawkins. A mon sens, il y a eu une autre pression. Peut-être de son parti, des sénateurs et des députés, des <a href="https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4197172-20260121-direct-groenland-europeens-attendent-discuter-davos-trump">sondages</a> qui montrent la très grande réticence de l’électorat américain à prendre le Groenland de cette manière, ou bien encore parce qu’on s’approche des élections de mi-mandat… ».</p><h2>Petit, mais bien placé</h2><p>Si l’idée d’un appétit américain envers Saint-Pierre-et-Miquelon paraît donc très hypothétique, ce petit territoire français d’une superficie de 245 km2 et d’à peine 6.000 habitants pourrait tout de même attiser les convoitises. Ou tomber sous l’influence du Canada. Rappelons qu’il est stratégiquement placé à quelques kilomètres au sud de Terre-neuve, et surtout dans les eaux de l’Atlantique nord.</p><p>Dernièrement, la sénatrice de l’archipel français, Annick Girardin, s’en est émue auprès d’<a href="https://www.20minutes.fr/politique/emmanuel-macron/">Emmanuel Macron</a> après l’annonce d’un projet de transfert au Canada du contrôle d’une partie de l’espace aérien français au-dessus de l’archipel. Une idée qu’elle qualifie « d’abandon manifeste » de souveraineté, même si l’argument avancé par le gouvernement serait justifié par un besoin purement technique et administratif. Il n’empêche. « Comment prétendre défendre notre influence diplomatique, notre crédibilité stratégique […] si nous ne sommes pas en mesure de protéger nos propres territoires ? », écrit-elle.</p><figure><a href="https://www.20minutes.fr/dossier/groenland">Les dernières actus sur le Groenland</a></figure><p>Est-il trop tôt pour s’inquiéter ? « Le Groenland, c’est un peu un modèle pour d’éventuelles conquêtes », souligne Jeff Hawkins. Démontant <a href="https://www.20minutes.fr/economie/4197070-20260122-guerre-economique-si-etats-unis-coupaient-acces-visa-mastercard-comment-europe-sortirait">les arguments sécuritaires</a>, militaires et économiques avancés par Donald Trump, le chercheur avance l’hypothèse d’une quête hégémonique et territoriale. « Cette insistance farouche à <a href="https://www.20minutes.fr/monde/4197421-20260122-groenland-accords-1951-chine-russie-sait-negociations-entre-trump-danemark">se positionner sur ce territoire</a> relève de l’esprit XIXe qui voit l’Amérique en puissance continentale, régionale. Donald Trump voit là son héritage, celui d’avoir agrandi l’Amérique, d’avoir ajouté un vaste territoire. Or, prendre Saint-Pierre-et-Miquelon, ça ne va pas agrandir l’Amérique, ça ne changerait rien, sourit Jeff Hawkins. Mais on ne sait jamais avec Donald Trump. »</p>